DANGERS DES MARIAGES PRINCIERS
pas fort leurs condicions avec celles des subgectz de ceste maison de Bourgongne, lesquelz avoyent vescu soubz princes riches, qui donnoyent bons estatz et tenoyent honorable maison et pompeuse, tant en meuble que en service de table et habillemens pour leurs personnes et serviteurs.
Les Allemans sont fort au contraire !, car ilz sont ruddes et vivent ruddement. Et ne fais nulle doubte que, avec grand et saige conseil et encores ayant la grace de Dieu, fut faicte ceste loy et ordonnance en France, que les filles ne heriteroyent point audict royaulme, pour eviter qu'il ne fust en la main de prince de nation estrange et pareillement® d’estrangiers, car à grand peine les Françoys l’eussent peü souffrir.
Aussi ? ne font les autres nations; et, à la longue, il n’est nulles seigneuries, especiallement des grandes, dont le pays à la fin ne demeure‘ en la possession de ceulx qui sont dudict pays. Vous 4 le povez® veoir par France, où les Anglois ont eu grande seigneurie puis? quatre cens ans, et pour ceste heure n’ont que Callaix et deux petitz chasteaulx qui leur coustent beaucoup’ à garder. Le demourant ont perdu plus legièrement beaucoup# qu'ilz ne le conquisrent, car ilz en ont plus perdu en ung jour qu'’ilz n’en gaignèrent en ung an. Et aussi se peult congnoistre * par ce royaulme de Napples et par l’isle de Cecille {et autres provinces que les Françoys ont possedées par longues années ; et pour’ toutes enseignes, n’y est memoire d’eulx que par les sepultures de leurs predecesseursÿ.
a. pareillement omis par P.— b. aussi omis par P. — c. vienne B.— d. Et P.—e. pourrez M.— f. beaucoup omis par M et P. — g. beaucoup omis par P. — h. se peut cognoiïstre omis par P. — i. par M.