LA DESCENDANCE DE MARIE DE BOURGOGNE
est nostre royne®, appellée Marguerite !. Le tiers an, ung filz appellé Françoys?, pour? le duc Françoys de Bretaigne. Le quart an, elle mourut d’une cheütte de cheval ou d’une fièvre, mais vray est qu’elle cheüt'. Aucuns dient qu’elle estoit grosse. Ce fut grant dommage pour les siens, car elle estoit très honneste dame et liberalle et bien voulue de ses subgectz, et luy portoyent plus de reverence et de craincte que à son mary. Aussi elle estoit dame du pays. Elle aymoit fort son mary et estoit dame de bonne renommée. La mort de ladicte dame advint l’an mil quatre cens quatre vingtz et deuxf.
En Haynault, tenoit le roy la ville du Quesnoy-le-Conte et celle de Bouhain, lesquelles il rendit ; dont aucuns se esbahyrent, veü qu'il ne cerchoit nul appoinctement et qu'il monstroit vouloir prendre le tout, sans riens laisser à ceste maison. Et croy bien que, s’il eust peü tout departir et donner à son aise et de tous pointz la destruyre, qu'il l’eust faict ;
a. nostre reyne omis par À et B (cf. ci-dessous, note 1).
ce passage appelle un commentaire. L'auteur fait tout naturellement allusion à la qualité de comte de Flandre héritée par Philippe de sa mère, par conséquent acquise par lui dès 1482 (cf. notre note 4 ci-dessous). Mile Dupont, au t. II de son édition, p. 184, n. 2, émet l’avis que les mots « qui règnent de présent » sont une adjonction postérieure : on voit que cette supposition n’a pas à être retenue.
1. Marguerite, née le 10 janvier 1480, fut traitée comme reine de France jusqu’en 1493, époque où ses fiançailles furent rompues par Charles VIII.
2. François, né à Bruxelles le 2 septembre 1481, mourut le 26 décembre.