POLITIQUE DE LOUIS XI DANS LE NORD
mais ce qui le meüt à rendre ces places en Haynault! furent deux causes. La première qu'il luy sembloit que ung roi a plus de force et de vertuz en son royaulme, où il est oingct et sacré, qu’il n’a dehors ; et cecy estoit hors de son royaulme (et furent restituéz l’an mil IIIIC LXXVIIT €). L'autre raison estoit ? que, entre les rois de France et empereurs, y a grandz sermens et confederations de n’entreprendre l’ung sur l’empire, l’autre sur le royaulme ; et ces places dont j’ay parlé estoyent situées en l'empire. Pour ceste cause semblable, rendit Cambray ou la mist en main neutre, content de la perdre, et aussi ilz avoyent mys le roy dedans la ville à seüreté.
[CHAPITRE III
ICY RETOURNE A PARLER DES GUERRES QUE LE ROY FAISOIT OU PAYS DE BOURGONGNE ET COMME FINABLEMENT FUT LEDICT PAYS CONQUIS ET TOTALLEMENT MYS EN L'OBEISSANCE DU ROY‘.
En Bourgongne se faisoit tousjours la guerre et n’en povoit le roy avoir le bout, pour ce que les Allemans faisoient quelque peu de faveur au prince d'Orange, lieutenant pour les dessusdictz duc Maximilian et madamoyselle de Bourgongne ; mais c’estoit* pour l'argent que leur baïlloit ledict prince d'Orange, non point pour la faveur dudict duc Maximilian : car jamais homme ne se trouva pour luy, au moins
a. mil IIIIeLXXVII D. Nous rectifions d'après les autres manuscrits qui donnent la vraïe date. — b. est P.— c. Titre en rouge dans D. — d. duc Maximilien et madamoyselle de Bourgogne omis dans les manuscrits autres que D. — e. mais c'estoit omis dans P.
1. La restitution dont il s’agit est stipulée par la trêve du 11 juillet 1478. Cf. Lettres de Louis XI, éd. Vaesen, t. VII, p. 112 et suiv.