‹ Mémoires éditésChapitre 266 sur 379 · POLITIQUE DE SIGISMOND D’AUTRICHE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE SIGISMOND D’AUTRICHE

pour le temps de lors dont je parle. Mais estoient compaignons de guerre de ceste ligue des Suisses qui alloient à leur aventure, car ils ne sont point amys ne bien voulans de ceste maison d’Autriche®.

Toutesfoiz beaucoup? de secours eust eu‘ ledict pays, mais qu’il y eust eu payement, et nul ne le povoit myeulx faire que le duc Sigismond d’Autriche, oncle dudit duc Maximilian, qui avoit ses terres auprès, par especial la conté de Ferrette, qu’il avoit peu d’années devant vendue cent mil florins de Ryn au duc Charles de Bourgongne et puis l’avoit reprise sans rendre l'argent et la tient encores aujourduy à ce tiltre?. Il n'eut jamais en luy grand sens ne grand honneur ; et en telz amys se treuve peu d’ayde. Et est des princes dont j'ay parlé ailleurs, qui ne veullent sçavoir de leurs affaires, sinon ce qu’il plaist à leurs serviteurs leur en dire, qui sont tousjours payéz à la vieillesse comme cestuy €.

Ses serviteurs luy ont faict tenir durant ces guerres tel party qu'’ilz ont voulu ; et presque tousjours a tenu le party du roi nostre maistre contre son nepveu. A la fin, a voulu donner son heritaige, qui est bien grand, en maison estrange et l’oster à la sienne, car iln’eut jamais nulz enfans, etsy a esté deux foys marié. Et en la fin, et puis trois ans en Çà, par autre bande de ses serviteurs #, a transporté toute sa seigneurie dès à present à sondict nepveu, ce duc Maximilian dont j’ay parlé, à present roy des Romains !, retenant/ seullement une

a. Phrase omise par D. Nous la rétablissons d'après M. Même leçon ailleurs, sauf d'insignifiantes variantes. — b. bien peu P. — c. secouru beaucoup P. — 4. et par P. — e. cestuy-cy P. — f. il retint P.

1. C'est-à-dire : pourvu qu'il y eût eu paiement. En d’autres termes, Maximilien eût trouvé des appuis militaires, à condition de les payer.

2. Sigismond vivait encore au moment où écrit Commynes. Il ne disparaîtra que le 4 mars 1496.

3. Entendez : sous l'influence d’une autre faction de ses serviteurs.

4. La cession dont il s’agit se place le 16 mars 1490. Il ne faut

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