‹ Mémoires éditésChapitre 283 sur 379 · Thomas Aurigan · texte numérisé non relu

Thomas Aurigan

BATAILLE DE GUINEGATTE (7 août 1478) 275

vallier d'Angleterre, qui avoit servy le duc Charles de Bourgongne.

Les gens de cheval du roy, qui estoient en plus grant nombre beaucoup que les autres, rompirent les gens de cheval du duc et les chassèrent! jusques à Ayre, et Philippes Monsr de Ravastin qui les menoyt. Ledict duc se joignit auprès de ses gens de pied. Le roy avoit en ceste armée bien XI ou XII cens hommes d’armes d'ordonnance. Tous ne chassèrent pas, mais monsr des Cordes, qui estoit chief, et monsr de Torcy avecques luy. Et combien que ce fust faict vaillamment, si n’appartient-il point aux chefz de l’avant-garde de chasser. Aucuns se retyrèrent soubz couleur“ d’aller garder leurs places, autres fuyrent en bon escient. Les gens de pied dudict duc ne fuyrent point, si en furent-ilz en quelque bransle?; mais ilz avoyent avec eulx bien deux cens gentilz hommes de bonne estoffe, à pied, qui les conduysoient. Et estoient de ce nombre monsr de Romont, filz de la maison de Savoye, et le conte de Nanssau’, et plusieurs autres qui encores vivent. La vertu de ceulx-là feïst tenir bon à ce peuple, qui fut merveilles ?6, veü qu'ilz veoyent‘ fuyr leurs gens de cheval. Les francs archiers qui estoient pour le roy se misdrent à piller 4 le charroy dudit duc et de ceulx qui le suyvoyent comme vivandiers et autres. Sur eulx saillirent aucuns des gens de pied du duc et en tuèrent quelque nombre.

De la part du duc y eut plus de perte que de la nostre et de gens mortz et prins, mais le champ luy demoura ; et croy bien que, s’il eust eu conseil de retourner devant Therouane,

a. umbre P.— b. merveilleux P. — c. veirent P.— d. se mirent après D.

. C'est-à-dire : poursuivirent.

. Le sens est : il en résulta quelque trouble. . Entendez : de bonne qualité.

. Jacques de Savoie, comte de Romont.

. Engilbert de Nassau.

. Entendez : ce qui fut merveille.

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