NÉGOCIATIONS DE LOUIS XI ET DE MAXIMILIEN
triche et leurs pays estoit, par la main des Gantoys, traicter le mariage de mons” le daulphin, son filz, à present roy, avec la fille desditz duc et duchesse et que, par ce moyen, lui laissassent les contéz de Bourgongne®, Auxerroys, Masconnoys, Charrolois, et il leur rendroit Artoys, retenant la cité d’Arras en l’estat qu’il l’avoit mise ; car la ville n’estoit plus riens, veü la closture de la cité, et y avoit grandz fosséz et grandz murailles entre deux. Ainsi, la cité estoit bien close et tenue‘ du roy par l’evesque ; mais les seigneurs de ceste maison de Bourgongne ont tousjours (au moins puis cent ans en çà!) fait evesque qui leur a pleü et aussi cappitaine de la cité. Le roy feït l’opposite pour augmenter son auctorité et feït abbatre lesdictes murailles et les faire au rebours; car la cité clooyt“ contre la ville à grandz fosséz entre les deux ?, et par ainsi il ne donnoit riens°.
De la duché de Bourgongne ny de la conté de Boulongne, pareillement des villes assises sur la rivière de Somme et des chastellenies de Peronne, Roye et Mondidier, ne faisoit nulle mention. Et se menoyent/ ces marchéz, et y prestoient ceulx de Gand l'oreille, et estoient fort ruddes audict duc et à la duchesse sa femme ; et aucunes autres villes! de Flandres et Brabant estoyent * assez enclines à leur volunté, et par especial Brucelles, qui estoit grand merveille *, veü que les ducz Philippe et Charles de Bourgongne y avoyent tousjours demouré et à present se y tenoyent encores lesdictz duc et duchesse d’Autriche. Mais les ayses et plaisirs qu'ilz avoyent euz soubz les seigneurs dessusditz leur avoyent fait mescon-
a. Boulongne D, évidente erreur. — b. ce n’estoit P. — c. laquelle estoit tenue P.— d. cloust P.—e. P ajoute : car la ville aujourduy fault qu’elle obeisse à la cité. — f. manyoient B. — g. des grandes villes P. — h. estoient répété par le scribe de D.