‹ Mémoires éditésChapitre 290 sur 379 · CONVALESCENCE DU ROI · texte numérisé non relu

CONVALESCENCE DU ROI

Au bout de deux ou troys jours, la parolle luy commença" à revenir et le sens!, et luy sembloit que nul ne l’entendoit si bien que moy : par quoy ” vouloit que tousjours me tinse auprès de luy ; et se confessa audit official, moy present, car autrement ne se fussent entenduz?. Il n’avoit pas grandz parolles à dire, car il s’estoit confessé peu de jours par avant. Quant‘ les roys de France veullent toucher les mallades des escrouelles ilz se confessent, et nostre roy n’y faillit jamais une foys la sepmaine#.

Comme il se trouva ung peu amendé *, il commença à s’enquerir qui estoient ceulx qui l’avoyent tenu‘ à/ force‘ et empesché de aller à la fenestre. Il luy fut dit. Incontinent les chassa tous de sa maison. À aucuns osta leurs offices, et oncques puis ne les veït ; aux autres, comme monsr de Segré ÿ et Gilbert de Gassayf, seigneur de Champeroulx, ne osta riens, mais les envoya ailleurs.

Beaucoup furent esbahiz de ceste fantaisie, qui blasmèrent” ce cas, disant qu’ilz avoyent faict pour bien, et disoyent vray. Mais les ymaginations des princes sont di-

a. commençoit P. — b. pourquoy 4.— c. pour ce que quant P. — d. B, P et M ajoutent : si les aultres ne le font, ilz font très mal, car tousjours y a largement malades. — e. tint P. — f. par À et P.— g.blasment P, c'est-à-dire blasmant, comme le remarque B. de Mamdrot.

rappelée. Comment s'étonner dès lors de sa discrétion touchant certains points délicats qu’il ne connaissait qu’en raison de l’intimité que lui accordait son maître? Cf. ci-dessus, p. 280, n. 2.

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