‹ Mémoires éditésChapitre 32 sur 379 · ATTITUDE DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE L'EMPEREUR

rassent bien l’ung de“ l’autre de ne faire paix ny° trève l’ung sans l’autre et que l’empereur print toutes les seigneuries que ledict duc tenoit de l'empire et qui, par raison, en devoyent estre tenues et qu'il les feïst declairéz® confisquées à luy et que le roy prendroit celles qui estoient tenues de :a

couronne, comme Flandres, Artoys, Bourgongne, et plusieurs autres!.

Combien que cest empereur“ eust esté toute sa vie homme de peu de vertu’, si estoit-il bien entendu? ; et, pour le long temps qu’il avoit vescu, povoit avoir beaucoup d'experience ; et puis ces partiz entre/ nous et luy avoient beaucoup duréi. Aussi estoit? laz de la guerre, combien que elle ne luy coustast riens ; car tous ces seigneurs d’Allemaigne y estoient à leurs despens, comme il est de coustume, quant il touche le faict de l'empire.

Ledict empereur respondit que, auprès d’une ville d’Alle-

maigne, y avoit ung grant ours qui faisoit beaucoup de mal. Trois compaignons de ladicte ville, qui hantoient les tavernes,

vindrent à ung tavernier à qui ilz devoyent, luy” priant!

a.ne P.— b. ne P. — c. declerer P. — d. homme M et P. — e. vertuz M et P.— f. d'entre P. — g. et il estoit P. — h. M et P omettent luy. — i. prier M et P.

i-À 1. Cette phrase, longue et embarrassée, signifie : « Et, en outre, il lui fit les nouvelles propositions que voici : ils se donneraient l'assurance mutuelle de ne faire ni paix ni trêve l’un sans l’autre ; l'empereur prendrait toutes les seigneuries que ledit duc tenait [en fief] de l’empire et qui devaient normalement en être tenues et il ferait déclarer qu’elles étaient confisquées entre ses mains ; le roi prendrait celles qui étaient tenues [par ledit duc en fief] de la couronne [de France], telles que Flandre, Artois, Bourgogne et plusieurs autres. » — Sur les rapports de Louis XI avec l’empereur et l'empire à cette époque, voir E. Toutey, Charles le Téméraire et la Ligue de Constance, p. 184 et suiv.

2. C'est-à-dire : néanmoins il avait du jugement. 3. Les « partis » ou pourparlers sans effet entre Louis XI et Fré-

déric avaient traîné en longueur : c’est ce que fait entendre ici Commynes.

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