DÉVOTIONS DE LOUIS XI
Touchant® les puissances d’Ytalye, ilzé le vouloyent pour amy et avoyent quelque confederation avec luy, et souvent luy envoyoient leurs embassadeurs. En Allemaigne avoit les Suysses luy obeissans comme ses subgectz. Les roys d’Escosse et de Portugal estoient ses allyéz. Partye de Navarre faisoit ce qu’il vouloit !. Ses subgectz trembloyent devant luy. Ce qu'il commandoit estoit incontinent accomply sans nulle difficulté ne excusation.
Touchant: les choses que l’on pensoit necessaires pour sa santé, de tous les costéz du monde lui estoyent envoyées. Le pape Sixte, dernier mort ?, estant informé que par devotion le roy desiroit avoir le corporal? sur quoy# chantoit mons' sainct Pierre, tantost le luy envoya, avec plusieurs autres relicques, lesquelles luy furent renvoyées !.
La saincte ampolle qui est à Reims, qui jamais n’avoit esté remuée de son lieu, luy fut apportée jusques en sa chambre au Plesseïz, et estoit sur son buffet à l’heure de sa mort. Son intention estoit ° d'en prendre semblable unction qu'il en avoit prins à son sacre, combien que beaucop de gens cuydoyent qu'il s’en voulsist oyndre tout le corps : ce qui n’est pas vraysemblable, car ladicte saincte ampolle est fort petite et n’y a pas grant matière dedans. Je la veïz à l'heure dont j’ay parlé’, et aussy quant ledict seigneur fut mys en terre à Nostre-Dame de Clery 5.
a. toutes P.— b. ilz omis par P.—c. toutes P. — d. lequel P. — e. Et avoit intencion P. — f. Je parle P. — g. Le jour que P.
conflit dont il s’agit, n’était pas encore conclu au moment où écrivait Commynes.
1. Commynes fait ici allusion à la faction navarraise de Catherine de Foix, qui s’opposait à celle de Jean de Foix, vicomte de Narbonne.