LES CAGES DE FER ET LES FILLETTES
de raison, ne qu’il ne appartenoit. Et les appella-l’on les fillettes du roy !. Toutesfois, je les ay veües à beaucoup de gens de bien“ prisonniers avoir au pied, qui depuis en sont sailliz en grant honneur et à grant joye et qui depuis ont eu de grandz biens de luy et, entre les autres, ung filz de monsr de la Grutuze, de Flandres?, prins en bataille, lequel ledict seigneur maria et feït son chambellan et seneschal d'Anjou et luy baïlla cent lances ; — aussi au seigneur de Pyennes #, prisonnier de guerre, et le seigneur de Vergy ‘ : tous deux ont eu gens d’armes de luy et ont esté ses chambellans ou de son filz et autres grans estatz ; — et autant à monsr de Richebourg, frère du connestable, et à ung appellé Rocquebertin 6, du pays de Castellongne, semblablement prisonnier de guerre, à qui il feit de grans biens, et à plusieurs autres qui seroit trop long de nommer et de diverses contrées.
Or cecy n'est pas nostre matière principalle, mais fault revenir à dire que, ainsi comme de son temps furent trouvées ses mauvaises et diverses prisons, tout ainsi, avant mourir, il se trouva en semblables et plus grandes et aussi? grans paours que ceulx qu’il y avoit tenuz ; laquelle chose je tiens à plus grand grace pour luy et pour partie de son purgatoire. Et le diz ainsi pour monstrer qu’il n’est nul homme, de
a. de bien omis par B. — b. et en aussi P.
1. On voit par là que cette appellation « fillettes du roi »s’applique aux fers des prisonniers et non, comme on l’a dit souvent, aux cages de fer elles-mêmes.
2. Jean de Bruges, fils de Louis de Bruges, sire de la Gruthuse. Il fut pris à Guinegatte. Louis XI le maria à Renée de Bueil et le fit chambellan ; il fut sénéchal d'Anjou en 1484.