‹ Mémoires éditésChapitre 358 sur 379 · VICES DU GRAND TURC · texte numérisé non relu

VICES DU GRAND TURC

la Servie et Hermenye! ; je ne sçay s’il prenoit la Morée pour ung. Il a conquis mainte belle isle de mer, où les Venissiens tiennent encores des places ? ; aussi l’isle de Negrepont et de Methilin *. Et aussi conquist presque toute l’Albanye et l’Esclavonye. Et si ses conquestes ont esté grandes sur les crestiens, aussi ont-elles esté sur ceulx de sa loy propre, et y a destruit maint grand seigneur, comme le Carmain‘ et autres,

La pluspart de ses œuvres les conduysoit de luy et de son sensÿ. Si faisoit nostre roy et aussi le roy de Hongrie ; et ont esté les trois plus grans hommes qui ayent regné depuis cent ans. Mais l’honnesteté et forme de vivre de nostre roy, et les bons termes qu'il tenoit aux gens privéz et estrangiers, a esté toute autre et meilleure que des deux autres. Aussi il estoit roy très crestien.

Quant aux plaisirs du monde, ce Turc en a prins à cueur saoul et y a usé grand partye de son temps /. Et eust encores faict plus de maulx qu'il n’a, s’il ne se fust tant occupé au vice de la chair. Il estoit gormant oultre mesure‘. Aussi les malladies luy vindrent tost et selon la vie f, car il luy print une enfleüre de jambes, comme je l’ay ouy dire, à ceulx qui l'ont veü ; et luy venoit au commencement de l’esté, qu’elles grossissoyent comme ung homme par le corps’, et n’y avoit nulle ouverture, et puys elles s’en alloyent; ny jamais cyrurgien ne sceüt entendre que c’estoit ; mais bien disoit-

a. Sirie D; nous adoptons la graphie correcte de P et M. — b. de son sens À. — c. En nul vice de chair il ne defailloit, gourmant oultre mesme P et M. — d. ne P.

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