ÉLOGE DE LA MODÉRATION
l'on que sa grant gourmandye y aidoit ou que ce povoit® estre pugnition de Dieu.
Il est mort de l’aage de LII ans ou environ, assez soudainement !. Toutesfoiz il feït testament, et l’ay veü. Il feït conscience ? d’ung impost que nouvellement il avoit mys sus (si ledict testament est vray). Or regardez que doibt faire ung ? prince crestien qui n’a auctorité, fondée en raison, de riens imposer sans 3 le congié de son peuple‘.
Or voyez-vous la mort de tant de grandz hommes en si peu de temps, qui tant ont travaillé pour se accroistre4 et pour avoir gloire et tant en ont souffert de passions et de peines et abregié leur vie ; et par adventure ‘ leurs ames en pourront souffrir. En cecy ne parle point dudit Turc : car je tiens ce point pour vuydé et qu'il est logé avec ses predecesseurs. De nostre roy, j'ay esperance, comme j’ay dit, que Nostre Seigneur ayt eu misericorde de luy et aura de tous autres’, s’il luy plaist.
Mais, à parler naturellement, comme homme qui n’a aucune litterature, fors seullement quelque peu d’experience/, eust-il point myeulx valu à eulx et à tous autres princes et hommes? de moyen estat, qui ont vescu soubz ces grandz et vivront soubz ceulx qui règnent, eslire le moyen chemin ÿ en ces choses? C’est assavoir moins se soucyer et moins se tra-
a. et pouvoit P.— b. ung omis par P.— c. sans le congié de son peuple omis par D. Nous empruntons cette leçon à M, sauf que ce manuscrit donne leur congié, qui n'est guère correct. P omet de son peuple. — d. s’accroistre. — e. et aura-il des aultres P et M.— 1. qui n’a grant sens naturel ne acquis, mais quelque peu d'esperiance P et M. — g. et hommes omis par D. Nous restituons ces mots, indispensables au sens, d'après les autres manuscrits.