‹ Mémoires éditésChapitre 36 sur 379 · DUPLICITÉ DU COMTE DE SAINT-POL · texte numérisé non relu

DUPLICITÉ DU COMTE DE SAINT-POL

jours, faisant faire grant guet sur sa personne, puis se retira en ses places et manda au roy (car“ je ouys son homme par le commandement du roy) qu'il s’estoit levé, pour ce qu'il estoit certainement informé qu'il y avoit deux hommes en l’armée* qui avoient prins charge du roy de le tuer, et dist tant d’enseignes! apparentes qu'il ne s’en failloit guères qu'il ne fust creü et que l’ung des deux ne fut suspessonné d’avoir dit au connestable quelque chose qu'il devoit taire. Je n’en vueil nul nommer ne plus avant parler de ceste matière.

Ledict connestable envoyoit souvent en l’ost du duc de Bourgongne. Je croy bien que la fin estoit? de le retirer de ceste follie. Et quant ses gens estoient revenuz, mandoit quelque chose au roy de quoy il pensoit qu’il seroit bien ayse‘ et lui faisoit sçavoir quelques occasions et aussi l’occasion pour quoy il disoit4 y avoir envoyé, et pensoit entretenir le roy par ce moyen*. Aucunes fois aussi mandoit audict seigneur que les affaires dudict duc se portoient fort bien, pour luy donner quelque craincte. Car il avoit tant de paour que on ne lui allast courre sus, qu’il requist audict duc qu’il luy envoyast son frère, messire Jacques de Sainct Pol (avant sa prinse, car il estoit devant Nuz), et aussi le seigneur de Fyennes etautres ses parentz et qu'il les peüst mectre dedans Sainct Quentin avec leurs gens, sans porter la croix Sainct Andréÿ, et promectoit audict duc tenir Sainct Quentin pour luy et le luy restituer quelque temps après et de ce faire iuy bailleroit son séelléf, ce que le duc feit*.

a. et P et M.— b. la compaignée P. — c. de quoy il pensoit combplaire P ; moult plaire B. — d. il disoit omis par P et M. — e. ce que le duc feït ne se trouve que dans D.

Page 1