L'HUMILITÉ CHRÉTIENNE
vailler, entreprendre moins de choses et plus craindre à offenser Dieu et à persecuter le peuple et leurs voysins par tant de voyes cruelles, que assez ay declairées par cy-devant, et prendre des ayses et plaisirs honnestes? Leurs vies en seroyent plus longues, les malladyes en viendroyent ? plus tard et leur mort en seroit plus regrettée et de plus de gens et moins desirée et auroyent moins à doubter de la mort°!.
Pourroit-l'on veoir de plus beaulx exemples pour congnoistre que c’est peu de chose que de l’homme et que ceste vie est miserable et briefve et que ce n’est riens des grandz ny“ des petitz, dès ce qu'ilz sont mortz, que tout homme en a le corps en horreur et vitupère et qu’il fault que l’ame sur l'heure aille recevoir son jugement? Et jà la sentence en est donnée selon les œuvres et merites du corps.
a. et entreprendre P et M. — b. viendront M. — c. moins de doubtes à la mort P ; moyens de deboutter la mort À ; et auroient moyen de ne doubter la mort B. Ce sont là les derniers mots de ce manuscrit. — d.ne M ; et P.— e. Aucun de nos manuscrits ne donne la leçon d'explicit adoptée par les anciens éditeurs, notamment Sauvage et Lenglet : et à la verité, en l'instant que l’ame est separée du corps, jà la sentence est donnée de Dieu selon les œuvres et merites du corps, laquelle sentence s’appelle le jugement particulier.