FAUTES DE CHARLES LE TÉMÉRAIRE
d'armes bien montéz®, et la pluspart bardéz et richement accoustréz à la guyse de deça, qui avoient beaucoup de chevaulx de suytte!. Ilz estoient bien quinze mil archiers portans arcz et flesches, et tous à cheval, et largement gens à pied en leur ost, et autres tant pour tendre leurs tentes et pavillons qu'’ilzé avoient en grande quantité, que‘ aussi pour servir à leur artillerie et clorre leur champ. En toute l’armée n’y avoit ung seul paige, et si avoient ordonné les Angloys trois mil hommes pour envoyer en Bretaigne?.
J'ay cecy dit icy devant‘, mais il sert à ce propos que je veulx dire : c’est que si Dieu n’eust voulu troubler: le sens au duc de Bourgongne et preserver ce royaulme, à qui il a faict plus de graces jusques icy que à nulz autres, est-il de’ croire que ledict duc se fust allé si obstinéement? devant
a. à cheval et bien montéz 4. — b. leurs tentes et pavillons comme avoient À ; comme ilz avoient M et P.—c.et P ; que ou et omis par M. — d. J'ay cecy dit cecy devant À; J'ay cecy ja dit icy devant P. —e. toucher 4. — f. à A. — g. allé amuser obstinéement B et P ; allé adviser obstinéement 4.
1. C'est-à-dire : avec une suite nombreuse d'hommes à cheval.
2. Commynes a déjà parlé plus haut (cf. p. 10) de l’armée anglaise, qui fut conduite en France par Édouard IV en 1475. On nous permettra de renvoyer, pour tout ce qui concerne le détail de cet armement, pour la guerre franco-anglaise de 1475 et pour les négociations qui l’accompagnent et la terminent, à l'ouvrage en préparation sur Louis XI et l'Angleterre (ch. x), dont nous avons déjà annoncé plus haut (p. 7, n. 1) la prochaine publication. Notons au passage qu’on trouve sous la plume de l’Italien Thomas de Portinariis, écrivant à Laurent de Médicis, le 24 juin 1475, la même affirmation que dans Commynes, à savoir que l’armée d’Édouard IV était la plus belle qui eût jamais franchi la Manche (Archives d’État de Milan, Potenze estere, Borgogna, copie). Quant au corps expéditionnaire envoyé en Bretagne, il devait être commandé par Audley et Duras, et rien n’avait été négligé pour rendre la diversion efficace (Rymer, Fæœdera, conventiones, litterae… inter reges Angliae et alios quosuis reges, éd. de La Haye (1741), t. V, 3° partie, p. 64). Mais l'attitude du duc François II fut si hésitante que le passage des Anglais n’eut pas lieu (Ant. Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne, 1880, t. I, p. 351).