‹ Mémoires éditésChapitre 72 sur 379 · Ce vidame était Jean d’Aïlly, sire de Picquigny · texte numérisé non relu

Ce vidame était Jean d’Aïlly, sire de Picquigny

5. C'est-à-dire : et pour qui s’y serait aventuré sans être assuré de la bonne foi de l'adversaire.

60 PRÉPARATIFS DE L'ENTREVUE DE PICQUIGNY (août 1475)

min. Et sans point de doubte, comme j’ay dit ailleurs, les Angloys ne sont point si subtilz en traictéz et en appoinctemens comme sont les François ; et, quelque chose que l’on en die!, ilz vont assez grossement en besongne. Mais il fault avoir ung peu de pacience et ne debattre point colleriquement avec eulx?.

Prinse la conclusion de nostre lieu, il fut ordonné d'y faire ung pont bien puissant et assez large ; et fournismes les charpentiers et les estoffes3; et, ou millieu de ce pont, fut faict ung fort treilleïz de boys comme on faictaux caiges des lyons®. Et n’estoient point les trouz entre les barreaulx plus grans que à y boutter le brazb à son aise. Le dessus estoit couvert d’aiz seullement pour la pluye, si avant qu’il se povoit mettre dix ou douze personnes dessoubz de chascun costé. Et comprenoit le treilleïz jusques sur le bort du pont, affin que on ne peüst passer de l’ung costé à l’autre. En la rivière y avoit seullement une petite sentineÿ, où il y avoit deux hommes pour passer ceulx qui vouloyent aller d’ung costé à l’autre.

Je veulx dire l’occasion qui meüt le roy que cest entredeux fut faict de telle façon que l’on ne peüst aller d’un costé à l’autre. Et pourroit par aventure servir, le temps advenir, à quelcun qui auroit à faire semblable cas. Du temps du roy Charles septiesme estant en assez jeune aage, le royaulme estoit fort persecuté des Angloys et estoit le roy Henri cinquiesme au siège devant Rouen‘ et le tenoit fort

a. de ces lyons P. — b. les bras À.

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