‹ Mémoires éditésChapitre 8 sur 379 · AVENTURES D’ADOLPHE D'EGMONT (1471-I · texte numérisé non relu

AVENTURES D’ADOLPHE D'EGMONT (1471-I

celuy qui avoit payé ledict florin et le congneüt ; et là fut prins et amené à Namur, et y est demouré prisonnier jusques au trespas du duc de Bourgongne, que les Gantois le misdrent dehors'!. Et avoient vouloir de luy faire espouser par force celle qui depuis a esté duchesse d’Autriche?, et le menèrent avec eulx devant Tornay, où il fut tué meschamment et mal accompaigné#, comme si Dieu n’eust pas encores esté saoul de venger cest oultraige qu'il avoit faict à son père.

Le père estoit mort avant le trespas du duc de Bourgogne, et estant‘ encores son filz en prison ; et, à son trespas, laissa au duc de Bourgongne sa succession à cause de l’ingratitude de son filz. Et sur la querelle dessusdicte{ conquist, au temps que je diz, le duc de Bourgongne la duché de Gueldres, où il trouva resistance. Mais il estoit puissant et en trèves avec le roy et la posseda jusques à la mort, et encores jusques au jourduy ceulx qui sont descenduz de luy, et tant qu'il plaira à Dieu. Or’, comme j’ay dit au commencement, je n’ay compté cecy que pour monstrer que telles cruaultéz et telz maulx ne demeurent point impugniz.

[2.] Icy commencent les guerres et entreprinses que le duc Charles feït en Allemaigne et le siège qu'il mist devant Nuz°ÿ.

a. estoit À. — b. et M. et P. — c. Titre en rouge dans D. Le scribe avait écrit d'abord Mez, qu'il a ensuite corrigé en Nuz. Même correction à deux reprises, lorsque ce nom reparaît.

1. On lit dans l’ « Extrait d’une chronique », publié dans son édition de Commynes par Lenglet, t. II, p. 295 : « Il tira vers Namur et illecq venu... et cuydant passer la rivière, il fut, sur la suspicion que son hoste eust de luy, mis en arrest... et depuis, par l’ordonnance du duc, envoyé à Vilvorde. » Le même texte nous apprend qu'ayant tenté de s'évader, il fut ensuite transféré à Courtrai.

2. Marie de Bourgogne, fille unique et héritière du Téméraire.

3. Adolphe d’Egmont périt, en effet, devant Tournai, le 27 juin 1477. Commynes anticipe ici sur les événements dont il sera question au ch. xvi du liv. V.

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