‹ Mémoires et correspondance, 1844-1871Chapitre 13 sur 113 · Pour donner · texte numérisé non relu

Pour donner

je me fais réveiller par l'adjudant, car je n'entends pas le tambour. .,

N'ayant plus rien à vous dire, n'ayant que des lamentations à faire, je ne vous ennuierai pas plus lontemps à vous dire ce que vous savez parfaitement, que je ne m'amuse guères, que je m'ennuie au superlatif et que je ' suis votre fils.

P. S. — On ne brime pas du tout.

La Flèche, 22 novembre 1857.

Ma chère petite sœur.

Je te demande bien pardon d'avoir tant tardé à t'écrire. Je ne dirai pas que je n'en ai pas eu le temps, car ce serait un énorme mensonge, mais je suis très paresseux pour écrire les lettres et quand j'ai fini mon devoir, je trouve beaucoup plus amusant de faire de l'arithmétique ou de construire un pantin. J'en avais dernièrement fabriqué un petit à ton intention mais à la récréation, il a pris fantaisie à un adjudant de s'en emparer, on pourrait dire de me le voler, car j'étais en récréation.

Le dit pantin était tout à fait gentil, il remuait les bras et les jambes avec une agilité incroyable. Il ne lui manquait que la parole, mais je ne désespère pas de t'en envoyer bientôt un. J'ai été troisième à la première composition qu'on a faite, en version latine. On n'a pas dit les places des autres compositions.

Dépêche-toi de m'écrire et dis-moi ce que tu fais, comment tu te trouves dans ta classe Aurore-Liseré. Quant à moi, je trouve que la classe de quatrième est fort amusante, à cause de l'arithmétique et des narrations. Ce qui m'a surtout empêché de t'écrire c'est que j'avais mangé le timbre-poste qui t'était destiné. Un tim-

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bre- poste, diras-tu, cela ne doit pas êlre fameusement bon, si ce n'est pour la colle qui se trouve derrière. Mais voici comment je me suis arrangé. C'était un matin, il faisait un froid de loup, on avait fermé nos cloîtres ou avant-quartiers parce qu'il yavait des élèves qui jouaient à se cacher et cela ennuyait les adjudants. Enfin le fait est que je gelais; je prends mon timbre- poste, je le change au père Noël pour une potée de lait, et je me réchauffe. Voilà comment je m'y suis pris pour avaler ton timbre-poste. J'ai écrit à père sans timbre, et je t'envoie celle lellre qui t'a été, à ce qu'il paraît, annoncée il y a quinze jours.

Adieu ma chère petite sœur.

Ton frère qui l'aime de tout son cœur.

La Flèche, le 10 octobre i858.

Mes chers parents,

J'ai re;u votre lellre ce matin; je vous en remercie bieu. Quoique vous espériez que je ne m'ennuie pas du tout, je m'ennuie encore plus que lors de ma première lettre. J'ai déjà changé de compagnie; il n'y a de différents professeurs que les professeurs de mathématiques. Celui de la 3' compagnie était M. Coupil, celui de la 4®, M, Durand. Il a voulu m'avoir et m'a eu. J'étais assez fâché de ce changement qui m'a mis en arrière d'une leçon pour certaines facullés, mais cela ne m'empêche pas de préfirer êlre avec M. Durand qu'avec l'autre. Quand on me porte de l'intérêt j'aime bien qu'on me le dise et M. Durand a eu l'air de me le dire, et a commencé à me servir des exlras (en fait de problèmes). Dépêchez-vous de m'envoyer des ganls blancs, c'est une chose indispensable pour le dimanche.

sVVr!^-?

En fait de brimades^ je ne sais ce qui va advenir; on n'a pas encore commencé. Quant à ce qui m'arrivera de bien ou de mal, je suppose que les papas et les mamans doivent savoir si l*ou se porte bien ou mal, etc., rien qu'à la couleur de l'encre avec laquelle ou leur écrit. D. se porte bien ; il m'a engagé à envoyer paître les anciens qui m'ennuieraient.

Je trouve qu'on est bien mi3ux au {"'bataillon qu'au 2% ce n'est plus du tout le même système. — Tous mes livres sont arrivés; on en a extirpé l'album et trois bouquins dont deux sans importance, et le troisième je pourrai l'avoir avec la permission du professeur de physique qui est M. de la Haye. Ce qui me manque bien, c'est une géométrie et une boîte de compas, celle que fournit le Bahut restant à la salle de dessin linéaire. Quant à la géométrie, on ne la donne qu'au 1" janvier, et encore ce n'est pas un Legpndre.

On donne en 3® des bouquins classiques qui sont amusants, mais l'allemand no m'attire guères. Je suis pourtant content du professeur d'allemand, et j'espère le contenter. C'est M. Liebrich, un vieux petit bossu manchot, que vous devez avoir vu quelquefois. Je ne vous ai pas parlé de mes autres professeurs; ce sont M. Notre, au dessin; il a une cinquantaine d*années, et toujours le chapeau sur la tête. M. Cottrel, au dessin linéaire, étale aux yeux la splendeur d'une perruque noire et frisée. Sa tête est irréprochable. On dirait un garçon coiffeur. M. Carissan, le professeur d'humanités, est petit et un peu bossu; il m'a dit qu'il comptait sur moi, je ferai mon possible pour qu'il n'ait pas compté seul.

M. Léger est le professeur d'histoire. Il a été mécontent de moi à la première classe parce que j'avais ri; je

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l'ai trouvé bien sévère, mais je veux qu'il n'ait plus à se plaindre de moi. M. Durand est un tout jeune homme que je n'avais jamais vu avant d'entrer dans sa classe. Je ne connais pas M. de la Haye.

Adieu, mes chers parents, écrivez-moi bien vite, et long.

Je vous embrasse bien ainsi que Baby.

' Votre fils qui vous aime bien.

La Flèche, 24 octobre 1858.

Mes chers parents,

J'ai r^çu ce matin votre lettre et voire paquet dont je vous remercie bien. Je suis désolé d'avoir à vous dire que déjà j'ai eu l'occasion de me fâcher avec mon adjudant. C'est pour bien peu de chose, mais c'est comme cela. Un soir qu'il y avait des pommes, je [m'aperçus qu'il en manquait une à ma table; conhme je servais, j'ai pris pour moi celle qui était de moins et j'ai fait remarquer à mon adjudant qu'il en manquait une. Ordinairement, il vous en ferait apporter une de la cuisine, mais il me répondit grossièrement que cela ne faisait rien, que sans doute il y en avait une plus grosse qu'il ne fallait, etc. Je lui demandai s'il n'y avait pas moyen d'en envoyer chercher une, alors il me dit que j'étais un insolent, qu'il me punirait. Je le laissai dire, mais je pensai ensuite qu'il était bien piteux d'obéir passivement à des imbéciles qui croyaient toujours qu'on se moquait d'eux. Enfin, je me montai la tête, je me fis punir et je me mis mal avec mon adjudant. Je ne me suis démonté la tête que ce soir ; je ne veux pas lui parler, mais je ne mé ferai pas punir.

Il n'y a rien de nouveau, je travaille toujours, surtout' les mathéihatiques. Les adjudants ont beau être bêles

(pas tous, mais plusieurs), je travaillerai et j'arriverai le plus vile possible.

îrs parents, je vous remercie bien de

se bien, et Bébé aussi.

Votre fils,

La PICclie, le 31 octobre 18S8.

rs parents,

lettre ce matin dimanche. Ne m'est-il avoir plus tôt ? Elle n'est partie qu'hier itlribue ces retards à votre déménageère que la semaine prochaine, ce ne

que j'attendrai une lettre vendredi et e de dimanche dernier a dû vous sem- 3t bien ennuyeuse. Je vous en écrirai aujourd'hui, mais je vous y ferai des us paraîtront peut-ètrs exigeantes. Je d'abord de ni'envoyer une arithmétique jon la plus nouvelle possible. Si vous .'acheter, je vous prie de l'envoyer à

professeur de maihématiques, ou û ce ud.

nde encore quelque chose qui vous e bien saugrenu de ma part. C'est de ns de violon. Voici mes raisons : les *' bataillon, surtout pour les melons ou tent â tourner autour d'une cour, d'une c, en sorte que cela devient fastidieux, (lieux les passer sans tourner à taire

mettre dans la musique, on est porté à itude pour écrire sa partie. De sorte

qu'il m'a pris envie de racler du violon pour faire diversion à l'uniforme monotonité du Bahut. J'ai consulté à ce sujet un ancien, Lemoine, qui se destine à Poly, et qui est mon oracle. Il me donne des problèmes, il a un recueil de plus de 2.600 problèmes de toutes sortes, ïl porte lunettes et quelquefois il se mêle de faire des vers, des valses, etc. Il a l'honneur de jouer du triangle dans la musique du Prytanée, et il est supérieurement original.

Je l'aime beaucoup; je lui ai donc demandé conseil là-dessus, je lui ai parlé de musique et je lui ai dit que j'aimerais à l'apprendre. Il m'a alors conseillé le violon. Je lui ai peint mes scrupules, mes craintes que cela ne me fasse perdre du temps," et il m'a dit que la musique ne lui avait jamais nui, mais qu'il ne fallait pas me mettre dans celle du Bahut; que lui n'avait accepté l'emploi de triangle que parce qu'il n'avait pas de partie à copier. Vous devez en savoir plus long que moi, pesez et jugez. Le maître de musique peut louer un instrument. J'attends votre autorisation en bonne forme ou votre refus nettement articulé pour de vendredi en huit. Passons maintenant à une autre question. Je suis très bien avec mon professeur de mathématiques. Il avait parlé de me faire passer en seconde au premier janvier, ou candidat l'an prochain, mais je lui ai fait plusieurs objections (l'allemand, etc.). J'avais résolu d'aplanir ces difficultés, mais j'ai consulté Lemoine qui m'a fait remarquer que j'avais du temps devant moi* que je n'étais pas pressé, que je ne connaissais pas l'allemand et^ bien d'autres choses qu'il me serait fort difficile d'apprendre bien seul. Je vais donc me contenter de travailler solidement cette année, de faire plus que le cours de troisième et d'essayer le baccalauréat en août 1860,

en sortant de seconde. Si bien qu'étant candidat je n^aurai à m'occuper que de ma poly (notre dada). J'ai eu maille à partir cette semaine avec les adjudants. Lemoine (quel sage! quel conseiller universel!) m'a dit philosophiquement qu'il aimait mieux des injures que des coups, et qu'ainsi il ne partait jamais maille avec MM. les adjudants. ^

Si j'ai le temps je vais écrire à ma bonne petite Bella qui ne m'a pas oublié.

Envoyez-moi le plan de votre logement. Adieu, je vous récrirai bientôt; cela me fait de la peine de finir vos lettres.

Je vous embrasse bien et Bébé aussi.

Votre fils.

La Flèche, 14 novembre 1838.

Mes chers parents.

J'ai reçu vos deux lettres. J'ai vu le jeune homme pendant les vêpres. Je lui ai parlé de sa grand'mëre. Il m'a dit que c'était vrai qu'il ne lui avait pas écrit, mais qu'il devait lui écrire le 22 pour sa fête.. Sur quoi je l'ai engagé à m 'expédier une lettre pour elle dès ce soir ou demain matin. Si sa lettre arrive trop tard, je vous l'enverrai dans une seconde missive, car je ne voudrais pas faire attendre la grand'mère qui est une bonne dame, zélée protestante, qui l'aime bien et s'occupe bien de lui. Pour le jeune homme, que je vois assez souvent, je ne pourrai pas vous donner de son travail des nouvelles bien exactes. Il est avec M. Talbert, qui fait bien travailler ses élevés et je ne l'ai pas vu de l'année aller à la salle de police le dimanche. Voilà tout ce que je puis vous dire. Quant à sa santé, elle est florissante.

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LE COLLÉGIEN 1856-1862 il

Dans votre lettre du 10, vous me dites de faire acheter le livre par mon professeur. Ce ne sont pas les moyens qui me manquent, mais j'aurais bien mieux aimé recevoir le livre de vous. Je n'oserais pas m'adresser à un de mes professeurs. Il n'y a que M... qui me l'achèterait à une sortie, mais je ne saurais comment lui faire passer l'argent. A la Flèche, quand vous demandez un livre, souvent on vous le fait venir de Paris. Par ce moyen-là, j'aurai mon livre dans trois semaines ou un mois au moins, tandis que lorsque je vous l'ai demandé j'espérais l'avoir bien plus vite.

Je n'ai pas renoncé au violon; c'est un simple ajournement jusqu'à plus ample information.

Croizet ne voulait pas recevoir ce que je lui devais ; il y a bien des débiteurs qui voudraient avoir des créanciers comme cela.

J'ai bien envie de recevoir au Bahut cette histoire de France dont vous m'avez parlé. J'en ai touché deux mois à M... qui, lui, y est abonné. Je lui ai donné 0 fr. 50 pour m'acheter les cinq premières livraisons et je lui ai demandé d'apporter les siennes au Bahut, ce que M. Légé, le professeur d'histoire a autorisé. Mais j'ai tant d'envies de bouquins que je ne pourrai jamais joindre mes deux bouts, mais je ne m'endetterai pas.

J'ai des gants, mais quels ganls ! On n'a pas pu en trouver de peau, comme je voulais, même chez Gouju. On m'a apporté des gants de laine noir doublés, tu sais, on nous en a fait voir comme cela, à Besançon. Je les mets, mais quand il fait froid, je mets des gants de fil par-dessous.

J'ai bien manqué ne pas vous dire ce qui vous intéressera peut-être le plus. J'ai fait trois compositions cette semaine, version latine, arithmétique, histoire ce

malin môme. Je crois que ma semaine a été bien employée. Je ne veux pas vous dire que je suis content de mes compositions, car si je venais à avoir une mauvaise place, je me démentirais. Je ne vous dirai pas non plus que j'en suis mécontent, car vous ne dormiriez que d'un œil pendant toute la semaine. Je vous en parlerai plus tard, quand j'aurai bien pu les apprécier, c'est-à-dire quand j'en connaîtrai le résultat.

Ces vacances, il y a un élève, un des élèves de ma classe qui a sauvé un enfant de cinq ans qu^ allait se noyer dans la Meuse. On Ta félicité, on l'a mis sur les journaux, on a lu un ordre dimanche dernier pour .le féliciter, et il conserve cette année les galons de sergent, par contravention à l'article 7 du règlement de février 1850. Je trouve que c'est une bien belle action et je l'admire bien. Vous êtes comme moi.

Vous devez être cette année plus contents de mes lettres. Moi aussi. Mais s'il me prend un accès d'antiadjudantomanie, je crois que cela n'irait pas comme ça. Maintenant je suis bien gai qus^nd je vous écris parce que je n'ai rien que du bon à vous dire. Adieu mes chers parents, je vous embrasse bien.

Votre fils.

P. S. Votre logement pst très joli, mais la cuisine est trop petite.

La Flèche, le 10 janvier 1859.

Mes chers parents,

J'ai reçu hier votre lettre ; je vous en remercie. J'espère que vous recevrez bientôt mon bulletin. J'ai fait cette ennuyeuse composition d'histoire qui m'a semblé plus terrible de loin que de près. Enfin j'en suis quitte.

Quand tu écriras à M. F., lu I3 féliciteras bien de ma part de sa noraination à l'emploi de principal fonctionnaire public de Bourg- Achard. J'espère que bientôt tu auras quitté le régiment et tout le reste, de sorte que vous n'aurez plus à peu près qu'à ne rien faire. A propos de cela, dis-moi donc un peu comment vous vous trouvez à Besançon et si la ville vous est devenue plus agréable.

J'ai composé jeudi en arithmétique, et demain je composerai en version; je pense bien faire. Vous me demandez comment va mon ami Lemoine. Il va fort bien, et je l'aime et l'estime de plus en plus. Nous allons commsncer maintenant la chimie, l'histoire naturelle et la géométrie. Comme c'est nouveau, je compte que ce sera amusant. Outre les cours, je travaille bien un peu pour mon plaisir.

Je vais m'acheter un de ces jour^ une traduction des poésies d'Ossian. Je crois que ce sera là mon unique déguisement du Carnaval. Je trouve que cela a fort l'air bête de s'amuser à parader pendant toute une journée dans de vieux habits. Et encore on les paye fort cher. Il me semble qu'on peut faire de son argent bien autre chose que cela.

Adieu mes chers parents, je vous embrasse bien.

Votre fils qui vous aime.

P. S, J'aime beaucoup cette fameuse arithmétique dont je vous avais parlé si longtemps. Plus je la vois, plus je l'admire. Je travaille toujours et ferme. Je trouve aussi que c'est bien peu, deux ou trois ans, pour tout ce que j'ai à voir avant d'entrer à Poly.

La Flèche, le dimanche 3 avril 1859.

Mes chers parents,

C'est encore de l'infirmerie que je vous écris ce matiu; j'en sors ce soir, y étant entré dimanche dernier pour mal de gorge. J'ose à peine vous le dire, dans la certitude où je suis que cela ne servira qu*â vous donner de l'inquiétude; mais je n'ai pas voulu vous le dire dimanche dernier, de peur de vous en donner encore plus. Le collège est toujours dans un triste état. Il ne se passe pas un jour que nous n'apprenions deux ou trois expulsions, tout au moins. Le colonel S revêtu de pleins pouvoirs par le ministre, n'a plus besoin d'assembler un conseil, ni d'en référer à personne. Un élève qui, aujourd'hui serait accusé d'avoir lancé une pomme à son adjudant, ne serait plus au collège dans 24 heures. Le colonel a chassé un élève qui était son filleul. Il y adéjà eu, pour celte affaire, quatre-vingt-deux expulsions. Chaque fbis qu'il y en a de nouvelles, la sœur supérieure 2 vient, presque éplorée, nous les annoncer; cette bonne sœur nous supplie d'être sages, nous donne de bons conseils

Il pourra se faire, on peut même dire qu'il arrivera certainement que quelques innocents seront victimes de cette rigueur; vous me demandez des nouvelles de P..., que puis- je vous répondre? Ce pauvre étourdi-là s'est fait chasser il n'y a que deux ou trois jours. Dites à sa pauvre grand'mère que je suis à l'infirmerie et que je ne puis rien savoir sur son compte.

5 heures du soir. Je suis sorti de l'infirmerie. Il parait que la justice est devenue fort expédilive. Un élève fe-

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