LETTRE DE M. LECOQ
qui s estend sur tous les royaulmes chrestiens, et n'es* tant qtt'ong 6ict de police, et non artide de foi oa de
relligion , ne debvoit estre si témérairement entrepris : oo estime qu'il s'y fera quelque déclaration limitativ^e. ' Pour les aultres nouvelles de la cour, je remets à
1^1. Marbault, qui y est tous les jours, à vous en mander, ne m'en enquerrant pas beaucoup, seulement j'ajouterai à la présente ung très humble remercie* ment (|ue je vous fais de l'honneur qu'il vous a pieu faire à mon âls aisné , de la part qu'il a receue de vos mains en l'ung des prix accoutumés estre par vous donnés à ceulx qui ont bien employé leur année pour leur donner courage de continuer et faire encores mieulx à l'ayenir , etc.
Du iS décembre i6i3.
CGXXVIL — ^ LETTRE DE M. DUMAURIER
J M, Duplesiis,
Monseigneur, dèpoîs mon arrivée en ce pays , il ne s'y est passé chose aulcune digne de vous, ce qui m'a teneu en silence , et non faulte d'affection et de debvoir ; tout se passant ici fort tranquillement, oii ces messieurs ne sont attentifs qu'à l'exacte observation de leur trêve , durant laquelle ils affermissent leur ordre et leurs affaires à bon escient , estant incro3rabte comme leur auctorité prend pied ; s'estendant à faire exécuter leurs arrests contre des villes de leur souveraineté «
pour certaines hanses qu'elles youlloient empescher à
d'aultres; comme il a n'agueres esté faict contre ceuîx de la Ville de Horne qui avoient gasté le Hasvre d'An- • vers , ce qu'on les a forcés de reparer eulx mesmes, i
^^Nfefimt exempte D^eataét-iséaL Leare peuples, au
rest(* , coiiliiuiaiil fie coiilnbuor très volontiei's pour i.entreteniiement de près de vingt cinq mille hommes 4|li9b«iit dftDS leurs gartoléoils. Pour le eôté de la nfer^ ils s'y fortifient de plus en plus, tant pour l'entretien dÊMieuf compaignie aulx Indes orientales^ que pour bif»cbtnmerce du «costé.ilsi'N.ord, ayant àineiié;ie iof telMbemarck à cesté; raison de lever de dessus leurs naarcliaudâ^ passant au. buud^ ungigrand iniposLcju'il aroit ^mis tlepuis \ sa démieéè guerre contre i éelui de tetde, et lequel il vouUoU icontinu^er^ a-'ils- n'euùenlt
faict une vigoureuse dciiionstraiioa de s'y vonHoir op^ poser , et de ne Tendureri pia6>, tellement que ia txtm^ cpi!àulcunsapprehendoientlei|rjdebV!6ir prejudicierv d:^ juiîcprà pi( scMU, piotlujcl II 11!^ effect tout contraire. Il est vrai qu elle u est pas encore, à la moitié du terme coDveneu. Il iauldra que le temps fas^ voir ceqiie rau)t^ tre produira du ooetéde Jullieirs.'ll semble que ces.' pdn-s ces possedans sebrouiiieut^ tant il paroist deinaulvais4â eorrespondance entré ) euli»,< laijuelle on croitidebvoiii encore augmenter - à >cauffe> do .anariage dtt palatiiuidcî Neubourg avec une fille de Bavière ; et desjà quelques ungs tirent des conjectures qu'a grand pela* s'eseottlei» f année prochaine ; ^qU' il» -n'a^^nt^ de- Jai) oenicstattb» ' sur cest ûbject. D'ailleurs eu Alleiaaigne ils ne sont sans aUarmes,'que ces forces, quisont sur pied en Italie y ne^«6rvent pour estre miployees 4 la> prochaiiiè ljieUer . saison à venger sur les princes prot«stan^ ,• les 'ihfecon*? tentemeas que i empereur a de ce qu ils 1 ont frustrede^l'Avantage qu'il se* j^ptomettoil; de ceste^dahuèo^ dicfte; mais de tout iselà h lenpâ wserîii meiUeor juge/ ^ Cependant, monseigneur) il s est passé une fas-
4?^ LETTRE DE M. DDMAURIER
cheuse affîûre par deçà à mon très grand regret, duquel j'ai créa tous debvoir iaformer par le difooiurs que vous en enverra M. Marbanlt, de la verilë duqael
je vous puis certainement asseurer.
Je suis Ires marri que M. d'Aarsens se aoîi attiré tôt» fense de leurs majestés et de leurs prineîpauls ministres 9 et de ce qu il s'est embarrassé en des procédures qui lui ont si mal réussi , comme vous verres, s'il vous plaist, mesme de ee que sans aulonng subject , il s'est pris h moi, tant pour me traverser cest emploi de longue maui, et m avoir voulieu, bien quea vain, grâces à Dieu, descrier par deçà, que pour aToir esté ceatrainct par commandement exprès de leurs dictes majestés, d enipescher qu'il ne se rembarquast en la charge qu'il ne debtvmti pas renoneer comme il « &iot pour h friandise d'ung présent , s'il avoit desseing , comme il la bien montré du contraire. A quoi je n'ai apporté aulcone particulière pasf ion ; mais seulement usé de la nécessité d'obéir à^ce qui .m'estoit co»" mandé. Sur quoi il a eu le plus beau moyen de prévenir ce desordre par i'advis que; des le commencemeot je lui en ébie donner , afin que .sans attendre eeste extrémité , il se l esoleust de détacher doulcement et honorablement; sa lieu, de quoi prensflJ; k suspect iedict advisf il anrost eu reeenrsi des moyens pour esluder ce que j'avois en charge , qm hi sent tournés à grande con&iaion ; s estant eschappé jusques ià de m accuser en jiuUiefi que ce que j'en &isois esloit per menée anee BAli. de Berneveltet deVandennille, pour in^^ tir celui ci de sa despouille ; à quoi je vous proteste qu!eulx ni moi ne pensèrent jamais; et vous savés, monseigneur, à^aa/mâïyoMeik lieurinr cet bomiàe Ia« il en aura peu amender son mai ché. Cependant il e&toit
"veDeu tellement esmouvoir les jalousies des proyinœs las ttiMs^oalre les aollres sar son subjeet , qu il y a eu peine d'en venir à bout. On est maintenant après à lui pourvoir de successeur, lequel je ne vous sçaurois encofe designer* le ne puis essés plaindre qu'il ait esté si peu memoratif des bons records qu'il a eu l'honneur de recevoir de vous , monseigneur, et qu'il «e soit tellement laissé aveugler, et. transporter par sa passion, mesme d*avoir esté eontrainot par toutes-sortes de debvoirs à décou vrir ses procédures , et à le mettre à ceste eKtretnilé, de laquelle, en conscience, il ne peult donner le vrai Uasme qu'A sot mesme, etc.
Da i5 décembre jbi3.
J M. MàrbaulL
M. Marbanlt , je prends cette occasion pour vous dire ce que j'ai appris de certain depuis mes dernières. M, d'Epernpaa traictié ^vec M. de Sui^eres Tesobange de sa maison; et après plusieurs allées et venetm> ik semblent en estre toiubés d'accord, et y a homme despesché exprès à Metz, pour lui en faire ^signer )es articles. Il isera trouvé estrange; niais il a<.pris.occ8^ sion sur certains grands inconveniens domestiques qui ont oultré ce bon homme. Ken doutés poinct^ car je le sçai^ d oii il .se peolt et doii»t sçavoir. ZiO baron de Montandre s'est là dessus desparti de lui fort -offensé» M« de Saint Luc approuve ce^t escliange , et ne feint pofnct de dire «qu'ooi aeiaict ^ue jiour les remueurs, et n'en perdra jamais roccasion. Il semble qu'il se remette avec M. d'Epernon ; car Saint Vivian le va voir
4ÔO LETTRi: DE M. DUPLiiSSIS, etc.
sottveni, peult estre en despit de M» le prince, du<quel il se tient offensé en la préférence de Rochefort;
Adjoustent les parUsans là dessus que la promolioa du marquis d'Ëncre leur vient à propos, et vous aurés sceu d'ailleurs que M. de Themines la prend fort il cœur. D'ailleurs je vous ai escrit ci devant que M. de Sully avoit traicté de Mozai avec M. de la Yiiie Dieu. Il est trop vrai , et lui offroit dix mille escus de gaila , qu'il a refusés : ce que chacung trouve estrange au pays, vu riiuineur du refusant. La raison est que M. d'£pernon lui a faict dire ûng mot en Toreille qu'il lui feroit desplaisir, et enchérit inouvertement patxlessus. Ain^i ^ seroit La Rochelle bloquée par terre, et Saint Luc pourveu de la vice amirauté Tincommoderoit par mer. Adjoutés le magasin qui se fiiict à Angoulesme , et que les rouliers (jui y ont mené les poufîres ont dit, s'en retournant , qu'ils en alloient quenr daultres, ce que j'ai appris aujourd'hui de Tours. Je vous dis tous cela, afin que vous le communiqués à MM. nos députés, et q^u'ils le digèrent selon ce qui se passe sur les lieux , et en' fassent le service du roy et le bien de nos Eglises. Autrefois s*est on eserié sur* n^oîndre chose, et en a on pris argument et esclaircissenient pour les plus grandes. J'entends que vous avés maintenant M. de Bouillon pair de là. Il importe fort de voir quel parti il prendra parmi tout cela , mesme après avoir veu M. Duplessis Bellai de ma part. Le baron de Chandolens est fort avant en traicté pour la fille de . m. Constant ; c'est à condition de lui bailler Marans et le faire agréer à la royne. Si toutes nos places s en vont ainsi par dot , ou par achat , le roy ne se réservera pas grand moyen
d'obliger les gens de mérite , etc.
Du ao décembre i6iS,
LETTRE, etc.