‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 109 sur 142 · CCXXX. — ♦LETTRE · texte numérisé non relu

CCXXX. — ♦LETTRE

Dejnadame de Rohaa à M. Dupkssis,

Monsieur , envoyant ce porteur de part de là , je «i*ai vouleu perdre cette occasion sans vous mander de mes nouvelles, me persuadant que vous aurât agréable d*en sçavoir, et sans vous «dire que je receus hier une lettre de vous , par laquelle vous me dictes avoir veu La Ferté , et parlé librement à lui ( ce que TOUS pouviés faire avec confidence ). Mon fils le mené à Saint Jehan , tellement que je crois qu*il ne vous pourri voir au retour. Ledit La Ferté m'a eserit qu'il s'estoit fort bien servi de vos advis sans vous alléguer*

MÉM. D£ Ûuri.R&SIS-MoAJ(A,Y. TOMB XII. 3l

Je ne sçais de quelles afTaires vous parlés , lesquelles vous dictes qu'il seroit plus honorable à mon fils de composer que de disposer. Quelles qu'elles soient, je souhaite qu'il y suive vos advis, croyant qu eu ce faisant il ne pourra faillir. Quant à la correspondance que vous roe dictes n'estre pas bonne de part deçà avec intentions des gens de bien , nous le voyons à nostre grand regret, et ai grand peur qu'à la fin à force de harceler les gens , ils ne leur fassent faire folie dont les ungs et les aultres pâtiront. Dieu y veuille mettre ordre. Au reste , monsieur , je vous escrivis il y a quelque temps, comme le sieur Duverger Mallequet m'avoit escrit qu Aersens lui avoit parlé du mariage du comte Henry, comme de chose du tout rompeue à cause d'une aultre' affection qui lui estoit née. Depuis , madame la princesse d'Orange en a escrit à une de ses amies comme ne voulant qu'on le croie du tout rompeu ; mais elle allègue des conditions qui ne valent pas mieulx, comme de hausser le mariage, de faire que la royne y contribue et choses impossibles. Toutefois les deux occasions de rupture sont différentes. Je

vous supplie me mander si Aersens vous a faict response à ce que vous lui en aviés escrit, et en quels termes.

Nous avons sçu que M. d'Epernon a fiiict mcUre prisonnier M. Durant de Metz , pour quelques lettres qu'il escrivit au comte de Nassau de Sarrebrie , et que ceulx de la ville s'etant formalisés de ce qu'il le tenoit en la citadelle étant bourgeois , il Ta faict mettre en une prison de la ville; ipais dans ung cachot qui est chose pitoyable » etc.

I)u ai décembre i6i5.

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