CCXXXVII. — * LETTRE DE M. DE ROHAN
M. de Villeroj,
' Monsieur , j'ai recçu vostrc lettre par M. de Villette. Je vous remercie de la continuation que vous me faictes paroîstre de tos amitiés. Je l*ai pryé de vous asseurer de mon service; quant à mes intentions, elles ne changent jamais, encores que les affaires changent, etc.
DaSfebvrier i6i4-
A M. de Loumeau, M D. S. T. en tEgUse de
La Rochelle.
MoirsiEUR, j'ai rcceu la lettre do ii , par voye de Thouars , avec ses incluses de Guyenne. Je vois du mal partout de la plupart qui n'y veullent pas de remède. Le sieur de La Chesnaye passa ici le i6, avec iettra de créance de la ro) ne , fort aniple. Vous en pourrés avoir eu de même , car il donnait jusques à vous après avoir receu Soinct Jean y et mesme à Brouage. Je vois les affiiires passées fort advant , car le duc de Vanta* dour n'a peu vou^ M. le Prince, qui, a pris le chemin de Champagne pour se rendre à Fismes au 1 5 « où se trouvent MM.' de Nevers, du Maine, de Longueviile et de BouiUou pour fondre la cloche ; leurs prétextes sont forts, et enveiloppent des plus grands, et il y a danger qu'il ne bille perdre .quelqu*ung. On tient même qu il^ parleront de la morl du feu roy, ils se
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sont asseurés de plusieurs places, et nombre de noblesse s'en est venue , et) ne manquent d'argent et d'armes ; cependant la royne arme et advertit les villes d'estre sur leurs gardes , approche le cavalerie , enfle • les refvîmens ; faict levée en Suisse de six mille hommes soubs deux colonels , moitié de la rcUigion, moitié papistes, et neantmoins est resoleue de contenter M. le Prince par tous moyens , et doibt aller trouver le sieur de Yentadour des qu*il le saura arresté en quelque lieu. On faict mine de nous donnejc contentement, ' mais toujours lentement, et à regret; sur quoi j*escrivis à la royne et aulx ministres de Testât avec toute liberté, m'en demandant mon advis. Je crain» de long témps qu'il n'y ait de toute part quelque fatalité, qui nous porte au mal; mais procédons en bonne conscience, et donnons nos conseils sans flatterie, et lais* sons à Dieu le reste. Je pense que M. de Bouillon , après ceste entrevue, passera eii Guyenne avec M. le prince; mais je persiste que nous ne debvons confondre ni nos causes, ni nos affaires, etc*
Dtt 19 felivrier i6i4*