CXXXIX. — LETTRE
De M» le duc de Sully à Mi Duplessis.
MoNSusna, je me resjouis infiniment de l'asseu* rance que vous me donnés de m'aimer et affectionner de tout vostre coeur ; croyés que je vous rendrai le sem-« blable en toute sincérité, et en donnerai des preuves par effects, lorsque me commanderés, ou qu'il se présentera occasion de vous bien sfervir. Si nous estions les ungs envers les aultres , et que toute sorte
de raisons nous obligent d'estre, il ny a double que cda ne toaniât à l'utilité publicqne el à la nostre en particulier, et que nous devieudrions si considérables , que l'on penstu'ait deux fois à nous faire injustice, Tiolence ou mauvais traictement. Vous sçavés les bniicts «{ui courent sur la retraicte de plusieurs princes de la court, avec démonstrations de mescoatentement. Pour moi je n'en £ûs atflcuDg jugement, que je n^en sçache mieulx les fendemens et les fins; car tant d escapades paroles se sont faictes sans aultres mouvemens que j'en crois encores autant au moins; l'on ne s*en allarroe pas beaucoup à la court Je rendrai response à M. de Blet sur ce qu'il m'a escrit de vo&tre part. C'est ung homme de bien , et qui mente beaucoup ; je Tbonore et désire servir en ceste qualité. Usés du commandement sur moi, et vous serés fidellement obéi , etc.
Du 29 janvier j6x4«