‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 118 sur 142 · LETTRE DE M. VIGNIER · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. VIGNIER

ayant à prescher le Irademain, je le suppliai de yous dire comme le brutct cooroit par deçà qu'en Poictoa

on pRrloit entre les nostres de prendre les armes, et se joindre avec MM. les princes , et quelques choses semblables que nous ne pouvions croire par deçà» et dont cependant nous estimions qu'il estoit besoin g que vous feussiés adverti; comme je crois qu'il vous aura faict entendre depuis, je viens de recevoir tout présentement ung paquet par ung gentilhomme venant de la court , lequel je vous addresse par homme exprès 9 selon la charge qui m*en est donnée, le ne doubte poinct que vous n'appreniés par icelui plus de nouvelles cer- . taines que je ne vous eu saurai dire 9 comme n'en ayant que par rapports incertains bien souvent» Voici néantmoins ce qui se dict ici : c'est que de toutes parts s'às<« semblent gentilshommes à Chasteauroux vers M. le prince j sous prétexte .des jeux de caresme prenant. Qu'on estime mesme que M. de Bouillon s'y doict trouver, lequel on dict debvoir passer en Tourraine, et y servir à diverses personnes de la reiiigioa pour se les asseorer. On tenoit que M. nostre gouverneur se deb-> ▼oit trouver à Chasteauroux ; mats d'aultres disent qu'il s'en est excusé sur ung mariage qu'il faict de sa belle sœur avec ung gentilhomme du Berry : quant aulx sentimens de nos Eglises par deçà , il est tel que nous "estimons tous qu'il importe grandement que nous demeurions tranquilles et bien unis parmi nous, et qu'il aparoisse que nostre cause est bien eslorgnee de celle de ces gens ci : bref, que nous n'avons auUre but en nos departemens que le service de Dieu et de nostre roy et le bien de. Testât en la conservation de nos Eglises. Vous sçavés que nous sommes en ceste province les plus exposes au danger de ces mouvemens.

A M. DUP1£S$IS; 497 comme ayant M. le prince de Gondé en Berry , proche d'ArgentoUf Tune de no6 places de'seureté; M. de Nevers, près de Saulmur, et M. de Longueville à Ghasteaudun , où desjà on faict courir le bruict , que lediici sieur de Longueyille se range de nostre parti , tellement que nous appréhendons que plusieurs de nos gentilshommes ne se laissent engager à ce trouble, qui me &ict vous supplier bien humblement, mon-* sieur, me vouloir départir pour en porter les advis que vous cognoistrés estre interessans pour i'entretiennement de toutes les Eglises et particuliers d*icelles en ceste province, et une bonne union avec toutes les aultres , en persistant au debvoir que nous debvons au roy , et ce d'autant plus que nostre synode provincial est assigné an oinquiesme jour dn mois de mars à Chàstillon sur Loire. Vous m'obligerés aussi de me faire ce bien, de me tnandèr ung mot de ce que vous ju« gés le plus à propos de fiiire, sur la controverse de MM. Tillenus et Dumoulin dont nous craignons la publication , par ce qui s en pourra décider au synode national prochain , etc« ,

Du 7 fdbvrier 1614.

Page 1