CCXLVI. — * EXTRAICT
Des actes du sjrnode de Bearn convoqué en La ville d'Ortez, saubs tauctorite de Af. de La Force ^ lieutenant gênerai de sa majesté , le a8 mars et suivant i6i a. Baillé à Duplessis par M, Duprat, en febvfter 1614.
Tout de suite les inconveniens des pensions exttaor-
dinaires , conférés à ceulx qui ont charge en l'Eglise , et de ceulx qui ont esté receus estant employés en court, ou ailleurs pour les afibires d'icelles, il est defiendeu à tous les ministres et anciens d'en recevoir auleune sous peine de déposition de leur charge : ceui& qui seront députés par l'Eglise pour aller en court, prêteront serment avant leur départ es mains de rassemblée qui les députera de n'en prendre aulcunemeni; et après leur retour, la preariere assesiblee qu^l y «ara , Ton fera purger par serment , pour sç avoir , non seulement s'ils ont recmi aukune pension , ou s'il leur en a esté offert directement oii indirectement; mais aussi »'ilis ont recea aolcune somme de denier, soit en argent eonpiant, ou par mandement pour le defifrai de leur voyage, pour estre leadîeles sommes acquises à l'Eglisa ^ant aub pas* teurs qui en ont leceu, négociant les sfiaim âe^FEglise en court, ou en conséquence de leur deputation, ou aultrcmciil, ils leur est eajoinct d*y renooeer entièrement , pour décharger le ministre de tout blasme et soupçon, à peme d'estre déposé, comme aussi il est deffendu à tous les ministres de r£vangile de demander à louer aulcunes sommes d'argent ou penéion, n'y mesmes en recevoir, quand ils leur en sera offert,
DES ACTES DU SYNODE. 5o3
jaM(ft*à q«'il» en aye demandé ttAifi^ mAu asiear^blees m^ksiasdques, etc.
CCXLyiI.~f^ LETTRE D^^ M. DE RQHAN
Jf. Dàplessù*
MiÊUMtmm f je ^^àm reËids mîHe grâces de^ k comftia-
ni car ion que vous m'avés faicte de la lettre que vous a escriteM. le pteaident JeanniD, et de vœtre respense ifui est excelleiite : je voas dirai en passant que je trouve l'expecKent pour les attestations des ministres fort mauvais ; car c'est t^iteaieot se dire de la relli». g ion pretoidene. Je tous despeseheee laeqoaiepour
apprendre de vous ce que vous sçar^S de l'arrest de M. de Veiidosiiie , que nous n'avons ici que par bruict comniuB, sans que j'en aye eU' advîe de la court dont
je ni'estonnc. Je vous supplie aussi , monsieur , de me donner vostre bon advis sur ces occurences , lesquelles 9 ce me seinbie , ne noue promettent que du Uen. J'attends de jour à aultre des nouvelles du Languedoc et de Guienne, desquelles je tous ferai part, si elles en 'vaUent la peine, ele^
Ba 17 iebvfier 1614.
CGXL V IIL — * LETTRE De madame de Rohan à M, Duplessù*
MoHaiBnE« yous avés soeu la despesche de Yillelte
vers M. do Ilohan. Je crois que vous savés aussi la response; je vous enverrois copie des lettres escirttes à la roy ne , et à M. de Viller6y » sinon que je ne doubte
5o4 LETTftfi
poinct qu'elle ne vous aye esté envoyée de Saint Jean. Je les eusse désiré ung peu plus bonnestes ; car on se pouvoit bien garder de s'engager, et ne laisser de s'es* tendre en honnestetés pour me contredire aulx paroles par moi portées , lesquelles, sans vostre advis, eussent
^ encore esté plus expressives. Il eusteste bien estranger^ qu^apres avoir promis à la royne de la soubtenir contre
' le roy mesme, comme M. de Rohan voulloit qu'on feist, il ne promette maintenant servir qu'an roy, sans en promettre à la royne , autant qu'elle doibt participer à Tinterest du roy, c'eust este pour me rendre honteuse , si je ne me feusse teneue suivant vostre advis, et' est bientost passé d*ung extresme k Taultre. Toutes fois avec l'aide qui y a este apporté de par de ça, cela a esté bien receu. Je vous supplie cependant, monsieur, aider en ce i{u'il vous sera possible, en ce qu'on se gouverne avec les civilités requises; car le désir immodéré qu'à Hautefontaine du «trouble faict qu'on passe par dessus toutes sortes de respects. An reste, permettés moi de vous dire, monsieur, ung mot des affaires publicques , bien que ce ne soit à moi de m'en mesler. Je crains que l'artifice de M. de Bouillon ne porte les choses plus loing que les propositions qu'on fait. Ou parle de s'unir et de se voir. C'est une chose saincte, et que je regrette bien qui n'ait esté faicte plus tost ; mais je sçais qu'il promet à M. le prince , que cela faict, il lui portera tout le parti. Je sais bien qu'on a les restrictions, à sçavoir, qu'il se portera tousjours au bien de Testât; mais vous sçavés mieuix que moi si ce bien là est plutost du costé de M. le prince que la ro^ne. Pour moi, je ne le crois pas; le prétexte dn publique est beau; mais il se convertit tousjours en particulier: tes louanges de la fidélité des huguenots
A M. DUPLESSIS. 5o5
sont agréables I et les promesses de recognoistre leurs services plausibles; mais ces recognoissances serestien-
dront à leurs personnes, et non à leurs sincérités; ils seront ob]i|[és de n'approuver ung estât qu'en caressant les membres et ruynant le corps ; cela laict voir que la principale utilité qu'on en doibt attendre est celle que nous recevrons d'£spaigne et de la ligue durant le siège d'Amiens; à sçavoirqoe la peur de M. le prince fasse qu'on traicte favorablement les huguenots; et pour cet effect , il semble qu'on ne doibt attendre à fiiire les affiiires des huguenots que les leurs soient faictes ou iâillies. Vous sçavés que rassemblée est ac* cordée : on n'en presse pas la promptitude, afin qu'on ait loisir de se voir; mab advisës, s'il vous plaist^ que si cependant les affiiires de M. le prince se font , celles des huguenots ne s'en feront pas si bien. Si M. le prince succombe, il sera inutile; s'il vient au dessus de son affaire, il ne favorisera guère la continuation de Tordre des huguenots. Partant, il semble qu'on en peult espérer fruict ; que tandis qu'il menace , ei^cusés moi si je m'advance de vous parler de telles affîiires; je ne serois pas si hardi à l'endroîct d'ung aultre; car je croîs que tout aultre que vous se mocqueroit de moi; mais vous avés accoutumé de ne trouver poinct mauvais que j'use de ceste liberté ; et selon cela, je vous supplierai encore , si vous voyés qu'il soit besoing , de procéder retenuemeut en ce qui regarde M. le prince de se faire bien gouster à ceuk de deçà ; car les artifices de M. de Bouillon sont tels qu'il est à craindre qu'il engage insensiblement les huguenots; mesme il se sert de l'envie qtt*à M. Durant du trouble pour l'y faire pousser à la proue; après cela, je ne sçais , ce qu'il ne peult poinct^ veu la haine capitale qu U lui portoit , et qu'il
5o6 LETTRE, ei«.
monstre à quelques uns lui |K)rler encore. Je vous supplie, noosiMir, de §»der ceet par drranft fom^ eu sorte que personne du ibonde n'aye eognoîssanœ de ee que je vous mande là dessus : je vous dirai ^tcore ung mot de rambataad» d*Angietene ; eBes sefoit a»seareeà IL deRoha», »'îl vooHoitquW h^denandatl présentement. Il me mande quil la voukbroit , si les choee» s^adoulcissoient ; crois qu'elles sont assés adottleies par l'octroi de PmemUee pour demeurer jusques là en calme. Geste ambassade au lieu de dimi- BQcr sa creaBce , k lui augmeateroit à moa adm Toutes fois tovs sçat es nrietilx oe qui s'en pedt en suivre que moi , seulement je vous advertis de Testât de cet a&ire, et tous supplie d'y donner vos bons adfi» là où besoiag sera. Gepeadatit je pryerai Dieu , monsieur , vous besnir et conserver longuement pour le bien de saa Eglise de Paris., eta
Monsieur , vousaurës ▼euLaChesnaie, et s^ttlesuject pourquoi on Ta despescbé vers M. de Rohan et aSIeufls» Je crains qu'il desoenTre trop Valienalàon de M. de Rokin, et qa*il en iàsse rapport moins lavendik que nous ont faict les aultres. Je vous supplie d'adouleib ce qiM se peurra, et d'y apporter les remèdes as> eessairee^ soit du cesié de WL de Refaan, soil <hi susdict messager , s'il vous voit au retour. Ce sont choses superflues de toos mander Farvest de M. de VendesoM; Vostre humble et affeetiennee cottsine à vous servir,
Catherine de Parthbrai.
Du i5 febvficr 1614.
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