‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 122 sur 142 · CCXLIX. — * ADVtÇ · texte numérisé non relu

CCXLIX. — * ADVtÇ

Concernant la police qiÛil est très nécessaire estre estabUe entre les mesnies boulUtngers et le coni'mun peuple.

Sera considéré que pour empeseher le» lareîiis qui se commcstent ordinairement par les meusniers le change dudict bled au desadvantage 4e ceulx qui font mouldre, il n'y a moyen plus propre que d'esUiUir en certains lieux des villes , villages , bourgs , bourgades , certains poids aulxqueU toutes sortes et nature de graina que Ton vonldni 6ire mouldre j seront portés à ce poids , et prisés avant que f cstre délivrés au meusDier pour le convertir en farine , lequel meusnier sera teneu de le rendre à pareil poids qu'il Itoi aitra esté délivré, et alors son droict paye de sans que ledict meusnier puisse rien prendre pour la* dicte roousture , ni altérer ledict Ued.

lié profict peult arriver de ceste poliee et est^alissoment. C'est comme en est que tous cenlx qui aur ont à mouldre ne pourront estre trompés et desceus , parce qu'estant passés et rendeas< au poids , il est malaisé d'y commestre fraude et larcin.

Il sera aussi malaisé, et comme. impossible de changer le bWd y parce que k commia est contvosleur audict poids ; car amsi j appelle cenlx qui seront establis à la garde dudict poids, fera registre du bled qui sera pesé , et à qui il appartiendra , et la qualité d'icelui pour , s*il en tenoit feulte au change , le meusnier estre condamné à la restitution et en l aiiicnde , au lieu que ces choses se font en privé, et que lorsqu'il y advient

5o8 ABVIS.

malversation de la part desdicts meusniera Von zCea peult tenir raison.

Le profict qui en proviendra au roy, se tirera doublement ; Tung et le premier sera de six deniers pour le poids de chacung septier de bled , six deniefs pour chacung septier de blé froment ; quatre deniers pour le metâil, et trois deniers pour aultre moindres grains , comme seigle et orge.

Plus le roy tirera profict de la vente des controsleurs et officiers qui seront estabiis à tenir les poids, leur vendant en tiltre d'office ou domaine, et leur attribuant le quart ou le quint des profiets qui en proviendront, et dont ils tiendront bon ûdeile registre.

L'on pourra, ung' après i'establissement de cedict poids , augmenter le prix , et au lieu de six deniers en molttre huict , et ain^i à mesme prix , et revendre lesdicts offices, selon et ainsi qu'il sera trouvé bon par nosseigneurs de son conseil.

En façon qu'il semble que ce soit peu de profict de six deniers pour septier; neantmoins la généralité de cest establissement , supputé par ensemble, se trouvera monter à grande somme.

Ce dont je suis incertain , est de sçavoir le deschect , si deschect y a entreies poids dudict bled et les poids de farine, et ce qu'il convienl raisonnablement payer de droict au mousiin ; mais quand ledict advis aura esté trouvé raisonnable v c'est chose facile à sçavôir par aulcung de ceulx du mestier et de l estai.

# ACÎE DE REUNION. Sog

CCL.— ♦ACTE DE REUNION If entre MM. Desdiguieres , de Rohan ei Duplessis,

Nous soubsignës , sur la proposition qui nous a esté'

faicte par MM. de Rouvray et de La Miiletiere, Dumoulin, Durand et de Tlsie Groslot, de la part du synode national dernier teneu à Privas, de TOuUoir entendre k une sincère union, et donner au bien commun de nos Eglises, nos interests particuliers par ung oubli de toutes injures passées , promettons devant Dieu de nous départir de tout ressentiment, aigreurs et animosités envers quelques personnes et pour quelques causes que ce soit, les aimer, honorer et chérir chacung selon son degré sans avoir aulcune soubvenance du passé , et lulx occasions qui s en présenteront leur rendre toutes sortes de tesmoignaiges et d'effects de bienveillance et d^amitié autant que le debvoir de vrais chrestiens et fidelles subjects du roy le requiert, protestans de ne déférer rien plus que de voir par une bonne union et concorde de tous , le règne de Dieu advancé , et nos Eglises jouïr d'un grand repos soubs la 1res bumble obéissance de leurs majestés, et observation des esdicts de paciCcation , promettons en oultre de nous employer de tout nostre pouvoir à ce que rauctorité de nos synodes ne soit infirmée, ni nostre discipline enfireincte, et ne favoriser ni prester aulcune assistance aulx per* sonnes ou Eglises particulières qui vouldroient par moyens inusités et préjudiciable s'exempter de l'union et conformité de dootrine et discipline receue en nos dictes Eglises , en foi de quoi nous avons signé la pré* j»ente, etc.

5io

CCLL — LETTRE

De M. le preûderU Jeannin à M. Duplessù.

MovsxEua, vou&&eré6 adverti par le& ieltres que ia royne a donné charge de vous escrire des mesconteo-

leinens de ceste court , qu'aulcungs estnucuL debvoir estre cause de quelques mouvemea» eu ce rojaulme 9 ce que toatesfois je nestûne pas, sa majesté n'ayant donné aulcung juste subject à qui que ce soit de troubler la tranquillité publicque, de Laquelle uog chacung jouit heureusement , et dont nous nous rendrions indignes , si ne venions plutost à remercier Dieu , de ce quil lui a pieu la conserver par sa seule grâce > qu à essayer de la troubler par impn&denoef ou meschanceté. Elle n'oubhe rien aussi pour frire retourner ks princes qui sont absens de oeste court, et leur donnera volontiers toutes sortes de contentemens , pourveu qu'il n'y ait rien 4»»itre rauelorité el dignité du roy, ou le bien du royaulme. Elle sçait bien encoie qu'on faict courir plusieurs mauvais bruicts sur ce sttbjeet, que les gens sages irecognoiitront biaatost estre mal fondés et sans apparence. Les lettres qu'en recevrés vous en esclairciront oueul^ Vous estes si plein d'intégrité et de piruden<|e » 'que «sçauras bien dis* cerner le vrai d'avec |e faulx , et mettre «de TeaM sur le feu pour Testeindce , ^u lieu d'huile pour Tallumer, On se sert envers les eiju'itsfoibles du mÉria^ d'Ëspaigne, pour leur frire craipdre qu^oki veuille entreprendre de les rujner : combien que les auct^rs de ce mensonge sçavent le contraire , et ne croyant pas eulz mesmesee qu'ils essayent de persuader à aultrui. Le manife

A M; DUPLESSIS. Sfl

d'Angleterre , qui sera bientost concleu ^ Dieu aidant , ostera ce pret.exte d*£spaigne à ceulx qui s'en veolient servir peur mal faire, vous poirvani ^lire qu'il est de^jSL si avancé, qu'à mon advis il n'y a rien qui en puisse erapeseher l'exécution. Vous m'avés escnt pln^ sieurs fois et sagement qu*il estoit besoing de pourveoir à quelques articles des cahiers de ceulx de la relligion qui sont demeurés indécis. Je n'^n voys à présent que lieux, l'ung de l'exemption des ministres,

dont la déclaration avant esté refusée en court des aides ; enfin , après plusieurs jussions , sa i^aje^té en a envoyé une finale , avec déclaration si expresse de sa, volonté, outre laquelle M. le chancelier, assisté de trois ou quattre 4es anciens du cpiiseil, en a aussi parlé ' avec si grande efficace à aulcungs présidons et conseillers de ladicte court , que nous en attendons à ce coup le fruict et i efiect , et croyons mesmes que cela sera cause d'srvancer^ et fortifier la poursuite des eccle» siastiqu€s qui font la mesme demande pour leurs bi^ns patrimoniaux. L'aultre article estoit pour l'attestation des minitlm, sur quoi quelque ^pedient a esté pro-posë, «kK[iiel, à mon advis, tes ministres demeureront contens, et les catholiques n'en seront pomcL offensés; (o'esi qu'ils mettent en leurs iittestalions: Qu'Mêet minière de fia pemk de 'Diett -èn f Eglise establie en tel lieu en venu de Vesdit de liantes , ceriffie et^ififtoM ^u^Mng^ tel est delà qmUtéfmiee par PeséUet Le iàict d'AiguissMoi^es est aeodmmiodé en faveur du sieur d'Arambure ; et pour M. de Berticheiè, la neyne désire lui donnetr telle recompense, quil aura ocoasion :d'en estre montent. Leurs majestés dissimo* lent autant qu'ils peuvent , et plus que leur dignité ne leur debvroit permettre^ ce qui est^veneu à J>ïismes»

5ia LETTRS,«te.

Si nous sommes misérables que de perdre le repos , dont on a joui depuis la mort du feu roy juscjues à présent, j*estinie que ceul& qui Tauront commencé s'en repentiront les premiers; car il n'y eust jamais mouvement destitué de tout prétexte ^ si celui ci ne Test. Vous serés adverti des premiers , monsieur , de ce qui se passera en ceste court, afin que vous employés vostre talent pour fortifier les gens de bien , et esciaircir de la vérité ceulx qu'on veult tromper, etc.

Du i*'febvrier i6i4.

ce LIL — LETTRE DE M. DUPLESSIS

M. le président Jeannin.

IMoNsir.UR, j'ai receu celle qu'il vous a pieu m'escrire du premier du courant; mais non encore la despesche, dont il plaist à la foyne 'm'honorer sur ces fascîieuses occurences , encore que nous soyons au douziesme , sur quoi je vous dirai en attendant^ que nous ne les voyons pas en ces quartiers jusques ici suivies de grands mouvemens, parce que d'une part, que semblables male»lendeus se sont veus ci devant, que la prudence de la royne a sceu heureusement com* poser , laquelle ne lui peult manquer en pareil subject, assistée qu'elle est de la longue expérience de tant de grands personnages ; d^ Tanltris aussi , panse que mon* seigneur le prince est attaché de tant d^tnterest au bien d^cest estât , les princes aussi et seigneurs qui l'assistent, obligés par tant de liens au service de leurs majestés ; que si par le malheur de quelque mescontentement il s'en eschappe quelqu'ung , il en demeure tousjours beaucoup d'entiers» capables de retenir ces mou*

LE1HŒ DE M. DUPLESSIS, eic. 5l3

vemess dedans les termes. Je veuk donc espérer, moiisieur, que le voyage de M. de Vantadour et de M. de

Boissise vers monseigneur le prince y frapper. i coup, et en prye Dieu de tout mon cœur. Cependant sur les poincts que vous avés pris la peine de me toucher en la vostre, je vous parlerai selon ma franchise et la vostre. J'ai tousjours creu que la royne avoit esté portée au mariage d'Ëspaigne, principalement pour destoumer tout ce qui pouvoit traverser la paix de Testât pendant nostre minorité, quoi estant, je n'ai aussi doublé qu'elle n'ait bien sçeu reserver par devers soi les temperamens et contrepoids requis, pour ne se laisser poinct emporter aulx intentions d'aultrui , au préjudice de la sienne très saine et salutaire. De tant plus, qu'il est tout évident que le trouble de quelque part, et soubs quelque prétexte qu'il puisse venir, bazarde Fcstat, esbranle son auctorité, et iaict tort à la gloire qu'elle a acquise par toute la chrestiente d'avoir après un g coup si effroyable , capable d'esgarernos esprits, reteneu toutes choses en paix; mais certes, monsieur, j'eusse fort désiré, et m'en suis rendeu quelquefois importun , que pour prévenir, et les mauvais bruicts dont vous vous plaignes, et les sinistres impressions qui meritoient précaution, on eust faici marcher de mesme par Fexecution des choses promises à ceulx de la relligion, et la réparation des griefs par eulx pretendeus, parce que ces longueurs , qu'il est aisé de faire interpréter à artifice , ont iaict croire à plusieurs qu'on les vouUoit jetter en une impatience <^ui leur donnast le tort du trouble , dont après on eust subject de porter les affaires à leur ruyne; joinct que d'ailleurs on n'ignore poinct en quantes façons vous estes pressés du coste de Kome, encore que les plus clairvoyans

5l4 LETTIŒ D£ M. DUPLESSIS» etc.

. s^achent bien que vous estes trop sages pour mettre

Testât en péril à Tappelit de qui que ce soit; mais vous sçavés bien considérer, monsieur , que les peuples s'attaeheilt bien souvent plutost au vraisemblable qu'au vrai, qui sont esloignës de la lumière de vos actions, et n'entendent pas les complications de nos maladies, qui tous obligent à tant de divers respeiets, pour à quoi parvenir j 'a vois tousjours pressé ce remède , et en vouldrois avoir racheté Facceleration et de mon sang et de Aies ans , etc.

Bu 12 febvrier i6i4»

GGLIII. --LETTRE D£ LA ROYN£

ji M. Duplessisi

M. Duplessis , je ne me suis poinct hasiee de vous escrire sur le subject du partemeut de ceste court de mon uepveu le prince de Condé et des aultres princes , qui en mesme temps se sont aussi retirés , d'autant que mondict nepveu ayant pris congé du roy , monsieur mon fils et de moi , avec promesse de revenir toutes et quantes fois qu'il en serôit requis pour le bien de son service , et les aultres ayant faict le semblable ; j'ai tousjours creu que cet esloignement estoit plutost pour visiter leurs maisons, et se donner le plaisir de la chasse pour quelque temps { c5mme mondict nepveu et les aultres ont iaict souvent ) que pour auicung aultre dessin g. Neantmoins, ayant appris plutost par

braict commun que par auicung aultre advis, que j'aye eu de leur part, qu'ils monstrent avoir quelque mescontentement 9 j'ai faict ce qui m'a. esté possible pour m*eu esclaircir plus païuculierement, et avec

LEXTAK I>Ë LA KOYNËi «t«. 5 1 5

d autant plus île soiiij^ , que je crois qu'ils en ont moins de suJbject ; car s'ils se plai|;iient pour ce qui est de * leur interest particulier^ je puiâ dire avec rerité que mondict nepveu et tous les auitres priaces ont tousjouis autant esrté bien veus, caressés , accueilli» et honorés par le vùy mopdict sieur et fils et par moi ^-qu'ib le sçauroient raisonnablement désirer; et pour ce qui touche raduimi&Uatioa des aflai|'e$ ^ oultre que par la forme ordinaire que nous y observons , tous les priiices , ducs et officiers de la couronne sont admis aulx conseils qui se tiennent pour cest effect \ il est bien cer* tain qu'il ne s'est proposé traicté, ai negotié anl** cungs affaires importans que iesdicts princes, et spécialement mondict nepveu, n'y ayent.tousjours esté appelles, et ineaiDes qu'ils ont esié souvent, différés ét remis pour attendre leur eomaiodité et présence, et davantage pour la distributioii des grâces et bien^ fiucts ehacung d'eulx en particulier ; et tom eeulx qui ont eisté recommandés de leur part , en ont receo de si bons, avantageux, et utiles effects, qu ils n'auroient raison de s*en plai|idre ; si puis après il est question des afiaîres genèraulx , elles ont esté adniinîstrëes depuis la mort du feu roy monseigneur, de telle sorte qu'il se pealt jvoognoisire, qiîe nous n'>aven$ rienob- «nîs'de ce qui pouvKatt servir au bien , grandeur el re* / putation de ce&te couronne , ayant pris le soing pour ie defators de eons6rv«r les amitiés /et aliianoes d'icelle avec tous les princes et estais Toiritrs; ce qui , par la grâce de Dieu, nousa succédé si heureusement, que iamais elles nef eurent en meilleur estât ; et pour ce qui est du dedans dm royaulrae^ ayant donné ordre , comme cliacung scait, à faire observer soigneusement ions les edicts de pacification entre les subjects du roy.

5l6 LETTRE DE LA ROTNE

monsieur mou ilis, et de maintenir et conserver tousjours entre eulx une bonne paix , repos , union et trànquillîtë. Ouhrê que j*ai apporté tout ce qui estoit en j mon pouvoir pour le soulagement du peuple , et puis dii*e en avoir eu tant de soing , qu'encore que nous ayons esté chargés de grandes et excessives despenses, neantmoins i on n'a faict aulcunes levées ni impositions extraordinaires , et qu au contraire il se trouvera qu'elles ont esté diminuées en plusieurs occasions , et davantage ^^oas avons mainleneu et conservé tous les auitrcs ordres et estats chacung en leur auctohté et fonction accoustumee, tellement que je ne puis cognoislrc quel véritable fondement lesdicts princes ni auitres puissent prendre de se plaindre , ni pour le général, ni pour le partiulier; neantmoins conside* rant bien que ceste retraicte avec ces tesmoignages de mescontentement, et les bruicts qui s'espandent, et augmentent à ceste occasion , pourroient produire de mauvais efFects dans les provinces au préjudice du repos public f j'ai désiré prendre sur ce les moyens les plus convenables pour y remédier, et pour cest effect, ayant -faict assembler les priiices , ofBcîers de la cou-ronne , et principaulx du conseil qui sont près de nouSf j'ai resoleu par leur ad vis d'envoyer mon cousin le duc de Vantadour et le sieur de Boissise , conseiller au conseil d'estat du roy, monsieur mon âis, vers mondict nepveu le prince de Condé pour le convier et pryer de revenir près du roy^ 'mondict sieur et fils et de moi , pour y prendre et tenir le lieu et !e rang, qui est deu à sa qualité , et nous y donner ses conseils et assistance sur toutes ces occuï^rences, mesmes sur les grands et importans affaires que nous avons sur les J>ras , à quoi j'espere qu'il se resouidra à leur arrivée

A M. BUPLESSIS. $17

auprès de lui, suivant la promesse qu^il en a faicte à son partement; et en suite de ce ,.pour monstrer clairement la vérité et sincérité de mes actions passées , et rechercher les voye^ qui sont les meilleures pour don* ner ung bon ordre, et affermissement au bien de cest estât pour Tadvenir, mesmes sur l'entrée de la majorité du roy mondict sieur et fils, l'ai aussi estimé à propos (le faire faire une convocation des principaulx de tous les ordres et estais de chacune province de ce royaulme pour en faire une notable assemblée 9 en laquelle ion puisse prendre ies resoleutjons convenables à la dignité d'iceile , et au subject pour lequel nous la ferons convoquer. Cest ce que je puis vous escrire pour le présent sur ces occurrences , sur lesquelles j'ai faict une despesche aulx principales villes de ce royaulme j. pour leur mander de se tenir sur leurs gardes, et pourvboir qu'aulcunes praticques, et menées contraires au service du roy, mondict sieur et fils et à leur repos, n'ayent lieu en icelles, et que personne n'y entre le plus fort, dont j'ai vonleu aussi vous adver-

tir, afin qifà Saulinur vous donaics Tordre que vous jugerés nécessaire pour cmpescher , et prévenir toutes sortes de mauvais evenemens , et maintenir un chacung^ en l'obéissance et fidélité, qui est deue au roy, mondict sieur et fils, soubs l'observation de ses edicts , aûn que son auctorité royale soit conservée, et que se» Sttbjects , tant de Tune que de Taultre relligion , demeurent en paix et union, comme ils ont toute occasion de le désirer tant en gênerai qu eu. particulier , et que je m'asseure que vous procucerés; ainsi que je vous en prye et m'y attends, en tout en qui despendra de vous , à qui le sieur de La Ghe&naye , que j'ai vouleu rendre porteur de ces lettres , fera plus particulière»

5i8 LETTRE DE LA ROYNE, etc.

ment entendre tout ce qui se passe de deçà, et les resoleutions que mms prenons, suivant la charge que je lui en ai donnée. M'en remettant à lui, je prye Dieu qu'il vous ait, M. Duplessis, en &a saincte gardb, etc.

Ou is febvrier i6i4-

A M. Rwet,

MoirsiEua , j'ai receu les rostres An 7 et du g et du

16*^ avec celles de M. de Loumeau, où je n'apprends pas que les aflaires amendent à La Rochelle. J'ayois ces jours passés une, grande lettre de M. le président Jeannin sur tous ces remuemens, à laquelle j'ai faict response par HL 'de Villarnould s'en allant en Bourgoogne, et n'y ai rien oublié des faultes passées. Il m'y faisoit mention d'une plus ample despesche de la royne , que je reoeu hier par le sieur de La Chesnaye avec une créance de tout l'estat des choses, et des remèdes qu'elle se resoiik d'y apporter: ce qui seroit long à vous discourir. Le tout revient là ; que Dieu lui est tesmoin qu'elle a frict tout ce qu'elle a peu pour contenir les choses en paix , et càntenter chacung en son degré ; qu'elle fera encore tout ce qui sera en elle pour lever ces mescontentemens , nommeement en ce qui est de monseigneur le prince, vers lequel à ceste fin elle auront despesche M. de Vantadour et M. deBoissise; et pour les defenlts qu'on pourroit prétendre en la conduicte de Testai , est resoleue à la convocation d'irne assemblée des plus notables des trois ordres an toutes les provinces du royauime. Cependant est arrivé que M. de Vantadour, estant en chemin, a sceu que M. le

LETTRE DE M. DUPEESSIS, etc. Sig •

piipcei parti de Ghasteauroux, a passé à Gien avec trente cuirasses , s'en allant an rendéi-rous comman en

Charapaigne en ia ville de Fisnies, où su trouvent MM. de Nevers , Du M^ine et de Bouillon. M. de Lpngueville aussi parti de Paris la nuict sans dire adieu , cause qu'on a baillé des gardes à M. de Vendosme , et qil'on prend ordre contre tous ioconyeuieos ; sçavoir , en advertissant toutes les provinces et villes , mantlant la cavalerie, oidoaiiani los recrues des regimens, et despescbant en Suisse pour une levée de 6,000 hommes en deai^ regimens, l'ung de ceulz de la relligîon, et Taultre des catholiques romains , et iiisLi uisant les estats voisins et alliés de tout ce que dessus. Parn^i tout cela, on promet contentement à nos députés

mesmes au subject de rassemblée générale , et en la response que je tais présentement à ia rpyne par la poste, je fris une recharge , que j'espere qui viendra à propos. M. du Prat a esté trois jours ici, et en est parti bien instruit. Ledict ^euir de La Ghesnaye prend son cbemin à Ghinon , Chastelerault , Poictiers, S^inct Jehan d'Angely et Brpuage, etc.

Du 17 febvrier 1614»

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