‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 125 sur 142 · CCLIX. — ^LETTf^E · texte numérisé non relu

CCLIX. — ^LETTf^E

De m, FandermUle à M* Duplessis.

Moirsisua > il y a cejourd'hui huict jours que je suis arrivé en ceste ville. Messeigneuts les estats generaulx

lies provinces unies des Pays Bas, m'ayant commandé de venir trouver leurs majestés de leui^ parts, et de les asseurer de la sincérité de leurs affections et services envers leurs royales personnes, bien en repos de leur royaulme, et cela en conformité de ce que, par ci devant d'aultres légations extraordinaires , mesdicts seigneurs en nvoient faicts des leurs, tant au feu roy, de glorieuse mémoire ) qu à leurs majestés mesnies; en oultre pour supplier leurs dictes majestés , afin que les troisième mille livres qui lestoient à payer sur Tan-

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née 1 6 1 3 fassent fournis , et que pour ladvenir , il pleut à leurs majestés de donner ordre que les deux régimens françois et les deux compagnies de chcvaulx estant en Provinces Unies, y puissent continuer, et pourvoir en temps de leur payement , sur quoi il a pieu à la royne rae faire sçavoir, que pour le premier poinct on donneroit ordre que présentement ladicte somme feut fournie , et quant à l'entretenement des re« gimens et compagnies de chevaulx, que leurs majestés, pour tesmoigner leurs sincères afTecUons au bien des « affaires de mesdicts seigneurs , estoient contentes d^entretenir pour ceste année encore lesdictes troupes , et qu'elles commandoiént qu'en temps le payement en seroit fiiict. Voilà , monsieur , la principale cause pour laquelle je suis ici envoyé extraoi dinairement , attendant ung ambassadeur ordinaire de la part de mesdicts sieurs, qui me viendra bientost relever pour desservir ceste charge en la place du sieur Aersens, qui est à ceste heure en Hollande. Je n ai voulleu £ûUir de vous faire part de ceci, et pour mesme moyen vous prye d*adviser, monsieur, si durant mon séjour en ceste ville vous méjugés capable^de vous servir, de me vouloir honorer de vos commandemens. Je ne vous dirai rien des affaires qui passent ici , comme celui qui sera très aise d'avoir le bien d'en estre informé par vous et entendre vos sages jugemens, sur les desseings de M. le prince et M. de Bouillon; singulieremeiit ce que jugés sur ce qu'en la lettre escrite à la royne , / M. le prince se souvienne de ceulx de uostre relligioo. Quanta Testât des Provinces Unies , je l'ai laissé, grâces à Dieu, en très bonne constitution pour le public. Mesdicts sieurs les estats entretenant encore présentement a,86o chevaulx, i6o dragons, 26,648 hommes

A M. DUPLESSIS. 5a5 de pied ; tout cela sans les deux regimens, et deux compagnies de cavalliers francs , qui sont entreteneus et payés par leurs majestés , et par dessus tout cela , tient on encore en bon ordre près de 3o navires de guerre pour Tasseurance des marchands et seureté de la mer, par dessus les lorces qu'on a aulx Indes; vous pouvant asseurer, monsieur, que tout cela que dessus est bien réglé et discipliné ; de sorte que vous voyés par là , grâces à Dieu , que nous ne nous endormons pas en nostre refeus , n^ vouUant poinct laisser naistre « par nostre nonchanlance, Tappetit à nos ennemis pour nous surprendre* Les questions theologiques qui ont donné de l'exercice à nos ministres et docteurs com> mencent ung peu à s^allentir, tellement que je m^ose promettre que pai* le prudent gouvernement de messieurs les estats , nous verrons bientost cesser ces aigreurs. Monsieur Telecteur et madame relectrice , princesse de la Grande Bretaigne ont faict requérir messieurs les estats et M. le prince Maurice , pour estre tesmoings au baptesme du jeune prince /qui se fera Je i6 du mois prodiain , a^ aut esté députe pour y aller de la part de mesdicts seigneurs. M. le prince Henry partira bien accompagné , pour cet effect, de La Haye , le li.dudict mois, etc..

Du 24 febvrier 1614.

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