GCLVL—'V' LETTRE DE M. LE PRINCE
. ji M. Duplessis,
MoNSTEUB«, j'ai uog extresme regret de ne pouvoir avoir l'honneur de vous voir à mon retour d'Anjou.
J'envoio ce porteur exprès vous faire part de ce qui se passe , et des justes raisons qui nous ont meu de nous plaindre du mauvais gouvernement des af&ires. J'es* pere que connoissant la faction espaignole prévaloir à la court, et les armes se prendre, que cela donne tout subject d'alarme que Ton veult opprimer la maison royale, et particulièrement ceulx de la relligion dont vous estes des premiers et plus considérables. Aidés moi donc à faire cognoistre Tinterest commun que ceulx de la relligion ont à ce bel armement ; et en particulier, aidés nous de vostre assistance, c'est le service, du roy,> le but de tous les grands-, Tavenement de vos. affaires ; ne soufTrés oppressions , et croyés que nous sommes en estât, que désirant la paix, et par très humbles remonstrances vouUant pourvoir aulx desor*dres, neantmoins nous ne craignons la guerre, espérant par leurs injuste procédure mettre Dieu et les serviteurs du roy et bons françois d^une et d'aultre relligion pour nous , etc.
Du ai febvrier 1614
ccLVii. lettré;.
De M, le marquis de Brandemboiirg a M. Duplessù.
HojfsiEUR, n*ayant jamais eu rîen tant en affection
que d'assouvir Timpatience que j*ai de voir et comprendre particuliere^ient ce qui &e trouve de rare et singulier en France, je me suis mis en chemin tout
aussi tost que je suis parti de Sanlmur pour voir les provinces d'Anjou , BreUigne, Poictou, Rochelle, Sainctonga« Gascogne, Languedoc, Provence, Forest, Bouihonnois; ce que j'ai faict par rassîstance de Dieu, avec autant de bonheur et succès que de contentement,' en quoi j'eusse voulleu recouvrer le temps |)assc par soigneux emploi du présent, i^'eust esté Tincommodité de Thiver, qui a rompeu^mon intention de passer oultre ; de sorte que je me suis airesté à
Bourges, d'où je n'ai jjas voulleu manquer de vous faire paroi$tre par ce petit mot dç lettre, combicA vostre affection, qu'avés montrée très suffisamment en mon
endroict, m'a donne du contentement, et combien je désire la continuer, et augmenter jusqu'à ce que je puisse montrer par effect que je suis ^ etc.
De BliANPEMBOlIBG.
Du ai febvrier 1Ô14.
GCLVIII. — ^ LETTRE
De M. de Bouillon à M. Duplessis,
MoNSi£UK, vous verres la despesche que monseigneur le prince vous faict , par où vous sçavës ce qui
nous est arrivé par une perfidie très grande. On a ad-
vis de leurs délibérations à armer; vous verres la lettre qu'on a escrit , Tiaierest qu^ ces princes prennent à la conservation de nos edicts, et celui du mariage d'Es^ peigne. Quoiqu'on dise à Paris que nous sommes en bon estât pour n'estre surpris , et si poussant leurs injustes armes , ils nous trouveront des forces en main suffisantes de leur faire demander raison de ce qu'ils nous y aurons contraincts. Je n'ai peu csloigner ces princes, ainsi que le pourra vous dire le sieur Desma** rets. M. Lesdiguieres m'a mafndé de vous envoyer quelqu ung , suivant ce que je lui avois escrit de Paris ; M. de Pommerai y pourvoira ; unissons nous bien , et fiiietcs sentir ces choses où nous avons interest, et vous as3eurer, s'il vous plaist, de mon service , etç.
Du aa febvner 161 4*