CCLXIV.~-V^ LETTRE DE M. DE CHASTILT.ON
J M* Duplessis.
Monsieur, je n'ai vouUeu manquer de vous advertir de mon pertement vers Languedoc ; j'y vais restablir le sieur d^Arambure dans son gouvernement. Je vous conjure de me donner advis, déférant de tout k vostre prudence, de la fiiçon que j'ai à me conduire en Geste action , si vous prenés la peine de fn'ea escrire. Envoyés la lettre , s*îl vous plaist , à M. de Pommeray, qui me la fera tenir seurement » L»an- , gnedoc. J'ai dict mon ressentiment an sieur de La Fin pour vous le dire; reformés les, ou y adjoutés selon que vous croirés à propos, je remets au présent porteur, confident à vous dire aoltres choses, etc.
Du a mars x6i4-
A M. DUPLFSSIS. 535
CÇLXV. — ^ LETTRE D£ K. DË SEAUS
jdf M, Dupkssis.
MoASfcoB, vous pourri recognoîstre, par la m«*
porise que vous faict la royne, que œ que vous lui avé» escrit par vostre dernière , touchant la resolusicm des affiiîresy que vous jugés demeurer trop long temps indécises, n'a pas esté nesgligé, oultre le tesmoîgnaige que M. le président Jeannin vous en a rendeu par ses lettres; mais pour vous en asaeurer encores dadyantage, je vous dirai que j'ai parlé sur ce subject, non seulement à M. le chancellier et à ceuU qui sont chargés desdictes affittros, mais aussi à vos députés gcneraulx, pour sçavoir au vrai ce qui estoit désiré, 4'estat auquel elles estoient, et ce qui s'y pourroit faire, et que j ai trouvé que oalle d'Aiguesmortes, qui est sa principale, esl terminée; en sorte que vos députés en sont contens; que Ton est après à leur donner occasion de lestre, en ce qui est de Texemption des niinistres. M. k chanfieiliar en ayaot plusiours fois conféré, et m'ayant asseuré qu'il en conférera encores avec ceulx de la court des aide$, qui y font des difûcultes, afin <de tmivor quelque bon a^tpedient pour en sortir , comme on se promet de fiùre ; mais comme en cela aussi bien qu'ep ce qui est du mot de pretendeus, aubt attestations des mesmes ministres, Ton n'y peuk ntm fiûve qu*avec le consentement des corn* paignies qui bien souvent plus Ton leur envoyé de jussionsy et plus elles se heurtent à leurs premières délibérations, il &ult, avec le temps, et par eonfe^ rence, obtenir ce que i ou desiie , et ne pas juger de
536 LETTRE DE Bl DE SEAUS
ce qui dcspcnd d'elles, comme ce qui est du coramaudement, et de la seule auctorité de leurs majestés « ainsi que vous le sçavés mieuiz que moi , qui n'ignoi^ pas que c'est tousjours de la longueur et beaucoup de peine à ceulx qui poursuivent ou attendent; mais puisqu'elle est inévitable, il n'y a pas d'occasion de s'en plaindre , ni fascher et moins de la mal interpréter. Car ces mconveniens ne peuivent tomber qu en celle qui seroit affectée, ou estimée telle, et il est bien raisonnable d'empescher ceste opinion quand . elle ne pourroit estre conforme à la vérité. Quant aulx entreprises que lesdtcts députés se plaignent que les maistres des requ estes font au préjudice des chambres mi parties , M. le chancellier m'a aussi asseuré qu'elle n'auroit plus de lieu, et qu'il j pburvoiroit; et pour le faict Ton enverra quelqu'ung sur les lieux voir en quoi consiste la demande des habitons, quelles murailles ils désirent, et à son retour Ton y prendra aussitost une bonne resolution. Je ne vous parle poinct du lieu, qui a enfin esté donné à ceulx de Yassy, ap'res plusieurs difEcuJtës, ni de quelques aultres petites aflàires qui ne sont pas, ce me semble, pour estre mises en compte, et me contente .de vous avoir rendeu celui ci, comme j'ai creu y estre obligé par vostre despesche , à laquelle je ne ferai plus longue response que pour vous donner part en resperancc qu'il me semble que Ton a ici , qu'il succédera quelque chose de boîi du voyage de M. de Thou. Je crois qu'elle est en partie fondée sur l'affection que chacung sçait qu'il a au repos public et au bien de cet estât, et prye Dieù qu'elle fasse la rencontre que les gens de bien souhaitent, etc.
Du 3 mars 1614.