ORDONNANCE
desdicts lieux soubs l*auctoritë et obéissance de sa ma-* |e8të; en jugeant estre de besoing pour cet efTect, de pourvoir aussi qu'il ne se tire d'icelles aulcunes armes, poudre , et aultres munitions de guerre; sa majesté &ict * très expressément deffense à tous les gouverneurs ^ capitaines et habitans de laisser souf&ir, ne permettre estre tiré, distraict, enlevé et emporté sans sa permis* sion et commandemens exprès, soiibs quelque prétexte que ce soit , aulcune poudre , armes , ou aultres ' provisions et munitions de guerre , et sera la présente ordonnance envoyée aux susdicts gouverneurs, capitaines, CQmmandaus, et habitaus es dictes villes et places , poiir y estre publiée et estroictement gardee«
Louis. Eê plus bas^ Potier.
Du 4 mars 1614.
CGLXX. ORDONNANCE
Du roj corUeaanl dejje.nses de faire levées de gens
de guerre*
De par le roy , defTenses très espresses sont faictes à tous les subject^ de sa majesté de quelque estât, qualité et condition qu'ils soient de lever ou assembler aulcungs gens de guerre, de pied ou de cheval, et de tenir la campagne , sans avoir pour ce fidre commis-* sion expresse de sadicte majesté, et de mesme est deffendeu à tous ledicts subjects prendre et recevoir paye et âppoinctement , s*enrosier, ou aultrement s'engager ou entreprendre de porter les armes pour, et avec personnes quelconques, que pour sa majesté et le service d'icelle, et ce soubs la charge et conduicte de ceulx. là, seuls qui auront lesdicles commissions ou
54a ORDONNANCE.
aultm légitime» pouvoirs et charge eiipresse d'ioelles,
et est enjoiiiot très expressément à tous prevosts des inareschaulx , ou leurs lieutenans s'opposer aulxdictes levées et essefoUees^ inforoiei^y décréter et proccder
COfttre ceulx qu'ils sauront nvoir attenté contre les présentes deffeases, et ce par la voye de rigueur des Qpdoananoes, comme contre orimioel de leca majesté^ et perturbateur du repos public; et en cas qu'ils leur soit faict résistance et rébellion, leur est permis courir sua anU eontrevenans et iea tailler en pièces^ et à mesme fin, selon la nécessité et le bcsoing qu'ils auront de plus grandes forces que de leurs compagnies , pour empescher lesdictes levées et assemblées, et faire obéir aulx susdictes deffenses, sa majesté leur a aussi permis, et permet d'assembler les communes et s'aider, ^t prévaloir de leurs secours et assistance, à ce que ses volontés et commandemens soient exécutés comme il appartient, et que le bien de son service et la tranquillité et seureté publicque le requièrent; et à ce que personne n*en prétende cause d'ignorance , ordonne sa majesté aulx gouverneurs et ses lieutenans generaulx, aulx gouverneurs des provinces, comme généralement à tous ses officiers qu'il appartiendra chacung en droict , soit faire publier, et très estroictement garder et observer la présente ordonnance par toute l'etendene de leur charge, et s'employer enlx mesmes de tout leur pouvoir, et avec ce qu'ils auront de force pour l'exécution entière dHcelle, etc.
Louis ; et plus bas y Potier.
Du 5 mars 161 4>
LËXXaE DE M. D£ VilXËKOY, etc. $43
CCLXXL — ^ LETilŒ Bh AL DE VILLEROY
^ madame la duchesse de Longuevîlle,
Madahe, m. Farchevesque d'Aulx, revenant de Meziere , oii il a eu l'honneur de vous voir , ma dict^ à son arrivce en ceste ville^ «pie tous avés encora quelque soubvenance du service très humble que j'aî voué de tout temps à vostre personne et maison ç de quoi je nai voulieu di£brer dadv'antage à vous rendre grâces très humbles , et par niesine moyen vous supplier de croire que j'ai ci devant reudeu quelque preuve de mon afFeciion à vous lionorer et servir. Je désire continuer en ce debvoir par toutes sortes d« moyens qui me seront possibles, avec plus de pas- . sion et de soing que jamais. Je ne vous dirai poinct ' quel est le regret que j'ai de voir ce que je 'vois , tant pour les considérations pubiicques que pour les particulières; car je me promets tant de vostre bon juge* ment et de la cognoissance que vous avés de mes actions passées, que vous ne doublés poinct de mon ressentiment en cela* Mais je prendrai la hardiesse de vous présenter de nouveau sur ses actions moa très humble service, et mon obéissance à vos coinmandemens, afin qu'il vous plaise d'avoir de moi la mesme confiance et créance que vous avës tousjours eue, et que j'ai peine de vous tesmoigner en toutes occurrences. Je sçais que vous pouvés grandement aider et servir à composer les afibires qui se pre-. sentent, le violent cours desquelles, si par quelques grâces de Dieu n'est bientost arresté, nous abismera tous en des qualités et missions plus grandes que les
' 544 LETTRE DE M. D£ VILLEKOY, etc. précédentes , autant malheareuses pour les ungs que
pour les aultres. Je ne prétends à présent m accuser, ni justifier personne; mais je sçais bien, s'il vous plaist employer vostre auctorité et créance envers ceulx qui ont pouvoir de nous deslivrer de ces malheurs, que ce ne sera infructueusement, et que vous ferés chose très agréable à la royne, honorable et utile à vous et à M. vostre fils. S'il vous plaist donner ce secours au public, je me mettrai en peine de vous seconder et servir oh mon pouvoir s'estendra. L'on inous a dict ici que vous avés changé de place plusieurs fois, depuis quelques jours. Il ne tiendra quà TOUS que n'en jouissiés d'une permanente et digne de vous , qui est celle de la bonne grâce de sa ma* j£sté, etc.
Du 5 mars i6i4* -
Fllf DU TOME DOUZIÈME,