LXIII. — ^ L£Ti⣠D£ M. D£ LOUM£ÀU
ji M. Duplessis,
MomiBiTR, quoiqu'on travaille, je ne vois pas les
choses disposées au bien. M. le procureur du roy, tout ouvertement, se porte pour chef des bourgeois , et y a quelques uTigs des officiers du roy joincts avec eulx; tels se vanlent d'empescher les brigues accoutumées en la mairie, et particulièrement à ce que je puis juger que M. de Mirànde y entre, pour 'avoir, disent ils, trop demeuré et faict des cognoissances à la court. On filict courir le bruict, contre toute apparence de vérité, que la royne a escrit à M. de Loudriere qu'elle estoit advertie que M. De&herbiers voulloit estre maire ^ lui defifendant expresseemeut de Taccepter; sur quoi on faict encores cabrer le monde. Toutesfots les gens de jugement ne croyent ceste lettre, sçachant que M. Des- Herbiers ne sçaittroit mesme briguer, d'autant qu'il est encores comptable et redevable à la ville pour Tadmi- MiM, SB Dvri.Efiii-Moair4T* Toiim xti. I O
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nistratioîî du petit hospital. En ung mot, je vois plus de subject de craindre que d'espérer de la part des hommes. Mais raffaire de ce livre de M. Tilenos est plus fascheux et ung empeschement tout apparent et tout présent à la reunion , laquelle M. de Bouillon semblant désirer et rechercher, il n'en prend pas le ch&* min. J'en ai parlé à bon escient h M. Constant, et lui en parlerai encores , estant obligé de promesse de le voir à Marans, après Pasques, devant qu*il parte pour retourner en court. Quant h Tarticle de Privas sur ce .subject, ayant esté signé de tous en Poictou et en Basse Guîenne,' excepté desEscossois , nous ne pouvions faire aultrement, de peur d'apporter ung favorable préjugé à la cause de Tilenus; et d'autant que quelques ungs fiiisoient difficulté sur le mot àe ^eremomale, et quelque aultre façon de parler, il leut mis en l'article qu on n'obbgeoit aulcung précisément à le signer. Toutesfois il feut signé quasi de tous. Les Escossois sont tousjours particuliers et quelque peu d'aultres, lesquels se voulloient tenir à çe qiu en avoit esté arresté au synode national de oeste ville, qui sera bien aussi à mon ad vis le plus expédient, et de tascher plustost d'einpesch^r c^&te controverse que de la décider, demeurant en termes generaulx de la justice du Christ, sans user aulcuneineut de la distinction d'activé et passive, soit pour les comprendre toutes deux, soit Tune à Pexcliision de Faultre. J'escris à M. fiouohereau sur cela une ouverture, laquelle se pouvant suivre et effectuer seroit à mon advis fort utile, et sur la possibilité d'une telle conférence de la part de rauctoritë supérieure, sans laquelle ne se pourroit faire. Je vous adviso fue M. d^ BomiUqu y estant porté, se leroit fort de la Élire trouver bonne:; mais il sieroit à- craindre qu*il s^en ^
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voulleust servir à ses fins, auixquelles il tend tousjours. Et de cela je communiquerai avec M. Constant, qui m*a fiiict entendre qu^il désire la reunion , jusques à désirer d'avoir mon advis sur les moyens. S'il vous plaist mlonorer de vostre advis là dessus, et que tous jugiës que j'y puisse servir, je despendrai de vostre bon conseil. Nous avons ici ung aultre fhscheux affaire qui se présente , c'est la veneue de M. de Sainct Germain en sa maison de Monroy, laquelle advenant devant la mairie nous apportera du trouble. J ai pourveu de le faire adverttr par M. Constant de diilèrer ung peu ; car vous sçavés en quelle estime est cest homme. Quant à Taf- £ûre de Jtt. Bouchereau, il m'a fort ennnyë; que lors ayant ouvert la bouche pour parler de vous , je lui imposai incontiuent silence, ei il feut sage et se retint; et je vous puis asseurer que quand je parlai en particulier, il ne me parla de vous qu'en termes respectueux et fort honorables, sans aulcune plaincte de TOUS, rinon tacite en ces- mots qu'il me dict : «c Je touU drois avoir parlé à lui ung quart d'heure pour lui descharger mon ame. » Lesquels mots je vous supplie retenir à vous, afin qu'il ne pense que j'aye divulgué ce qu'il me dict; et encores plus, afin qu'il ne pense que j'en ai usé de mesme à Tendroict d'ung certain, duquel il me parla en aultres termes, lesquels, pour chose du monde , je ne vouldrois redire , combien que j'estime qu'il les aura bien dict à d aultres^ et qu'i| vouldroit qu'il le sceust; mais ce ne sera de par moi, ni directement ni indirectement.
J'appréhende fort la division et le schisme qui nous menace, et qui est si advancé que d'avoir porté ceste controverse aulx termes où ce livre la portée et sera portée plus oultre, si la controverse n'esl bientost