LX.—* LETTRE DE M. BIGOT
ji M, Duplessis,
MoNS£iGN£UB, il y a huict jours que je feus adverti par M.Dancifti, profesMiren-pfaitosopine, qne Jacques
Bigot , mon fils , que j'ai ci devant envoyé pour estudier en l'académie de âauimur , s'estoit tant oublié qu'au mépris de toutes sortes de delFense^, mettant tout Tes})ect en arrière, s'estoit laissé écouler à des débauches mal séantes à sa profession et scandaleuses. J'en eu tel desplaisir que , si tes aflaires publicf ne m'eussent ai^ resté , je feusse coureu à I heure pour me rendre moi mesmes partie , afin de lui £iire reparer son delict. J'en escrivîs audict sieur Dunéan et à M. Tesleu Oronart , les larmes aulx yeulx et le cœur bien serré, Fabandonnant à' la rigueur des lois et de la discipline, non tefutesfois pour le- perdre, main Jusques ob ils cognots* troient , par leur prudence , estre nécessaire pour Thumilier et se remettre en son debvoir. Tsi dépuis sceu que M. Bazin estott aNé sur le lieu pour retirer son fils du précipice, où le mesme abandon Ta voit porté, et que le vous prenant d'une main pour faire les soub* missions et t*ecognoîs6alices de ses Ibultes, deTaulrre, il avoit arresté le mien, que des resolutions désespérées commençoient d'emporter, et le remit auprea
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dadi(2t aiaur Duocan, comme m uag Ii«u de «kpoftt, alleodant le jugement son prooet. £0 cefiiict, je me uis et supplie. Je ne demande poinct une abolition, ear il est trop raisiMinablc qu'il porte la peine de son pesché; mais je supplie que ce soit plustost ung chnstîmeai ou correction de pere qu'une punition de juges ligoufcttx. Quoi que ce soît, monseigneur, qu'il ne soit poinct chassé, ni exilé de la conipaignie; car j'estinlereis ceste oond^nation la plus severe. De Tenté, en ma oolere, je Tavoîs mandé pour me venir trouver; mais maintenant je lue révoque de cet appel ; car je me promets que, si par ung jugement charitable il obtient son rétablissement , ceste chute le réveillera et lui fera prendre de plus près garde à lui; que s il estoît retranché, jie n'en pourrois attendre que pevti et eoti* fiision. Je vous supplie donc, monseigneur, que nia requeste soit entérinée, etc.
Da 3o mm 181 3.
A M^de Loumeau*
Monsieur , j'ai receu une fort bonne lettré de M. le maire, et qui me tesmoigne une bonne cognoissance da mal et ung désir du remède. Je crois qu'il sera bien aise de sçavoir l'admonition faicte au procureur du roy , ear il m'en parla à La Rochelle, le ne sçais si vous n avés rien appris depuis du chastean d'Angers. M. de &uise a voulieu voir Sangeon à Paris. Le discours s'est passé en excuses do passé, protestations pour Tadvenir, et que rien ne pouvoit empescher \à sincérité en leur ami- ^> puisque la dissimilitude de leurs desseings les em->
l44 LETTRE DE M. BUPLESSIS, «re.
peschoit de s'entreehocfuer. Les gens de bien catho* liques, au contraire, vouidroieot pouvoir faire fonds de nos Eglises contre les piactiques de ces messieurs
qui ne meurent poinct , ains se fortifient tous les jours; aultrement recogaoissent que l'estat est en évident péril , et de ce je suis recherché et pressé de diverses parts; par où vous voyés quel dommage nous font tant nos divisions générales que nos intentions particulières. D*aultre part je vois monseigneur le prince parti mai conteut delà court , resoleu d aller en Guieili^; en mesme temps M. de teuillon parkr de se' retirer à Sedan, et plusieurs aùUres de quitter k court. Tout cela en danger de croire quelque orage duquel nostre union bien conduicte pourroit tirer de l'utilité^ en ser* vant le roy et Testât. Mais il n'y a rien pire que de manquer à soi mesmes , etc.
Da 3o mari i6iS.
LXn. — L£TXil£ DË M. D£ VILLË&OY
A M. Dtiplessis*
MoNSiEUB, j'irai tousjours au devant de toutes occasions de servir vous et l^s vostres , quand elles s'offriront, en consideratiour de nostre aocienne.anîitié et de vo3tre mérite, le recognois aussi celui de M. de Villap* nould, de sprte que> je ne doubte, poinot que leurs roajesi^ n'en scnent trc^ bien servies , si elles le mettent . en besogne. Mais les subjects de ce faire ne se l encontreut pa& tousjours, ^mme vous, sçavés,^ poinct nommé; et mesmes en c^te .saison que les charges sont souvent briguées et comme accaparées devant quelles vaiquent J'en ai conféré avec lui.oi^vertementi
LETTRE DE M. DE VILLEROY, etc. j45
aitisi qu'il vous dira, je m asseure qail tous rendra bon compte de Testât et des niooTeinens de nostre court £q tout puis je vous respondre que la volonté de leurs majestés à la manutention de la paix publicque dedans et dehors le royaulme, est plus constante que jamais. Cest en vente leur principal soinget desseing, comme de conserver , avec leur auctorité, à ung cba« cung ce qui lui est jusleinent deu. De quoi, si on vcult se contenter, nostre repos durera; sinon , il fauldra faire le mieuix que Ton pourra, et remettre le reste à la volonté de Dieu, etc.
Da 3o mars i6i3.