LXIV. LETTRE
De M. le président /eannin à M, Duplessis.
MoirsiEUR, la royne et ceulx qu'il lui plaist appeller au conseil des af&ires publics, défèrent beaucoup à vos advis, comme estans assenrés que. vous les donnés avec prudence, et désir d'aider à maintenir la paix et tranquillité publique,^ que jugés , comme font tous les gens
A M. DUPLESSIS. l49 de bien, debvoir estre conjoincte avec la relligion dont les ungs et les aultres font profession. G*6tt pourquoi ajraiU communiqué vos lettres , je vous dirai pour response à la dernière, du 92 du mois passé, qu'on n'obmet rien pour faire que ce qui a esté promis et accordé soit sincèrement exécuté. Et premièrement , en ce qui est de la qualité de pretendeue refermée, vous sçavës, monsieur, qu'il n'est besoing d'aultre expédition, sinon de faire entendre aulx procureurs du roy, es chambres de Tedict et mi parties, qu'ils dissimulent
et hûuffreiiL la facoa (I nscrire dont les imiiistres usent en leurs attestations ; à quoi a esté pourveu, pour la chambre de Nerac , par ce qui en a esté dict au procureur du roy de ladicte chaiubre, estant en ceste court; et pour la chambre de Castres, la royne en a escrit à H. le président Faure , qui est près de M. le connestable en Languedoc, pour le faire sçavoir au procureur du roy de ladicte chambre, lequel est ordinairement avec lui; et jadjousté encores une lettre audict sieur procureur du roy en créance sur ledjct sieur président Faure , afin qu'il adjouste foy h ce qu'il lui dira sur ce subject. Il ne resloit donc plus que les chambres de l'edict de Paris et Rouen. Ores la première ne faict aulcune difficulté de recevoir les attestations des ministres en la forme qu'ils les ont données jusques h présent , dissimulant l'obmission de ce mot de pretendeue* Pour celle de Rouen, il y a esté procédé de mesmè façon, et si je vous peulx asseurer que k président qui préside en ladicte chambre, lequel est à présent en ceste court, sera si bien informé ,* avant son départ, de riutention de leurs majestés, que vous en aurés la mesme satisfaction. Quant aulx juges inférieure , il n'en est pas besoing; ,car ils seront obligés de se conduire
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avec mesme prudence, par Texemple des officiers qui
sont au dessus fl eulx; aussi est il nécessaire d'y procéder ainsi, pour n offenser pas trop les catholiques qui feroient de grandes plainctes, si en vertu de lettres patentes ou auhres escrits jettes en public on auctorisoît ce. que ceulx de la relligion prétendent en cest endroict. Ce qu'ayant esté bien considéré par messieurs vos députés, ils se sont contentés de ce que dessus, et
' ont bien jugé que ce seroit troubler le repos d^y procéder aultrement. Quant à Texemption des ministres, b déclaration qui a esté faicte afin de les en (aire jouir, est en la court des aides; pour la vérification de laquelle j'ai moi mesmes conféré de la part de leurs majestés avec M. le premier président et le procureur gênerai de ladicte court; la difficulté est en ce que vos ministres ne peuvent pas désirer un g plus grand privilège que nos ecclésiastiques. £t neantmoins par lor-
. donnance d^Orleans, les ecclésiastiques qui sont rotu« riers, sont cottisés aulx tailles pour les biens patrimo* niaulx qu^ils possèdent , sinon qu'ils les donnent àferme. Est mesme adveneu que depuis peu de jours quelques
^ ecclésiastiques de la ville du Mans s'estans plaincts au conseil de ce que les esleus du Mans les avoient impo-
. ses aulx tailles, pour leurs biens partrimoniaulx, leur requeste a esté renvoyée à la court des aides pour y pourvoir. Il est bien vrai qu^en la pluspart des elec* tiens du royaulme les esleus (ioivorisent lesdicts ecclésiastiques, et ne practiquent Contre eulx la rigueur de ladiote ordonnance : dont les paroissiens qui ont la mesme affection de gratifier leurs curés, vicaires et aultres pasteurs de leurs Eglises , ne se plaigiians poinct, ceste contravention est tolérée , mais n'a poinct eneorcs esté auctorisee contre k loi, jusques à présent
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N<ms sommes bien informés; aussi qa^m qudques endroicts où esleus ont voulleu user de rigueur contre lesdicts ecclésiastiques, ils se âont exemptes par dfs baufac feints et simules^ de leurs biens, ou que les pa« roissiens les ont dispensés d'eulx mesmes ; ce dont je vous peulx asseurer, monsieur, est que leurs majestés veullent et entendent que vos ministres jouissent de mesme exemption et privilège qu euix. Et si quelqu'ung de vos ministres est cottisé et s'en plainct, qu'il aura la mesme justice et grâce que celle qui sera faicte anlz ecciesiastiques sur le faict particulier de la reqneste présentée par le clergé du Mans. Pour le regard de la liberté de vos synodes provinciaulx , concernant les affaires ecciesiastiques, on n'y louche aulcunement, et en.pouvés jouir en toute liberté. Mais pour les auUres assemblées 9 vous vous soubviendrés» s'il vous plaist, de ce que je vous ai esicrit d^aultrefois si on ne se conduict comme on fiùsoit lors du feu roy ( auquel temps . ils estoient peu frequmis, de peu de personnes, et sans y prendre des résolutions préjudiciables à Tauctorité de leurs majestés et au repos public ; , qu'on sera con» traînet de les empeseher : comme, au contraire, on usera de mesme prudence pour les souffrir et dissimuler, que faisoit le feu roy, ceulx de la relligion s'y conduisans avec mesme prudfaommie et modération. Dont j'estime, monsieur, que tous les gens sages se contenteront, et sçauront bien considérer qu'il est besoing de retenir Timpetuosité et chaleur de ceuk qui veullent couvrir leurs passions du zele de krelligion, pour troubler le repos oommung« Vous adjonstés encores vostre advis sur le faict â*Aiguesmortes; surqudi je vous dirai qu'on n'est pas en difficulté de sçavoir ce que la justice et la raison doibvent conseiller m cest
iSa LETTRE
endroict ; mais bien de ce qu'il fault fiiire pour ne laisser auleung prétexte à ceulx cpii ont envielh? brouiller*
Rien ne sera obmis aussi pour donner contentement à M. de Rohan. Vous serés desjà adverti de Tabsenoe de messeigneurs les prince de Condé, ducs de Nevers et de Mayenne, qui sont sortis de la court depuis peu; aulcungs disent avec mescontenteihént; mais comme"
ils n'en ont aiilciing juste subject, U urs majestés n'ont pas ceste opinion, du mouis quii y ait rien qui les puisse induire à fiiire chose qui soit préjudiciable i * leur auctorité et contre Testât. M. le mareschal de Bouillon est aussi sorti de la court peu de jours après eulx. Je yous puis asseurer qn*on a ung si grand soiog et désir de conserver la paix, que leurs majestés se démettent souvent au dessous de leur dignité, pour remettre en debvèir ceulx qui ont envie de mal faire; qui nous faict espérer que chacuog sera sage; et s'il advient aultrement, que les aucteurs des mouvemens se trouveront foibles. Vous pouvës beaucoup aider au bien ; vous le faictes aussi , et la rojne vous en sçait gré* Continués, s*il vous plaist^ etc.
Da 6 avril 161 o.
De madame de Mokan à M, Duplessis.
Monsieur y sitost que mon fils a esté parti d'ici, je n'ai voulleu faillir.de vous faire sçavoir ce qui s'est
passé entre nous, qui esl , en ung mot, que je Tai laissé en telle disposition que j'eusse peu désirer; et pour les particularités , je vous dirai que, pour raffaire de Beaavais, nous nous sommes accordés, suivant Tadvis de
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M. de Rottvray, de remettre et essayer d'obtenir la re*
compense et les iettres pour mon fils, la première fois que nous serons et les imgs et les auitrcs en court; ej: en attendant, mon fils fera sortir les soldats de M. Dubois à pclit bruict , et y en mettra d'aulties; et poulies proficts , ils s'en sont accordés lui et sa sœur ; si bien que cest afiaire est en bons termes, grâces à Dieu^ Pour la reuiiioii , il m'a fait entendre les subjects sur quoi il s'estoit piqué, et je lui ai répliqué ce que j'ai creu k propos, suivant ce que j*avois entendeu de yous. Enfin il désire tout ce qui peult le raccommodement; mais la bienséance requiert des entremetteurs, et quelques aultres raisons encores me font désirer que M. Durand fasse cest affaire, vous suppliant, monsieur, ne vous arrester à l'ouverture d'aulcung aultre', et croyés qu*il^ vanlt inieulx que la chose soit ung peu plus longue , et qu'elle soit bien^faicte par lui. Sa maladie vient à la ^rerité mal à propos. Pour ung prétexte , on en trouvera ri on le cherche bien; mais je puis vous asseurer que le tout sera plus asseurë beaucoup s'il s'en mesle; car j Ottlire plusieurs aultres raisons, cela les engagera, lui et Hautefontaine , à en estre cautrons , et empeschera que ledict Hautefontaine n'y apporte des traverses, qui n'est pas peu , car il est extrêmement artificieux. Pour Finclination de mon fils , elle y est maintenant toute entière, et il me dict enfin que vous vous estiés tant aimés tous deux, qu'il s'assuroît que vous ne vous sçauriés jamais haïr; pour le moins il le ressentoit ainsi ^e son costé, et croyoit que vous le ressenties tout de inesme du vostre. Il désire aussi bien que loioi que M. Durand y soit employé, et, au partir de là, que ^ous vous puissiés voir, et que ce peust estre au Parc, fifin que je m*y pcusse trouver, dont il m'a fort pryee,.
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chose que je ferai très voiopden si vous estes en cesie volonté. Quant h ceste belle leth*e de La Rochelle , il
la blasme et déteste autant que je sçaurois faire; mais personne ne Favène, comme aussi n'est ce pas chose avouable. Je n'oubliai de Ini dire les bons offices que vous lui faisiés pour ses pensions et auitres affaires, ce qu'il m'a monstrë ressentir , et me promets, si après
une bonne entremise vous vous estes veu une fois, que , vous ne recognoistrés poinct de différent à ce qui a estë entre vous par le passé; et mesme, parlant d'aultrès affaires , il m'a remis à s'y gouverner après cela selon vostre ad vis. Pour les affaires generauix, je l'en ai aussi laissé en fort bonne disposition et en espérance de patienter pour ses pensions, sur l'espérance qu'il a qu'elles seront à la fin restablies , ce qne je désire fort , pour oster tout sobject aulx esprits remuans de resveiller le chat qui dort. Je ne doubte poinct que, sur les offres, de Gascoigne, il n'y ait erreur de calcul, et le nombre des catholiques est à mon gré ung grand mesconipte : mais ne persuadant pas (comme on ne .fiiîct), le mal ne laisseroit d'adventr; et n'y a moyen de leur faire croire que Montauban et Nerac entre Aultres ne soient des leurs.
Je pourrai bien- avoir quelque afiaire à Paris à la fin de cest estë; si j'y vais en ce temps là , et qu'on voulleust accorder iesdictes pensions à ma requeste (au cas qo*on ne les eust accordées plus tost } , ce me seroit tousjours plus de moyen de servir d'nng costé, et plus d'auctohté de parler de Faultre ; car j'ai peur, si on s'aheurte à voulloir qu'il lejs aille demander lui mesmes, que ce ne soit ung subject aulx ungs de faire uaistre des souspçons, et à lui de s'opiniastrei* à n'en rien &ire« Si Dieu veult que nous nous voyions au
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Parc , nous en poucfons parler plus particulièrement.
Au reste, monsieur, il fault que je vous die que madame la prmcesse d'Orange, au contraire de ce qu'on l'avoit toujours pryee (et anrtout d'Aersens), a esté encores parler à la royne du mariage du comte Henry, <pii est le chemin de tout gaster, La royne ne lui a du tout rien responden ; mais c*est tousjours lavoiradTcrtie, ce qui ne se debvoit poinct faire, sinon lorsqu'on eust youUeu faire la demande à bon escient , y ayant auparavant préparé les esprits. S*ni entendeu à ce pro-» pos que le duc de M. de Sidney et auilres ,
conduisent la fille du roy d'Angleterre en son voyage;
et aul(?ungs disent qu'à leur retour ils })asseroiit parla France. Vous sçavés qu'il a esté jette quelques propos du mariage de mademoiselle de Rohan avec le premier; mais l'ambassadeur d'Angleterre , qui nous est assés mal a0i9ctionné , n*y a pas faict de bons offices. Si je scavois que le retour et séjour feust assés à temps et a&ses long pour en pouvoir mettre les fers au feu , je ne plaindi(ois poinct ung voyage .à Paris durant ce temps là , qui me faict vous supplier de me voulloir avertir de ce qui en pourra estre , et me donner là dessus, s'il vous piaiat, vostre advts et continuation de vostre assistance.
Quant au bruslement du temple de Eennes, on en a donné ung aultre plus près et plus commode, mais c'est moyennant ung louage de J2 escus par an, tellement que ce n'est pas satisftire à leurs griefs. Pour ia fin, monsieur, je vous remercie bien humblement de la recette que vous m'avés enseignée pour mon pana* ris, laquelle j'eusse volontiers essayée (ne m'estant jamais bien trouvée d'emplastres ni d*onguens ) , sinon que mes douleurs estoient desjà bien diminuées lorsque
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je reçus vostre lettre, et maintenant je n'en sens plus, Dieu merci y si on ne presse dessus, et dliier seulement
je commençai à me promener dans ina gailene. Cependant vous m obligés de plus en plus par tant de bons offices; mais ce ne sont pas les premiers. Si j'avais autant (ie moyens de les recognoistre par mon service comme j*en ai de volonté , vous cognoistrîés n'avoir jamais obligé personne qui les ressente avec plus d'af* fection, etc.
Du S avril 16 lS> LXVL— LETTRE DE M. DUPLESSIS
A madiZfHC de Rokan*
Madame , j'ai receu celles qu'il vous a plea m'escri re du 3, et loue Dieu du bon tram que prend l'affaire de Beauvais. Vous sçavés que je le me suis tous* jours promis tel lorsque les affiiires prendroient la route de la paix , et surtout que les parties se pourroient voir soubs l'auctorité d'une mere à laquelle elles doibvent tant de respect. Pour la reunion , madame, il ny a rien que je ne fasse pour le public et pour vostre désir , qui me^ tient lieu de commandement Je n'ai poinct aussi doubté que M. vostre fils, rendeu à soi niesmes, ne recogneust et mon affection, et mon intégrité, peult estre non inutiles à lui mesmes lorsque plus on les lui a desguisees. Mais je tiens avec vous qu'il y a quelque forme à y observer , qui tient de la substance, sçavoir celle que je vous exprimois par mes précédentes, et qu'à ceste fin l'entremise de M. Durand . est nécessaire , qui stipule et cautionne de part et d aultre. Désormais il s'en va hors de sa maladie, et ne
LETTRE DE M. DUPLESSIS, «c, iSy
sera question que d'une couleur pour son Toyage« Cela
faict, voslre présence, puisqu'il vous plaist, y apportera la dernière main, laquelle je rechercherai tousjours où il vous plaira. Pour les pensions, j'en ai escrit ce que j'ai deu , et en attends response , que j'espère bonne, parce que j'ai faict sentir de quelle conséquence il est qu'il y soit salis&ict. Je pense aussi que vous sçavés que la royne presse fort la restitutiou du vieil Grateloup , à laquelle je ne vois pas qu'il y ait moyen de reculer. Mais pour la craincte que vous avés qu*on veuille qu'il aille demander ses pensions lui mesmes, j*oserois bien vous garantir que non , encores qu'on seroit bien aise que de lui mesmes il lui veinst envie d'y aller, auquel cas on se faict entendre qu'il seroit le très bien receu. Sur cela je vous dirai que monsei-* gneur le prince est parti fort mal content de la court, et.que depuis il a veu MM. de Nevers, de Mayenne et de Longueville, à Nevers; de là a pris le chemin de Chasteauroux , avec apparence de donner jusques à Bourdeaulx pour la mairie. La court neantmoins en monstre peu de jalousie ; mais peult estre n'en a pas moins, nommeement parce qu'en mesme temps M. de Bouillon s'en est allé à Sedan , par les conseils duquel on croit qu'il se gouverne : ainsi la seule maison de Guise demeure près de la royne 9 à. laquelle on donne beau jeu. Je ne sçais qui a peu mouvoir la princesse
d'Orange de parler à la royne du mariage dont est question; pourveu que l'inclination du comte Henry y soit, je n'en .desespererois pas du costé de la royne » si . M. de Kolian se veult ung peu aider; car il semble qu'il se découvre des monopoles contre lesquels on vouldroit s'appuyer des gens de bien. Mais les <^oses passac^ si fraischement sont cause qu'on ne sçait à qui
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s'en addresser. Si vos affaires vous portoîent par delà, je oe double poinct que vous n'en deussiës parler , ce qui reussiroit et au public, et au particulier. le m'enqiierrai si ceulx qui conduisent la princesse d'Angleterre ont à repasser par la France ^ et vous en donnerai advis , et du temps que leur passage se pourr» rencontrer, etc.
Du Ô avril i6i3.
ji M, de Fillarnould,
Mon fils 9 j'ai receu les Tostres du 39 du passé , et deux jours après le lacquais avec les deux clievaulx :
je les trouve de bonne taille, et bien choisis. Vous avés bien fatct de prendre ceste bisgpye, ayant mis nos af&iires en si bon train : aussi vois je qu'il fault donner ung peu d'haieme à ces gens, et le temps ne les empesehera en rien , surtout si les mescontentemens du* renf. La procédure que vous avés teneue vers M. de Vilieroy pour lambassade ne peult eslre meilleuie. Par là vous purgés la plaincte qu'eust peu faire M. Dumaurier, vers qui M. de Villeroy ne peult estre engagé, s il ne Test comme il dict vers personne* Le mal est seulement que je n'estime pas la chose preste; et de faict il ne le vous a pas ccle lui inesmes; lorsqu'il faul* dra redoubler , je n'y manquerai pas. Je n'improuve pas, pour plusieurs raisons, forme qu'on veuh tenir pour nos brevets. Pour le synode de vostre province, je tiens qu'il sera utile au public que vous vous y trou- Viés, mesme que vous sbyés nommé pour le national ^ avec personne bien informée ; car je m apperçois par
A M. DE VILLARNOULD. iSg les procédures de celui de Xainlonge , qu'on y vouldra faire passer ung dangereux article ; c'est celui qu'ils ont proposé , et n'ont peu obtenir à Sainct Jean, duquel vous avés ici la copie, avec Tarlicle qui en effect y a passé. Vous la communiquerés à M. de Rouvray, auquel aussi la présente sera commune. M. de Rohan a veu madame sa mere à Fresnay seulement deux jours, et est de retour à Sainct Jean; ils ont conveneu que sans hruict il tirera les soldats du sieur Dubois hors de Beauvais, et y en mettra d'aultres; et que pour Texpedient que madame de Rohan proposait à M. de Rouvray, selon son advis et le mien, il est remis à quand ils se trouveront en court ; et quant à nostre reunion, après plusieurs répliques et dupliques, la chose en revient là, qu'il n'y a rien que M. de Rohan ^ désire tant , et que , pour la bienséance , il est nécessaire que M. Durand s'y entremette, prenant quelque couleur pour son voyage ; et supplie madame de Rohan que ceste personne ne soit changée , parce qu'il importe qu'il y engage son frère, lequel aultrement, par ses artifices, le portera à nouvelles pracliques, ou plustost à la continuation des vieilles, ne dissimulant poinct qu'il est encores persuadé de pouvoir tout en Guienne. Plusieurs , à diverses fois , proposent une assemblée générale. Je vouldrois, premier que nos députés generaulx la demandassent, que la reunion des principales personnes eust précédé en venant de communs conseils; aultrement je la trouve dangereuse; c'est pourquoi il seroit à propos de la haster : aussi bien ne peuvent ils estre blasmés de ne la presser poinct , parce qu'il ne nous a pas esté concédé de changer lea députés tous les deux ans. M. Marbault me mande, du i du présent , que M. le président Jeannin differoit de m'es-
l6o LETTRE m M. BOTLESSIS, ct«.
crire pour me satisfaire sur les qualtre poincts de mes lettres, et lui avoit dict que, pour cest eâect, ils s'as* sembloient ce jour là niesine. M. de Rouvray se soubvient quels ils sont; la pretendeue ; l'exemption des pasteurs , Aiguesmortes et les pensions de M. de Aohan , desquelles madame de Rohan me mande qu'il est resoleu de ne faire aulcune instance; et tant plus la iault il faire , afin qu'on ne reserve eeste piaincte pour es* cuse. Au reste , tout est ici a l'aecoustumee , sauf ung beau jeu de mail que j ai faict faire , et aultres nouveautés que vous trouvères à la première vue, etc.
Du 9 avril i6i3.