LXVIII. — -^MEMOIRE
Baillé à M. liwel, parleur de Thoua/à , le lo ami
Semble qu'à l'imitation de messieurs de La Ro*
clielle, il sera à propos d'ordonner une lettre à MM. les députés generaulx (ij , par laquelle ils soient remerciés et requis de remercier très humblement leurs majestés, en protestant de leur fidélité er obéissance, par lesqueilesâisi tasQheront de mériter leurs grâces et be« nefices.
Et sur ce que ceulx du conseil de Poictou , en conséquence de ce qui s est &ict au synode de Xaintonge , pourront .demander Tapprobation de leur gestion, ceulx. nommeement qui ont esté employés au ( crclc pourront estré lou^s d'ioeile, nommeement en ce qu ils
■ ■■ ■ I .111 II I ■ f Ht I ■ —
(i) Pour ie synqde de Polcton.
ont accepté, conformée ment à l'advis des députés generaalz et des aultres Eglises; et advertis et exhortés lesdicts du conseil , pour leurs fonctions , de se tenir dedans les termes des regleniens , et prendre garde à se comporter en la modération requise , pour ne don* ner aulcung soupçon tic nouveauté, afin que leurs majestés n'ayent occasion de nous révoquer la tole-> nmce des conseils proirineiauU à nous soubs ceste condiiion octroyée.
Ordonner de ne regratter poinct les choses passées ^ ni en propos publics ni mesnie en privés , autant que faire se pourra , pour donner temps auU playes qui ont tant affligé nos Eglises de se cicatriser.
Mesme en ce qui est de la doctrine , conformeement aulx lettres de messieurs les cinq députés, de ne respondre poinct au livre du docteur Tilenus , ni escrire en ceste matière, jusi^iies à ce qu'ung prodiain synode national en soit ordonné ; de tant plu9 que ceste opinion est hors de nos Eglises*
Entre ci et lequel tejnps ne surent ceulx qui en pourroient fiûre scrupule pressés de signer Tartiole de PriYas , mais pry es s^en esclaircin
A M, MarbauU.
MoirsiEUR Marbault, j'ai receu les vostres par le wcepient Gouronneau. Les chevaulx que m'avés ache* tés bont arrivés à bon port , que je trouve de bonne taille, bien choisis ^ et non trop chers. Mais mon filj( de Villamould ne m'a rien mandé du çbevj»! de pas
AXiM. DE DurLBSftlS-MoaKAY. TOMX XII. 1 ^
1(53 LETTRE DE Bf. DUPLESSIS
qui est entre les mains du joaillier Flarnen; si vous 1^ trouvés à ccmvenabi£ prix, je serai bieo aise d'en •istre accoiDiiiodé^ car nte toitp» t'en va vieille.
J'attends la response de M. le président Jeannin aulx miennes , de Caot plus qu'il sembie que ce coup d'^speron les ait resveiUes pour penser à nos effiiires ' publics , ce qui est nécessaire sur ceste saison que Mi sykiodes se vont tenir pertont. M. de Rohan est de retour à Sainct Jean du 4t il q«« deux
jours avec madame sa inere. Ils ont conveiieu qu'il tirera sans bruict les gens de Ouhois de Gargroj de Beauvais , et y en mettra d'anKres , et partageront les proficts le firere avec la sœur; le surplus revient à ^and ils se trouveront en coart , selon mon advis et de M. de Aouvray. De noàtre reeoneîliation , s'en est prou parlé, et, sur ses plaiiict( s, répliqué et expLjqué. TiHit en revient là que B(. de iUibenflionatre la désirer ex.tremement , et j'estime l'entremise de M. Durand nécessaire pour la bienséance ; mais madame de iiobai» pour la sdbstanœ , parée qu'elle peose que son in* tervention obligera Hautefontaine h estre sage : mais s'il n'y a ung pius.£>ri Jien , je ne ni y arreste guereS| parce que je seais qu'il ne déférera pas beaucoup à son licie. Je persiste donc tousjours à borner nos procédures dans ^taines maximes dont nous convenions pour estre louéâ ou blasmés, selon que nous nous y contiendrons ou non; car je la'apperçois tousjours que le vieux levain demeure, mesme en ce qu'on aigrit La lUïchelle.
Madame de Rohan me mande qu'il est resoleu de fe fiiire aulemie instance de ses penstoos. Xe eraias qu'on ne lui conseille de se reserver œste-exeose; et
pour cela leur Ikuit il tant plus lever. Je crains ausst
A M. MAEBAULT. l63 qae Pou le pense contraindre d^aller en court pour les demander, ce qu'il n est aulcunenient resoleu de faire^ comme de faict il ne aeroit séant ni de part ni d'auitre;
et j'ai asseuré madame de Rohan du contraire : mais bien qu'on seroit bien aise que de lui mesmçs il lui en prist envie.
Ce différend de MM. Dumoulin et Tilenus me ItEp vaille , et pour oe je vous envoyé ung petit concert que j*en ai tracé. Vont le conimuniquerés à oeaix que jugeres plus à propos, pour ouverture à quelque cbo&e db miettk ; et paaU eitre aera il à propos que madame de La Tremouille en ait communication si on l'approuve f parce que je lui en ai escrit , et ne lui cele poHict de quelle importance il est à M. de BouillooL d'esteindre ce feu, qui ne la recommande pas entre nos Eglises, afin qii'elle le rende plus capable de prévenir ce schisme.
J'entends que M. le duc de Lenox et M. de Sidney, fetoiimana de la eonduicte de madame Telectrice pa«latine, doibveat repasser par la France; je vous prye de vous en enquérir , et me mander s'il est ainsi , et quand ce pourra estre ou environ. Aussi soubvende
vous de ce misérable d'Aerton vers M. le comte de La Suza; et n'oubliés pas à me mander ce que vous espérés des af&ires de M. de la Perrière et de madame François Masse , que je tiens comme miens propres , pMir les raisons que voue sçavis assés. Au reste, hier matin lo partit d'ici H. de La Tremouille en bonne santé, dont vous pouvés asseurer madame sa mare. Je n'eî pas oublié à lui tenir tous bons propos, tels que je sçtia qu^elIe désire, etc.
Ou 1 1 avril i6x3. ^ .
De MM. Codur et Rainini {^i) à M, Duples^ù.
Monsieur, nous avions re&oleu long temps de vous 68crire de Testât des afEaires pour lesquels nous sommes ici , mais nous attendions tousjours de les voir ung petit en train pour vous en pouvoir dire quelque chose de certain. Voyant la grande longueur en laquelle on les tire, et apprenant que vous en avés escrit aulx priaeîpaulx ministres de cest estât en nostre faveur , nous avons creu estre obligés de vous en remercier comme nous iaisons très affectueusement pour uostre pro* vince, et de vous dire ce que nous en espérons, et ce qu*aussi d'aulire costé nous y appréhendons. Trois mois a, monsieur, que nous sommes ici, sollicitant pour le faict d'Aiguesmortes , duquel seul nous par« . ^ Ions , resoleus de rien poursuivre que celui lit ne soit Yuidé, et de ne prendra contentement sur aulcune jaultre chose que nous ne l'ayons eu premièrement en celle là :*tout ce que nous avons advancé , c'a esté d'arrester le cours de Tarrest que le sieur Bertucheres avoit obteneu , et de faire cognoistre qu'il est impossible que ledict sieur entre en ce gouvernement avec le gré des £glises , qui ne peuvent recevoir ung changement si préjudiciable, ni souffrir ung si notable grief. Nous avons esté ouïs deux fois par des commissaiiis du conseil , et présenté deux cahiers de remonstrances . nous les vous envoyons, monsieur, pour vous £aiire voir la justice de noiUe cause, et ies raisons dont elle
(i) Députés des Eglises du Bas Languedoc.
A M. BlIPLESSIS. l65
est assistée , et estre esclaircis là dessus de vos bons et salutaires advis , s^il tous plaist Toutes les provinces^
se sont joinctes à aous, et ont escrit très affectioiuiee.-^ ment aulx députés generaulx. La chose en est veneue là qu^il y a beaucoup d'apparence qu'on ne vouidra poinct contenter ung particulier pour uiescunleuter toutes les Eglises de ce royanlme; et semble qu'on soif tout porté à l'exclusion dudict sieur BerUiclieres : toutesfois monseigneur le counestable s affermit eneoi-es pour lui ; c'est ce qui est cause qu'on a renvoyé ainsi à longs jours la decision.de cest affaire, et^qu'on cherche dans le temps des remèdes. Cependant on nous laisse en des justes appréhensions, et la province en trouble sur 1 incertUude de Tissue d iceiui; et c;st à craindre que ce ne soit enfin ung champ pour les mes- . contentemens qui se forment de jour en jour de deçà. C'est ung grand cas, monsieur, qu'on ne nous fasse du bien que le plus tard qu'on peult, comme si on le nous plaignoit, ou si on le nous donnoit par force. Il ' vauidroit beaucoup roieulx obliger les peuples en leur accordant ce qui est juste, san^ ces longs délais, durant lesquels jIs croyent qu'on cherche le moyen de le leur denier et de leur nuire. Le meilleur que nous y voyons, c'est la bonne volonté de la royne envers nous, sa ferme resolution à conserver ses subjccts en paix* Sa majesté la veult , et ainsi ell^ préviendra par sa sage et heureuse conduiote totit ce qui la pourroit eshnin- 1er. Aidés nous, monsieur, eucores à lavenir à obtenir, ce bien comme vous avés faict par le passé; les lettres que vous en escrivés portent coup, et sont de grands fruicts. Nous attendons cela de l'affection que vous portés à nos Eglises, au bien de cest estât, au repos public, qui semble ji'a voir ù craindre l alteiation que
de ce costé là. Mats Dieu nous fera la grâce de matiger nodtrepaîti eh paix, en le servant, et tesmoignant nostre fidèle obéissance à leurs majestés, etc.
LXXL — LETTRE D£ M. D'AERSEN»
r ^ ilf. Duplessis.
MoirsisiTR^ je doibs la response à vos deux lettres.
des 22,et 28 mars, et vous remercie bien humblement de la peine qu'il vous a pieu prendre de m'escrire avec tant de franchise. C'est beaucoup que la playede Sainct Jean est fei mec ; rii;us je ne vois poinct , au train que prennent les affaires et du royaulme et des Eglises j qu'il soit aisé de parvenir ^ la réunion ^ laquelle tous les gens de bien ont si longuement désirée avec vous j car nos grands apparemment ne se despouilleront jamais de leurs premières jalousies, et vouidroient peult estre faire servir leur entrevue au delà de ce qui est sortabie à Testât et aux Eglises, pour faire valoir leurs mescontentettiens particuliers soubs des prétextes publics; et pourtant, ayant aidé à lever les premières animo^ités, j*estime me debvoir déporter de presser dadvantage une plus estroicte amitié , pour la laisser esclore au temps par les ofiices qu'ils s'entredesparti* ront; car mon zele en ceste negotiation seroit apparem* ment inutile, et feroit sonspçonner ai]ltui*sile mauvais desseings. M. de Bouillon est à Sedan, et parie de se voulioir aboucher avec vous et avec M. de Rohan , le dcust il aller trouver dans Sainct Jean, pour, par ceste iranche procédure, lever les desliances, et rendre les Eglises plus considérables ; que pleust à Dîeu qu^on
A M. DUPLFSSIS. 167
ne Veù eusl pas 6ict deohaoir! eiles se IrotiTcroient encores en leur premier lustre. Mais , quelque repentance qu'on ait du passé, c}u«i4uç peine qu oa prenne pour Tadvenir, jamais on ne les remettra si solidement;
le defauit a trop pareu , et on s'est ouvert a la corruption. Madame de Eobau a raison de se plaindre de 1 irrésolution de eeulx qui Font entreleneoe d*apparenees. Si la coiiduicte m*en eust esté laissée sans s ouvra ailleurs^ j'estois nng instrument assës propre pour em* barquer les parties de toutes parts bien avant dans ce traicté; mais on en a vouUeu preudre langue p£g*tout, La royne encores nouTellement a fiiièl paroistre k ma» dame la princesse d'Orange y avoir peu d'afFection; UDg aultre le veult dilajer pour le mesnager et en ti* rar la reunion; de sorte t monsieur « que je n*y vois plus goutte. Il a esté parlé de la fille de M. le Jandgrave ; toutesfois je tous puis bien asseurer que cela ne se fera poitiet JTai sommé madame la princesse d'Orange de respondre à madame de Kohan, afin qu'ayons tous deux noatre descharge envers elle^ ce qu'elle m'a promis de faire , et mesme de sonder pour la dernière fois la volonté de sa majesté. Nous avons eu en oeste cour les ambassadeurs d*Heidelberg et de Virtemberg , avec lesquels 1 ambassadeur d'Angleterre a esté joinct; ils ont demandé par escrit conseil com* ment se conduire au différend de Juliers, en la brigue que faict le roy d'Espaigne dans rempn e, par It^ moven de Tarcfaiduc Albert, pour faire tomber sur la t^ste de Tun de sem enfans Tempire et les biens patrimoniaulx de la maison d'Autriche , à rexclusioa de la branche de Gratz; comment faire reparer leurs griefs par le conseil antique , qui usurpe beaucoup sur leurs libertés. Apres ou désire apprendre si leurs majestés voul-
l68 liETTRE DE M. D*A£R$ENS
droient estre de leur union , si conseiller à messieurs des estats d*y entrer. La response a esté générale aussi par esci it : qu on traictera avec les intéressés et alliés sur le diÛerend de Juliers ; qu'on escrira à l'électeur de Saxe de se contenter de la voye juridique, et à Tarchiduc de Flandres de ii assister poinct ledict de Saxe s'il se porte à celle de faict ; qu'il n'y a poinct d'apparence qu'on pense si tost à donner ung successeur à l'empereur, qui aussi ne le vouidroit souffrir; et de disputer de la succession premier qu elle soit adveneue, que ce seroit hors de propos; qu^en continuant les contributions nécessaires pour la deffense de l'empire , les princes peuvent tout doulcement faire leurs remonstrances ; que la minorité n^est pas capable de prendre résolution pour traicter de ceste union, laquelle il fault remettre h quand le rdy sera majeur, aussi bien que ceste nouveauté ne feroit rien en favear des princes , et osteroit au roy le crédit , lequel il a parmi les catholiques ) se comportant neutre; qu'à messieurs les estats on ne peult donner aulcung conseil , puisque sa majesté ne trouve pas à propos d'estre de la partie. Ceste response a grandement despieu à ces messieurs, qui portent les mescontentemens dans l'assemblée qui se tient à Rottemberg, et sont scandalisés de la neutralité en laquelle on a constitué ceste minorité. Nous verrons quelle résolution elle produira parmi leur corps.
Le grand seigneuf est retourné à Gonstantinople ,
et relancé dans le serail : sa veneue pouvoit seule ciiimger la face des affaires de l'empire. Maintenant l'empereur avec ses catholiques bastira de nouveùulx desseings, et la ligue de Munich est bien esclose eu Allemaignc, mais couceue à Rome, et qui seslendia
A M. BUPLESSIS. 169 pat tout PoniTers , pour k la longue diviser l'Europe
et la jetter en une guerre de lelligion , au^el cas je , ne sçaîs poinct si nostre neutralité sera trouvée pru- . dence; car il y en a qui se feront cependant chefe de parti contraire à celui d'Espaigne, avec iequei cesle couronne ne peult prendre part Nostre republique a concleu une estroicte et bonne confédération avec les villes de Lubeck, Brunswick et Magdebourg ; les articles s'en dressent , et les conditions sont si favorables que nous doubtons s'il sera en leur puissance de les effec-' tuer : elles nous laissent la direction absolue de Tuniou, 0t se sont obligées de suivre nos mouvemens en tout. Dantzick , Rostock, Hambourg et aultrcs sont après pour eu suivre Texemple, et noys croyons que toute la Hanse y viendra. C'est nostre advantage de faire des traictes séparés; et sans double les piuices prendront jalousie de ceste negotiation; mais nous jetions 1 œil sur Tadvenir, et desirons conserver le septentrion, où le roy d'Espaigne faict muguet de celui dt Danemarck.
J'ai esté infiniment attristé de voir la publication da livre de Tilenus, que M. de Bouillon debvoit de son auctonté avoir supprime ; mais le meilleur est que le roy de la Grande Bretaigne s'en mesle , et im* pose silence à M. Dumoulin ^ en condamnant Tilenus, et se plaignant de M. de Bouillon, ce qui arrestera les crieries.
I Je tiendrai à faveur de pouvoir servir H. de Yillar-
nould en sa prétention , non seuleaient en considération du public, auquel il seroit utile et agréable, niais aussi pour le rapport de son particulier; car je Testime et pom^ son mérite, et pour Talliance qu'il a en vostre maison , laquelle j'honorepi à tousjours. S'il vous plaist parfois faire sentir à H. de Yilleroy que vous y atten*
170 LETTaS m M. D'À£RS£NS
dës , je ttùk que c'est le moyen de l'engager de ploi en plus, ce faict despendant immédiatement de lui. Vous n'aurés rien de nostre coart^ qai n'est poinct
cncores reveneue de ses dévotions; et nous ne scnvons ce que les ab&ens font pour esclore leurs mescontente* ttens. Le plus sage conseil eosi esté de se tenir ferme dans les affaires^ et ne quitter poinct la partie, du moins poinct pour une cause particulière, etc.
Du i3 STril i6t3.
LXXIL—» LETTRE DE M. DE BEAULIEU(i)
A M» Duplessis»
MoNSiEUA, estant veneu ici pour le synode provincial , comme la lecture se fiiisoit des actes et articles du synode de Privas , j'ouïs ung article qui me donna de la tristesse : pour y estre non approuvé , mais condamné plustost ce qui s'estoit passé entre M. de Mon* tigny et moi d'une part, et de laultre M. Tilenus et ses adjomcts veneus de Sedan. Ores cest article peult estre parveneu jusqnes à yostre cognoissance; et pour ce qu entre tous les hommes du monde , vous estes celui que je craindrois estre en opinion que j*aurois, avec le frère député avec moi , faict chose qui ne se* roit à faire, j'ai pense, devant que partir d'ici, que je debvois vous informer Cômment les choses se sont passées, et comme il nous a esté permis par le synode de le représenter au synode prochain.
Vosti'e intention n'est poinèt de nous plaindre tant
(1} Minisire de 1 Eglise du Texin françoit, âgé de qoatlre vingts anS| et de sa propre jnain.
du synode de Prives , que de ce qu'il a jugé sans estre sufHsamment adverti de Taffaire pour en entrer plus araot en la cognqissance des choses; b fauUe en a plustost esté en nos députés , coornie nous en avons ici fiûct
piaincte. Ores le fait est:
GeuU de Sedan estant veneus ici suirant nos lettres, €t ne pouvant estre amenés à ce poinct de eroim Au. diilerend, la compaignie assemblée, alléguant qnMIs n'estoient plus du synode, par la distraction qui s'eé* loit faicte de leur Eglise d'avec les nostres; et ainsi qu'une partie des assemblées, comme ils estimoient, leur estoit partie, il fent advisé de députer trois per* sonnes pour conférer avec eulx, et regarder s'il n*y auroit pas moyen de. venir à ung bon accord. Les trois tstoient MM. de Montigny , Dumoulin et mot ; nous estant trouvés ensemble en la présence d'une notable compaignie, mesme de M* de Bouillon, la conférence commença par ce qui est de la personne du médiateur, ce qui n'estoit pas de mon advis, pour ce que c'est UDg incident de la question principale, qui est de la justification ; et feut le premier jour de la confierence verbale : mais on la changea en dispute par escrit. Plusieurs jours se passèrent ainsi sans accorder rien; finalement , comme le jour de Pasques approchant me contraigDoit de retourner pour la cene, et que mes fireres, arrivant ceste action, avoient plusieurs affaires, la dernière journée, estant assemblés chés M. de Bouillon , en rabsence de M. Dumoulin, estant fort pressés de M. de Bouillon de ne nous despartir poinct sans nous accorder de quelque chose , après beaucoup de contestations sur le faict de la personne du médiateur, feut proposé de venir au principal difiierend, qui estoit de la justification; et là encores des altercations.
LETTRÉ D£ M. D£ B£AULI£U Ores voici ce qui en adveint : comme plusieurs des
assistans, ayant les livres presens , eussent demandé a nos parties s'ils n'en vouUoient pas croire tels et tels, et qu'ils leur eussent respondeu qu'oui , nous le sçachant, Dieu nous mit au cœur de leur demander s ils eu voulloient croire le Catéchisme de nos Eglises , celui de r£glisedeHejdeIberg, avec l'exposition de M. Ursinus, et ce que M. de Chandieu en a escrit contre les moines de Bourdeaulz : ils s'y accordèrent Les extraicts donc en feurent faicts et signés non seulement à'eulx et de nous, mais aussi de M. de Bouillon, MM. de Montlouet , de La Noue et de tonte l'assistance. Sur cela nous nous separasmes avec une très grande joie, croyjînt que Dieu avoit conduiet le tout par une singulière providence , et que nous asseurions que la cx>ntroverse principale par cela prenoit fin , et que nous avions amené nos parties à ce que nous désirions» et que nous avons enseigné jusques ici en nos Eglises de la matière et forme de nostre justification.
Voici les extraicts que vous prendrés loisir, s'il vous plaist , de voir.
Du Catéchisme des Eglises françoises^ dùneutche 19:
«Et pourtant je dis que par sa pure miséricorde et bonté , sans aucune considération de nos œuvres , il ;nous a agréables en Jésus Christ , nous imputant la justice d'icelui , et ne nous imputant nos faultes. » Voilà ce qui feut signé.
Au latin de M. Calvin, duquel nous avons le Cate* chisme , encores plus expresseement en ces mots :
« Itaque mera sua misericordia , nuUoque operum respectu nos giatis amptectitur in Christo, acceptes* que liabet : illinc justitiam nobis acceptam ferenda,
âc si nostra esset : peccata vero iiostra nobis uou imputando. »
Du Catéchisme de Heidelberg^ question 6b :
cr Quœstio. Quomodo justus es coram Deo? »
« liesp, Sola fitle in Jesum Christuin ; adeo ut licet me mea conscientia accuset quod adversus Dei man* data graviter peccaveriin nec ullum eorum seryaverim ad hoc etiam nuua ad omne maluin propenâus siin nihilominus tamen (modo hœc bénéficia vera animi fiducia amplectare ) sine ullo meo merito, ex mera Dei misericordia milii perfecta satisfactio, justitia, et sanctitas Ghristi impatetur ac donetiir : période ac si nec ullurn ipse peccatum admisissem , neo iilla mthi labes inhaiiret. Imo vero quasi eam obedientiam', quam pro me Ghristus pr»stitit| ipse perfecte praestitissem. »
Sur cela M. yrsinus, en son commentaire :
alustitià in gener«, est eonformitas cum .Deo, et lege divaia seu est impletio tolius legis ; et est vel increata, vel creala, increata.qua.est ipse Deus, cùjus essentîa est ineia justicia. Creata qua est effectus Dei in creaturis rationalibus qua legi Dei sunt conformiter. Ëstque vel legalia, vel evangelica. Legalis, qua et operum, est obedientia perfecta legi ab angelia, vel hominibus praestita evangelica qua cl fidei, est ampletia legis non a nobis , sed ab aiio prse^ktita pro nobis ; hoc est x«V for filii Dei nobis imputatum. »
C'est ce qui en feut signé : mais voici ce qui est aussi de M. Ursinas, au mesme lieu et de suite ;
« lustitia igitur in universum, quateniia creaturis ratioualibu:> couipetit est impletio legum ad creaturas
rationales pertinentium : seu est eonformitas creatnra^
174 LETTRE DE M. DE BEA.ULIEU
rua ratîonalium cum legibus ad ipm perlinentibtts denique est impletio legis : est conformilas cum Ifgft
. est ipsa justitia. Hoc teneoduin : quia oportet justifi* cari per impletionem legts* Nam etiam evangeltca jus* titia est impletio legis aeque pugnat cum lege. Per
^ eyangeliuin eniin lea uoa abolstujr, std slabiiûur^^ Rom. 3, 3f.
De la lespouse de M. de Ghandieu aulx moines de RûurdeauJx, mr les artieks 43 ^ 44^ versÎM la* tÎM de 60B fhmçois, pour ee que nooB n'avions poinct Fexetnplaire François :
« Praterea « Chnstui deltret tantum peocata^ afic justitiam simul imputaret : secfueretur eum non plene pro nebis satisfecisse. Nam devincli , et Miffùà âmom Deo non moda iis fug^eodit qua nala sufit : aad etiam iis praestandis qua bona et tenemur legem implere» Quod quum facere noqueramus : hoc nostna nanti Ghristus prostitit haoantiim legis impletio par Chris* tuiD nobis quasi a nobis profecta , imputatur : qua libenmur apud J>ei judieiiim. luitifieati^ at aieoapti Dêù inauo jpsiiM dilacto , ut inqutt Paulus, fratema. Ghriftai dieebat sibi imple«4am esse omnem justitiam* Umf9^ Yenisse ut impleres logeai, et alio in loeo, ab omni* bus, sequibus per legem molis absoivi non potuistis» per hune absolvitur quisquia in aum crédit Uem Cbriir tua est finia in justitiam omoi 4mdafilii , itean QaontM factus legî abnoKÎus , ut eos, qui legi erant abnoxn^ rediraeret, et alibi, iious apeK maudatomm le^ aoa pffMtibtbit uaqua dum oinma lacta aial:. Et Baidua^ an legem Lnquit manem reddamus per fideus? Ab$it legeoi atabilimua tempua qood Me imipimiis (Sbris* tum , qui legem nestra oanaa ianpla^ Kam quemed^ modum paceatum est transgressio legis sic justitia (ut
proprie legamur) est legis imp}eùo qua hmc nec in nobis , nec per nos existât ^ qua renda est in Ghmttf idcirco AugustiniM, «te M
Voilà ce qui feut accorilé et &igné ; oie^» que le tout ioit Feduict en propositions » il se trouvera que c'ost ce qui tloibt estre enseigné, et qui est la de^isioa de tuut le difiei end de la juétilication.
I^ Que la justieo eut en raeconplissement de k loi* Que par la loi il n est pas seulement requis qu'il se se trouve poioct de peobë 9n nous, mais aussi que BOUS fiissions tout ce qui nous y est commande.
3\ Que cela ne pouvant «stre de nous d'obéir et accomplir la loi^ Jeaus Gbrist j qui y est Aspondant et satisfaisant pour nou;;, l'a faict.
4*. Que eeste obéissance et accomplissement de la loi par Christ nous est iaiputé à justice*
S**. Par ainsi que nostre justification estant desjà en cela que par Jésus Christ nos pecbés nous sont gratuit tement pardonnas, elle est aussi en eeoi que raccom** plissement de la loi par lui et son obéissance nous est imputé à justice.
6^ Q«e par Taccomplissement deTla loi par Christ, et Fimputation que nous en avons par la foi s'accorde •D la matière de nostre justification , TËvaagile avec la loi.
Avoir M. Tilenus et les aukres signé avec nous cea eitraieta, ctA avoir siffoé que la juatîfieation p'est pa» en la seule rémission des péchés ; que la justice et sainctete du Christ n'est pas acrestee en sa personne^ maia en nostre justification ; que l'obéissance d*icelui y qui nous est à salut et justice, n'est pas seulement la passive («omme ils parient), mais ausai l'active, ea. rentier accomplissement de la loi. Que pouvions nous
176 LËTTAË DE M. D£ BEIULIEU
leur demander dadvantage pour accorder le diffe* rend?
Restoit le différend de la personne du médiateur,
procédant de ce que Piscator et M. Tilenus, pour arrester Tobeissance active ( comme ils parient) à sa personne, disent que ce qu'il a este subject à la loi, est qu'il e^toil fils d'Adam, d Abraham, etc. Cela eust peu aussi estre vuidë , puisque nos parties estoient en si bon train; mais le temps nous defiiilloit; et desjà a voit il esté arresté que ce qui en avoit esté disputé entre M. Dumoulin et M. Tilenus seroit envoyé à Genève pour en avoir le jugement.
Et voici ce qui m'en semble en conséquence de ce qu'ils avoient accordé, que je prendrai hardiesse de vous proposeï: pour en avoir vostre advis. Je me reservois pour aostre synode, si on eust trouvé bon d'en conféra* avec eulx; mais silence est imposé, et le tout ' renvoyé au synode.
I** Confesser que Jésus Christ a accompli la loi pour nous, et que ceste obéissance , par nous estre imputée, est partie de nostre justification, et consequemment de nostre salut, c'est confesser que celaestoit de Toffice de médiateur et respondant pour nous. Si de Tof- $ce de médiateur, là cause qui Tobligeoit à ceste obéissance doibt estre prise de là, et non d'ailleurs.
2''. Les opérations des choses qui sont parties de nostre' salut et rédemption sont de toute la personne; car ainsi est il le Christ, le Sauveur, le médiateur. Avoir deu obéir et accomplir la loi, pour nous estoit opération de l'office de médiateur, et partie de nostre rédemption; cela donc estoit de toute la personne' > non donc pour estre fils d'Adam, etc.; car estre fils d'Adam n^esl que d^une des natures.
3^ L'humiUation, comme aussi l^ofEce de médiateur , est de toute la personne; c'est ce que nous desbattons contre ceulx de la relligion romaine; les passages y sont, PhiL a. Terni, «te. Ores, estre subject «1 la loi et obéir , est partie de Iliumiliation. Cela donc est de toute la personne; consequemment ce n'est la cause . d^estre fiis d'Adam, etc. xju^il a esté subject à la loi et^ a obéi; car ceste cause ne touche toute la personne.
4*"* Aulx opérations du médiateur pour nostre rédemption , le • principe premier en ordre , ou le prin'* cipal agissant, c'est la nature divine; car elle porte Taultre et la meut. Si la cause donc d'accomplir la loi et obéir estoit d*estre fils d'Adam, etc., ceste cause donneroit à la nature divine. Ores ceste cause d* estre fils d'Adam, etc., ne touche poinct la nature divine. La cause donc de l'obéissance et accomplissement la loi n'est pas de là.
5°. L'humiliation à esté volontaire en toutés ses parties ; comme volontairement il s'est présenté au sacrifice de la croix, aussi volontairement il s'est assujetti à la loi pour Taccomplir; et si la cause estoit qu'il estoit né fils^'Adam , etc., c'eust esté cause obligeante, chose contraire à ce qui se iaict sans aultre cause que de pure volonté.
6**. G'estoit voirement à l'homme d'obéir et reparer ^ ■ le default d'obéissance par une entière pbeissance; mais cela ne se pouvoit filtre par la seule nature humaine en Christ ; V» la nature humaine des choses de nostré salut (comme il a esté dict ) n'opère poinct sans la divine; 2°. l'humaine est à la divine comme instrument qu'elle a pris et .adjoinct à soi, pour faire en elle et par elle ce qui est à fiiire pour la rédemption , et participent ensemble en cest ordre aulx opérations; Mût. DB DirPLBMii^MoavAT. Ton xii. I a
178 LETTRE DE M-, DE BEATIUEtT
3", l'obéissance sans la diviue serait ppmf^t auUrcment d'efficace infime jpovf nous cpi^tuiief justes» C'est donc rhiimanité en Christ en laquelle pour nous la loi a esté accomplie , non sans 1^ divine i^ature^ voulant que cela feusA, s'esUoit abaj^s^.po^ cela^ soubstenani e^i soi ri|uraaine; tellement que c'est tousjours la personne qui est 4^cie avoir obéi, ea pek avoir respondeu et teneu la placé (comme ijfiediatenr) de ceulx qui debvoient obéir. Ore^» si toute Ja personne, la cause n*a pas esté d'estre fils d'Adam , etc.
Ces choses sont selon que M. Tilenpjs mesmes escrit en ses thèses de Tobeissance du Chrîsjt« itli^se§ 7 et 8, en ces mots :
a Gum actiones sint suppositorum , et in Christo non nisi unum sit suppositum , idqjue divioum : huic ne* cessje est attritoni quas libet-acdonea. hh litmvis na« tura proûciscantur. » Et peu après : « Natura huiuana, cum instmmentuni fuerit ^»>s : ffua^ #otio a principal! ingente potiva , quaçfi ab iostruiQ««to dtiuïnii« natur. »
7*". Si Jfssus Chris^ a esté fiiict subj^ à la loi « ist a
obéi pour ceste cause qu'il estoit lils d'Adam , c'eost esté pour soi. M^. Pispatpr et T^leous l'entendent ainsi. Ores, comme il est né pour nous 9 'qu'il 0St mort pour nous, et tout ce qui est de lui comme médiateur n'ai poinçt esté pour lui, mais pour noMs ; non plus se peult il dire qu'il ^ esté subjec^^ à la. loi pour soi ; que si aussi pour soi, ce ne peu^t ^stfe pour nous; car qui est obligé à la loi Test inÇoiyneiit m ponsidmtion de Faucteur de la loi , auquel cas |aloi d>lige infiniment eenk aulxqueis elle est donnée j (^t- ^ue reste il pour aultrui h celui qfii de i(oi, e% pour son pi^pr^ feiei» est oblige înfiniinent I et de tout ce qvii peult estre de lui? qui
X M. IiJ}Vl£S6lê. Î79
obéit pour soi y estant obligé ? Son obéissance ne peult e^txc dexnecile pour ixsttrui. L'abligaftion dti médiateur 41 esté purement peur mus.
8°. C'est renverser Tordre des causes aulx procédures de noBtve salutjde dire qu^ila esté-fils d'Adam, etc., pour estre oUîgé à BcmmpKr h 1m ; car estant ordonné par le conseil de Dieu pour estre le médiateur et aucteur de la i«de9i|i|tion ; «'est oe <|ui 1 obligeoit à laccomplissement de la loi pour nous. La cause donc estant telle, il a esté iaéct fils d'Adam, etc., non pour l'obliger à cela oomnie attkre cause à raccomplissement de la loi , mais afin qu'estant iaict fils d'Adam (c'est à dire fiiict homme)» la capse qui l'obligerpit à cest accomplissement par le conseil de Dieu eust '&on effect.
gi\ Qmûx (foi le disent avoir esté obligé à TaccompUssement de la loi pour soi , à cause quHl estoit fils . d'Adam, etc., pour raison adjoustent qu'il ne pou voit aultremènt estre le souverain sacrificateur qui nou$ ' estoit convenable , pour ce que sa qualité ( selon l'apostre , Ueb. 7) debvoit estre eu cela qu'il feut sainct, jusle, innocent, séparé des pécheurs. Ores n'estoit il poinct besoiiîg que ceste qualité lui veinst de là, puisqu'il i'avoit du moment de la conception , estant des lors en une pureté et saindeté parfiiicte. La saincteté donc et la justice estoient devant raccomplissenu iU de la loi : voir raccomplissement de la loi feut l'efiect de ceste saincteté; et par ainsi il n'en pouvoit estre la cause; teiiement que n'ayant nostre souverain sacridoateur sa: saincteté ^de osst aotsenipKssémetit, et pour soi , raccomplissement do' la ' loi et Tobeissance jusqués à la mori , en tout le cours de sa vie^ estoit pour nous à nous estre imputé.
l8o L£XT1U!: DE M. D£ B£AUJL1£U
Yoilà, nioii8iear,'Ce qui venoit en conséquence de ce que nous avions gagné sur nos parties, que le reste en pouvoit estre vuidé. Ce ,que j'ai bien osé vous re« présenter tout au long , afin que tous jugiës , ajant tant faict pour terminer la dispute, s'il y a eu cause au synode d'improuver ce que nous en avions faict ce a esté pour estre mal informés.
On dict qu,e nous ne debvions pas obliger par nos signatures le gênerai. Ce n'estoit pas l'obliger de promettre que nous enseignerions ainsi, puisqu'il n^estoit point enseigné aultremeui en toutes nos églises , joinct que nous ne pouvions leur fermer, la bouche , et leur ester à l'avenir toute matière de disputer, qu'en les obligeant avec nous d'enseigner ainsi.
On dict encores que c*estoit signer ce que les hommes ont enseigné; mais ces hommes desquels sont ces extraicts parlent avec la parole de Dieu; ce sont Catéchismes des plus pures £gliseS| non donc paroles de personnes privées.
Ores voilà donc , monsieur , le gnet de M. de Montigny et de moi , duquel nous fiûsdns juges, et vous, et tous nos frères qui vouidront entrer en cognoissance ' de cause. Excusés moi de ceste longueur.
Nous avons promis solennellement de n'escrire plus de ceste matière, les vmgs à Tencontre des aultres; mais ce que je vous représente ici, est ung simple narré pour nostre justification, sans oHenser per* sonne.
« J'ai ung traicté de la matière de la justification • ample et desjà de . long tetnps; 'mais il est en mon coffre attendant que les choses estant paisiblement accordées , iLsoU seulement pour confirmer l'accord et fortifier les consciences.
A M. DUPLESSIS. l8l Monsieur , excusés moi si j*ai pris ceste hardiesse de vous arrester si long temps sur cest escrit ; je me recommande très humblement à vos bonnes grâces et
sainctes prières. J'ai devant cinq mois atteint Va^g^e de quattre vingts ans, et suis en bonne sauté, grâce à Dieu, etc.
De Paris, ce 1 5 avril 161 3.