‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 50 sur 142 · LETTRE DE M. DE ROUVRAY · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE ROUVRAY

d'uog commun advis y chercher le remède. Cest affaire me fasche et me donne des frissons non petits, jugeant et sentant bien que nos estomacs ne sont encores si fortifiée que peu de chose ne les fasse retourner au vomissement le &is ici tous mes efforts pour prévenir cela : j^en parlai encores hier à la roync , et lui fis sentir e% voir les suites à main droicte et à main gauche de cest aflhire. Elle me dict qu'elle en croyoit bien quelque chose, et que dans peu de jours elle y mettroit fin. Le yent du bureau n'est pas pour M. de de Bertî* chères, duquel Fon tient que M. le connestable s'est desparti. Hier la royne eut et tint en plein conseil de rudes propos ponr M. de Vendosme à monseigneur le prince , avec une action telle qu'on ne lui en avoit jamais veu de semblable. C'estoit sur ce que l'on avoit ordonné qu'il eust à revenir et se tenir à Anet ; sur quoi monseigneur le prince insistant au contraire, et représentant que ceuix. qui avoient des gouveruemens n'estant poinct à la cotirt, ne debvoient estre ailleurs^ que dans leurdict gouvernement, desquels, par ung commandement absoleu on ne les faisoit. poinct sor* tir pour leur enjoindre leur retraicte en leur maison, que ce feust par punition, et comme leur prescrivant ung lieu d'exil ; qu'il ne desiroit avoir qu une asseurance de Gonchini, ou de M. de Bouillon, ou de M. du Maine, qu'il seroit bien veu d'elle, et qu'il se rendroit aussitost à la court. Là dessus le sang s'eschaufTa, et se leva tout le conseil : depuis ils ne parlèrent poinct ensciiiLle. La royiic Ura à (juai tier le pœmier, M. le président Jeannni , et eurent de grands discours; puis elle feit le semblable avec M. le chanceUier, après quoi feut appelle M. de Bouillon, avec lequel seul, les aultres

À M. DUPLËSSIS. ^69

s estant retirés , il y eut de longs discours» pendant lesquels monseigneur le prince s*estant mis entre MM. le chancellier et Jeannin , il parut sCschaufier fort en son discours. Mais enfin j'apprends que Ton tient ferme que la chose passe de ceste façon, sans y recevoir aulcung inesnagenient. Ainsi vous pouvés juger si nos mecontentemens croissent, combien que Von ait parlé d'une certaine negotiation et entremise de M. le cardinal de Joyeuse pour les raccommoder tous, ce qui est plus à désirer qu'à espérer aulx termes où je iroisles choses. Pour l'ambassade des Pays Bas, je vous dirai qu'hier M. l'ambassadeur d'Angleterre me communiqua une lettre qu'il avoit eue de celui qui est pour le roy son maistre vers messieurs des estais , par laquelle il lui mande le grand mécontentement quils ont receu de la proposition qui leur a esté feicte par M. de Refuge de recevoir pendant son absence M. Dumaurier pour agent de la part du roy auprès d'eulx, et comme ils lui ont dedaré qu'ils en feroient leurs plainctes et remonstrances à leurs majestés , estant en toute façon ung trop évident mespris que Von faict d'eulx; et que si Ton eust creu M. d'Aersens encores ici, qu il feust en charge de cela avant son partement; tellement que l'on croit qu'il n'y pourra pas demeu** rer , M. de Villeroy ayant dict à monseigneur le prince et M. de Bouillon la mesmc chose qu'il m'a dicte sur cest object-, et qu'il n y estoit envoyé pour ambassadeur, elc.

Du 23 juin i6i3»

370 LETTRE I>£ M. BUPLESSIS , «t«.

GXyiI.>-^ LETTRE DB M; DUPLESSIS

A M* de Roui/nyr, (1)

Monsieur, j'ai receu le» iroslm du 19. Si on se retranche du consentement donné au voyage cie M. Durand ^ oda sera mal interprété; et pour ee jé yeuht croire que vos remonstrances l'auront emporté. Cependant M. Marbault vous dira que les procédures de Dubois n amendent pas. le considère fort tes propos de la royne mentionnés en vostre lettre. Parmi ces makntendus , ne pouvés mieulx que de lui imprimer que nx» Elises s'attacheront au dkroîct et au debvoir, et ne varieront pour chose qui advienne; car c'est le fnoyen de fomenter toutes resolutions généreuses, soit pour le dedans, soit pour le dehors, et d'efiàcer les cicatrices qui pouvaient rester du passé. Vostre frère ne m'escrivoit poîoct qu'il feisi estât de partir de cbés lui si tost ; mais st ses affiiires le comportent , et que voyiés subject par delà qui le mérite ^ comme j'apperçois par ung mot de vos lettres , cestei peine sera bien employé..

Vous me faictes mention d'ung livre eu latin imprimé à Londfes; si c'est ooncemant la nécessité d'ung concile 9 il m'a esté envoyé, etc.

Du 27 juin i6j^

(1) Depaté genml des Eglises reformées de France, près leurs majestés.

LETTRE DE M. DUMOULIN , eic. I

CXVIIL — 'V^ LETTRE x\I. DUMOULIN

A M. DuplessU.

MojHSiEUR, le porteur de la présente a esté lieutenant du prevost de M. de Bouillon; il yous dira le succes qu*i! a eu à son service : il est homme courageux et d'exécution, propre à estre employé en quelque bonne occasion, et qui a du zele à la relligioa : il espère en quelque ville de seureté de trouver à estre employé , et a creu que ma recommandation envers . TOUS lui pourroit proficter. J'ai mieuU aimé abuser de

vostre bonté que (restrc eslimc avoir faultc de charité envers ung homme affligé , et qui mérite d'estre seooureu.

J'apprc^nds que vous avës trouvé le livre M. Tilcims mauvais et de pernicieux exemple : vous le trouveriés beaucoup pire si vous sçaTÎës qu'il agite une question forgée à plaisir, et met ung différend qui ne feu t jamais entre nous; car, monsieur, je vous puis asseurer que je ne crois rien de tout oe qu'il me faict dire. Dieu ' me veult esprouver de ce costé là. Cependant ne soyés en craincte que de ma part il doibre advenir aulcung trouble à TEglise par contentions.

AL de Rouvray m'a parlé de quelque mésintelligence entre M. de Rohan et vous, dont j'ai receu beaucoup de tristesse : mais "Vostre sagesse ne souffrira pa« que cela dure long temps; et combien que je sois indigne de ▼aus donner conseil ,* il me semble que l'ung et l'aultre doibt de soi mesmes trouver les moyens d'accord et faire U moitié du chemin, plustost que de vous servir de l'entremise de personne.

Tout bruït ici de guerre , . mais on est resoleu a iîhercher la paix. Le duc de Mantoue ne veult recevoir

secours d'aulcung huguenot. Le gênerai Ariiauld a ung régiment soubs le duc de Savoye» etc.

Du . . juia i6i3«

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