CXXVII. — *LETTiiii DE M. DUPLESSIS
A M, de Loumeau*
. MoNSiEUA , j'ai receu les vostres du 9. Je n ai rien de M. Durand, mais je l'attend» au premiar jour; je crois neantmoins qu'il aura voulleu voir madame de Kolian à. Soubise. Si son voyage a réussi , c'est ung commencement de mieub ; A^àit je taseherai d'estre ung lien entre h s plus esloingiiés , ce que M. de Bouillon a semblé de&irer; sinon ce seront parallèles qui ne se rencoBtreront jamais; et pour les inoonveniens que ]t prévois en ce cas, je ne me les figure pas volontiers. J^i fort piainct M* Durand' de ce fascheux abord qu'il aunr»eQ;'Car je doubté que le cataplasme sur Desgrus^ tieres ne guérit pas la plaie de madame dé Rohan , et certes c'estoit celle où il falloit avant tonte chose porter la main. iSTos députés- n'ont poinct de' vent que M. de Rohan, de Mouron doibve aller à la court, encores qu'tksfachent cevoyage^auguel oeaiitnioins j'entends quelques mystères. Le cancer que je vois se fermer en vostre ville m afilige extrêmement, car s'il vient à s'ou* Tîir comme il menace , il se rend incurable ; c'est pourquoi je dirois volontiers : ny 'a il poinctde baume en Galaath ? car de la court qu'attendrës vous que le fer et le feu , plus capable d'irriter tel mal que de Tappaiser; m*ais j*entends qu'il fiiuldroit que nostre union precedast,et puis que les parties convinssent d'arbitres, îe^n'ai fleinet veu la lettre du roy d'Angleterre mentionnée e» vostres; pour peu qu'elle flatte ces nou« veaultésy elle les fomente, de tant plus qu li les avoitsi severemeuteondamnees; et, premier qu'on la cognoisse
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obreptice, elle aura gagne ung graïul pays. J'en escrirai à mes amis pour voir s'il s'y trouvera quelque remède. Le marquis de Bonnivet m*a faict aultrefois parler assës ^oofidemment , et de faiet nous sommes parens, et son pere m'estoit intime ami » lequel feit profession et moureul de là relligion ; n'aguere mesme , revenant de la eourt , li me vemt voir et me teint de bous propos. Toutesfois il a fiiict ceste équipée sans que j*en ai rien sceu. Je double s'il s'offre à se déclarer qu'il sera pris au mot, et la division en sera eause. M. le prince ne faict pas son voyage de Bordeaulx , et se resoult de tenir pied ferme à la court, recognoissant que son absence lui nuict. M. de Yendosme s'en va à Anet, où il . recevra des lettres du i oy qui le rappelleront en court. C'est le milieu qu'on y a trouvé pour garder le respect et la bienséance. La royne ne contremande poinct ses forces jusques à l'exécution du traicté de Montferrat, duquel, par mes dernières, le duc de Mantoue ne lui avoit encores rien escrit. Ferrier a esté excommunié à Nismes , après ung jeune et pryeres continuées à Dieu , huict jours durans, pour lui toucher le cœur, pendant lesquels il s'est absenté* Il a escrit à M. le chancellier que cWoit en haine d'avoir bien servi le roy ; mais les députés du Languedoc lui ont faict apparoir et des crimes et des procédures dont il est demeuré satis- £fiict , etc.
Il semble que le roy d'Espaigne veuille faire échange, avec le duc de Mantoue , de Crémone et aultres places
voisines avec le Montferrat.
Du i3 juillet j6i3.
Méll. DE DuPl^BSSIS-MoHirAY. TOMB. XII.