‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 55 sur 142 · CXXIY. — * LETTRE DE M. CHRETIEN · texte numérisé non relu

CXXIY. — * LETTRE DE M. CHRETIEN

M, Diiplessù,

MoNsiËUK, que vous puis je mander des affaires du monde que vous ne sacliiés ? Je pense qudquesfois que les délais que je prends de vous entretenir m'en' donnent dadvantage de subject, m'allongent le discours; mais quand je viens à recueillir le tout, je trouve le bouquet si fiiné, si passé, qu'il s'en (àult peu c|iie je ^ ne le jette à terre. Vous aurés sceu quel esclat et quel I bruict a fiiict la supplication. Ung malheureux impri- . meur, trahi par ung des siens, en est en telle peioe qu'appeilant qu'il est de lamende bonorable devant la porte do nonce, et du bannissement, le procureur gênerai est appellant à minitna; et enfin sont les conclusions du parquet, <i la mort. Vous aurcs veu ce livret, dont à mon ad vis nous nous feussions bien passés; car,

A M. DLTLESSIS. a85

e&Unt sans nom, on le tient estre sorti des nostres;. bien que soyons asseurés qu'il est tfung ecclésiastique. En voici uqg auitre que je vous envoyé; c'est ung j^icile^um d*iine plus grande moisson; aultrefeis tous en ai je parlé; vous jugerës par là du grain qu'en pourrpient rendre les gerbes entières; mais il est difficile 4^IM<«.l^Yoir la vérité. Goefietean est à la fin deson livre ; il sortira , comme Ton m'a asseuré , dans six sepqiaines au plus tard. Pour celui du cardinal^ ne vous y attendes plus; il est après la response au livre de M. Ga*

saubon, qui est ung juste volume in ibiio, qu'il faict imprimer che^ lui, et n en lire on que quétlroiezeraplaires seolemeat; cela s'appelle pour le relire et fiiire encores une fois imprimer. Car il est arrivé que comme le roy d'Angleterre a eu advis que l'evesqne de fieauvais disoit qile ses evesqucis'feilavoieiit ponuA de mission, lui en ayant faict escrire par M. Casaubon, sa paroisse a £ûct qii'il à piryé le cardinal d'adjouster la respoose di^s son livré;, tellement qu'il se trouvera ^urci de toutes les controverses , au lieu que le oommence^nept. e6toit;,SjSuleqie&t de voce caihoUcî^, eto,

CXXy. — LETTRE DE M. DE SEAIJS-.

' A M. Duplessis. ^ '

MoKSiBOH^ipuisque j'ai esté soigneux jusques à ceste heure de ,yoijis f^ire sçavoir 1^ aultres nouvelles que Ton a eue$iiQi^.{Vreniierement de la guerre, et depuis Ae la paix d'Italie; je pense ne debvoir pas manquer de, i' estre maintenant à vous advertir de celle qui en est .vendue la dernière; tapt parce qu'elle doibt estre la

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dernière en effect, qu^à canse qu'elle n'est pa& la moins

importante. C'est que toutes les places qu*«voït prises M. de Savoye , ont esté remises entre les mains de M. de Mantoue, qui leaa fkict rèoetmr par Mttfrèfto dei^lte des Espaignols, à qui elles avoient esté reiideûeS par le premier, et qui, en cesie sorte, n'ont poinctfiikt de tort à PaultHë , ét se sont tnonsti^ p\û^ loyaulx que de coustume, en la restitution d'ieelks; mais je crôis qu'ils doiinreni louer Dieu de ee qisœ finsal n'esieit poinot du aomk«. Gar m&thme , s'il en e^st «été , lit iéiitation eost esté plus grande , je ne scais s'ik y eûsséat » him vBmté , eto^

CXXVL tr>A^ LETTRE D£ Mb DUPi»£8SiS

A M. de Èouvrar.

Monsieur, je recens hier les vostres du 6. MiDtfrand, comme je vous ai mandé, est parti d'ici fort content^ ét Pa tesm^gné où il a pas^. Bfais je né sçëis

ce qu'il aura trouvé ailleurs, dont toutesfois je ne vouldrois pa$ doubler, si M. de Rohan estait rendeu à soi mesme. J'en escrivis hier à M. Marbanit par M. de La Cressonnière qui est paru ce matin en poste; aussi de ce malheureux chancre de La Rochelle, qui est en danger de s'ouvrir an premier jour, le suis avec vovs et ai tousjours esté d'advis que l'union des conseils est plus nécessaire que jamais. Mais si oest!é'|^remiere ne rettsait^ les aultres stfivroht diffieilettient.'PMi'la fia»* liter, j'avois uiesmes proposé que M. de Rohan et M. Duptëssis se (yourroiént voir ehés ttdg attil com* mun, approchant âé la traverse de Sàinct Jéan à Hou-

LETTRE DE M. DUPLESSTS , etc. 267

ron ; mais je n'ai eu aulcune nouvelle de M. Durand, encores qu'il soit arrivé la des le 5.

U y a long temps que je m'apperçois des subjects que vous avés de josie douleur en ce que , après plusieurs remises, ils ne vous vuident jamais ung affaire nettement; je dirois volontoers que M. de Rohan a vonlleu donner droiel à M. de Bouillôn^ et que la court Alaintenant le veult donner à M. de Rohan, Tung et l'aultre aulx deapens de vous et de moi qui avons cherohé le bien public. Mais si fiiult il que les raisons de nos ac*tions soient cogneues par ceulx avec lesquels nous avons à vivre, et que nous en soyons ganins l'ung i raoltre; à quoi je vous promets bien de ne manquer pas ; non plus h ce que vous désirés que j'escrive à qnelcfu'ung de JIIM. les dirdctMtrs sur le peâ d^ieea* tion des oboses promises; mais je reserve d'en prendre Toccsasion après avoir veu M. Durand et vostre frère.

fii nous avions bonne éaiition de M. de Bouillon, je ne trouverois pas le voyage de Turenne mal à propos, je dis non pour ung esoapade , ains pour ung s^our; mais il fiiiildroit quls . quelque correspondanoe eust

précédé. . . , , ,

<Pour l'assemblée générale, vous ne pouvës fuir à ia dttnande pour vostre décharge; mais je crois que vous devés ung peu différer , tant qu'on ait une grande certitude de i'aiiaire de Montferrat. Il y a apparence qu'on vous trai^nera la response. Il fiiuMira travailler eepen* dant à nous rendre capables de la faire réussir au bien^ de nos Eglises et de Testât; à quoi certes, veu nos bonnes intentions, on nous debvroit plus aider qvCon ne faict; car il semble qu'on prenne plaisir, au con«

traîrcy à nous rendre inutiles, etc.

Du jnillct iM.

à88 LETTRE DE M. DliPLESSIS

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