CXLIII. LETTRE De M, le duc de BoiUUoa à M. Dupiessù
Monsieur , je n'ai voulleu laisser perdre l'occasion
de M. de Villarnould sans vous escrire : il vous dira Testât auquel il laisse nostre court, qui a tousjours ses iricissitudes ordinaires. Nous én debTons avoir une de nous unir, se rendre intelligens «\ suivre mesmes conseils , les limiter par les debvoirs à Dieu et à nostre roy , les poursuivre par moyens justes et dans lesquels nous regardions premièrement au public quà nous, qui trouverons asseureement dans Tadvantage du gênerai celui des nostres particuliers. Là mes volontés et actions seront tendeues, et à désirer l'ouverture de vos bons advis, aulxquels je rendrai la conformité que vous en debvés attendre , les honorant et estimant comme je fais, et vouilaut rendre à vostre personne le serrice que vous ai promis, monsieur, etc.
A Paris ^ ce 27 juillet i6i3.
GXLIV.-- LETTRE De M, le président Jetmmn à M. Duplessis.
MoirsiEUR, s'en allant M. de VîUarnould vers vous, je lui. ai donne ce mot pour vous asseurer que je cootinue tousjours en mesme affection et désir de vous rendre très humble service, partout où j'en aurai le moyen. Nous faisons tout ce qui nous est possible pour donner contentement à ceulx de la relligion, et em'
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pescher ceulx qui ont envie de remuer d'en a^oir quel-* que prétexte. Mais on ne peult pas contenir ung cha» cung en debvoir , comme vous le jugerés par ce qui est adveneu à Nismes contre M. Ferrier , excommunië avec des paroles les plus aigres que la fureur et violence a peu inventer , oultre laquelle il a encores esté pottrBuiyi à coups de pierre, en danger d'estre tué» s'il n^eust eu recours pour asyle en la maison du lieutenant gênerai. Oultre ccst outrage, plusieurs mutins estans entrés en sa maison par force, en ont tiré ses meubles et les ont brusiés publicquement en la rue. Il y a des actes qu'on peult dissimuler pour le bien de la paix; mais ceidx ci ne peuvent estre tolérés sans souffrir qu'on viole les loiv puhlicques, et le respect qui est deu à la majesté du roy et de ses officiers. Ces excommunications deviennent trop fréquentes, et n^ont aulcung fondement la pluspart , sinon de noircir et rendre abominables ceulx qui tesmoignent avoir de l'affection au service du roy. Je vous supplie très humblement de considérer les inconveniens ^ui peuvent arriver d'une ouverture si pernicieuse, si on ne donne quelque bride à cesté insolence et fureur. Excusés moi si je la nomme ainsi ; je suis certain que vous avés le mesme sentiment. Nous avons des remèdes en nostre relligion pour nous opposer aulx censures qui viennent des p3))es et auitres prélats ecclésiastiques; et s'il ny en a poinct contre celles des ministres , les abus qu'ils commettront trop licentieuseraent en cest endroict, seront trop préjudiciables à Testât Aidés, monsieur, je vous «appUe, à y trouver quelque remède; car je ne vois pas, et n'est pas raisonnable aussi, qu'on souffre ceste licence. Je vous baisc très humblement les mains, et
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prye Dieu , monsieur , qu'il vous tloniie en parGûcte santé ires longiie et heureoae yie* Voatre Ives humble et très affectionné scsrviteur , P. J^Anvin.
lu P«ns I ce 27 juillet 161 S.