CLXY. — ^ LETTRE DE M. DURAND
ji M. Diiplessis.
Mojvsi£UR , j'ai eu le bien de voir et entretenir bien au long M. de Licques , lequel il vous a pieu m'en* voyer avec lettres de créance de vostre part, et l'estime, comme il m'a tesmoigné, estre satisËiict de moi; aussi agreerës vous ce qu'il vous dira avoir ou! de ma bouche. Le sommaire est que si j'eusse recogneu en tout mon voyage et séjour tant sok peu de mescontentement pour vous, je n'eusse poinct failli ou à vous Fescrire, ou h vous Taller dire moi mcsmes ; et jà n'advienne que je vous vouUeusse donner la peine de nous venir
voir, pour y recevoir aultre tiaicteiiient que vous debvës attendre. M. le duc de Rohan m'a jusques ici laissé la clinrrre de vous convier; mais c'a este comme encores avec le désir de vous voir el de vous tesmoigner^ comitie il fera, qu'il ne YÎse qu'à une sincère reeonei* liation. Madame sa mère y est portée , me Ta tesmoignee et TOUS en eust escnt de nouveau , si elle Teust jugé nécessaire. Je n'ai plus, monsieur , qu'une très humble prière à vous faire, c'est qu'il vom plaise, par vostre veneue, me donner bientost liberté. Je n'entreprends poincl de tous prescrire le temps, sçachant très bien que vous n avés pas accoustumé de le perdre , etc.
Du 21 aoust i6i3«
CLXVL — LETTRE
De madame de Rohan à M, DupUssis..
Monsieur, j'ai esté fort estonnee d'avoir sceu par M. Durand qu'il avoit entendeù de M. de Licques qu'une
des raisons de vostre retardement estoit pour n'avoir pas esté convié par moi de venir en ce lieu; je croyois vous avoir assés tesmoigné avec combien d'affection je desirois que vous et mon fils vous peussiés voir que je ne pensois poinct que vous peussiés doubter que ce ne me ft ust ung extrême contenteaienl ; je n'eusse laissé toute&fois d'envoyer vers vous des que je feus arrivée en ce lieu, pour scavoir quand je pourrois avoir ce l)onlieur, sinon que j'estois si foible de ma maladie qui me duroit encores, que je ne pouvois escrire qu'avec grande peine. Maintenant que je me porte mieulx , Dieu merci, je vous envoyé celacquais pour vous supplier bien humblement, oultre ce que M. Durand en a
peu dire à M. de licques, qap je ne soie privée du con^
lentement que je me suis promis de vostre veue ; plus test ce sera, et pius vous m'obligerés : car ouitre le désir que j'en ai, je ne demeure ici que pour vous attendre, et serois desjà en Bretaigne , où j'ai des affaires qui m'appellent y sans ceste espérance. Obligés moi donc, je vous supplie, en cest endroict^ et me mandés précisément, s'il vous plaist, le jour que vous serés ici, oii je mettrai peine de vous tesmoiguer que vous ne serés jamais mieulz veneu en lieu que là oit aura puissance, monsieur, vostre, etc.
Cath. i>£ Faathenat.
Bu ai aoust i6iS«
. CLXVll. —-^ LETTRE
De M, le duc de Bouillon ^ premier mareschal de France y à M* Duplessis.
Moi^siEUR , j'ai receu celle qu'il vous a pieu m'escrire par M. de La Fprest ^ et crois que vous vous appercevrés par la response qu^il vous fera, que je lui ai parlé franchement et clairement sur tous les poincts qu ii a eu charge de me proposer de vostre part, en ce peu que je puis au repos de Testât , le bien de nos Eglises. Je tiendrai à beaucoup d'honneur, monsieur, la continuation de ceste communication, que je posséderai avec intégrité , et tascherai de mesnager avec prudence. Au moins, de quelque chose qu'il vous plaise vous ouvrir à moi, debvés vous estreasseuré que je n'en abuserai poinct, et n'en userai que comme vous le prescrirés. Je remets le surplus sur les lettres dudict sieur de La Forest, etc.
Bu aa aoust 161 3.
A H. DDMiËSSIS. 353