CLXX. — * LETTRE DE M. DUPRAT
A M, Duplessis, (i)
Itto^sii^uat TEglise deBearu m'ayant député eu court vers leurs majestés pour obtenir la ratification de la confirmation qui nous feut expédiée des Tan 1610, pour demeurer au mesme estât sous lequel nous vivions lors du deces du feu roy, et pour faire très hum^ bles icmonstrances sur les octrois faicts aulx evesques de ce pays, au préjudice d'icelle, j'eslois parti soubs espérance que ma légation pourroi^ estre félicitée et soubteneue de vos prudeus et salutaires advi^, suivant j, I ^ • I I
(1) ntstoit ministre sa Bearn. ^ j
la prycre qiie toute TEglise vous en fiiîct par celle que
j'ai laissée entre les mains de nostre très cher frère, M* BouchereaUy pour vous estre rendeue avec la présente. La peine que j'ai eue en ce voyage ne m'est rien au prix du regret qui m accompagne, pour n avoir eu le moyen de vous supplier très humblement d'oofr nos douleurs et vous employer à la recherdie des re* medes convenables et légitimes, qui puissent détourner les orages dont nous sommes menacés. Oultre la considération du gênerai de l'Eglise , j'eusse receu ung spécial contentement d'estre vivifié de vos saincts conseils, comine j 'a vois esté aultrefois repeu de vos saincts discours à l'isle Jordan , t^n la maison de M. Thiery, qui est maintenant président en la chambre des comptes à Nerac. Puisque je suis maintenant privé par la providence de Dieu.de ce grand secours que j'attendois pas vostre moyen, je vous supplie tre§ humblement, monsieur, me permettre de vous représenter ung sommaire de nos misères. Depuis le deces du grand Henry , ' les evesques de Beam ayant esté déboutés par divers arrests du conseil de Pau de leurs impetrations^pour avoir entrée audict conseil avec voix deliberative , ils ont obteneu une commission addressee à l'evesque de Bayonne , pour les installer contre tout ordre de justice, et contre les libertés et privilèges du pays qui est , grandement troublé. Il y a aussi commission addressee au mesme evesque pour installer en Toffice de conseiller audict conseil le sieur de Marca , presbtre chanoine de Lescar. Nostre condition deviendroit par ce moyen plus misérable que celle de ceulxqui sont ju^^és en chambre mi parties par personnes non ecclésiastiques; dadvantage depuis ladicte confirmation "^on a expédié à l'evesque d'Oleron lettres patentes pour
A M. DUPLESSIS. Î57 avoir la main levée de la troisiesuie partie du reveneu des biens ecclésiastiques destinés à J'acquit des charges ecclesinstiques et pL)litit[ues couchées .sur lestât depuis lon^ temps ; et combien qu'il en ait esté débouté par arrest, à la réquisition et poursuite de MM. tes gens, du roy, qui ont taict voir l'obreption desdictes provi- ' $ions , neantmoins ledict eve»que poursuit à la court nouvelle jussion, pour nous oster les moyens nécessaires à nostre subsistance. Nous sommes munis, grâces à Dieu, de plusieurs raisons, que j'espere représenter pour remonstrances très humbles tant seulement , sans aulcune contestation en jugement contradictoire; car nous perdrions nostre cause hors le pays. Estant tousjours nécessaire d'estre soubteneu en ceste juste et nécessaire deffense, je vous supplie très humblement, mousieur, accompagner ma légation pour r£glise de Bearn de vos solides conseds et lettres, tant à MM. les députés de i'£glise de France qu'à vos bons amis du conseil du roy, et fiiire Faddresse aulxdicts sieurs députés , par Tadvis desquels j 'espère me conduire suivant Ja charge qui m'est imposée. Vostre secours recréera les entraiDes de nos pauvres frères oppressés pour la justice de l'Ëvangile , etc.
De Saulmur, ce 27 aaust 161^. »