‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 81 sur 142 · CLXXI. — * LETTRE De madame de Rohan à M. Dupiessis · texte numérisé non relu

CLXXI. — * LETTRE De madame de Rohan à M. Dupiessis

MoHSiEUA, je receus hier une lettre de Paris, en date du 1 7 de ce mois , par oîi on me mande que Tarrest avoit esté donné, contre ceuix de Nismes, au conseil d^estat , par lequel le siège présidial avoit esté transféré

è (Mmoaire, et ceok de Nismes déclarés dedius de

Uhus privilèges, et que I arrest et commission avoient mXé envoyés à M. le cocnestabie, pour le mettre à exeeution. Gela me met en peine à cause de mon voyage de Pans, et crains qu'il y en ait (]e delà aussi bien quaiUeurs qui par désir de brouilieries poussent les choses aulx aigreurs. Cependant, d'autant que M. de Mirande doibt estre parti, comnie il me semble, en ce mesme temps, et que ceulx de qui il vous a apporté des nouvelles doibvent mieulx estre advertis que peiv sonne, je vous supplie me mander si, suivant ce que vous avés appris de lui, il y a apparence que cela soit desjà effectué ^ ou bien si ce ne sont que comminations qui se puissent deslourner sans venir aulx cercles; et quand on j viendroit, si on se hasterott autant de 'deçà comme du costé de Nismes; ce que je dis pour ce que, s'il n y avoit que ceulx de delà qui feissent du hruict, cela n'empescheroit pas' que je ne feisse mes affaires, et peult estre mieulx qu'en aultre temps. Mais

' si de gaieté de cœur on vouUoit precijHter quelque chose de deçà^ cela me gasteroit tout, et ce qui mè faict désirer gagner temps, est pour ce qu'il se passe des occasions qui ne se pourvoient pas recouvrer en aultre saison. Je tous supplie donc, monsieur, me mander si vos dernières nouvelles sont du j 7 de ce mois ou de depuis ; car pourveu que les vostres soyent ' plus fraischés que les miennes , il me suffit , sçacbant que ceulx qui vous escrivent sont mieulx advertis que ceulx de qui je reçois des nouvelles. Je vous supplie aussi me mander si au cas que la chose soit vraie, il v a apparence que le bruict en soit si grand que cela uie

. doibve faire songer à rompre mon d^seing, etc.

De Paris, ce agaoust 161 3.,

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