‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 88 sur 142 · CXCI -^LETTRE I)E M. DE ROUVRAY · texte numérisé non relu

CXCI -^LETTRE I)E M. DE ROUVRAY

^ M Duplessis.

MoirszBtJR , encores que je vous aie escrit hier matia

par «ng avocat de Loudun , je ne perdrai ceste occasion de M* de La Cressonnière sans vous dire encores par ce mot une nouvelle que j'appris hier, digne de vous estre mandée, et sur laquelle il se peult faire divers jugeme^is, qui est que i'on met auprès du roy quattre seigneurs de qualité avec cfaaicung quelque nombre de gentilshommes auprès d'eulx, qui tous de^ meureront incessamment auprès du roy pour sa seureté et conduicte, et sont ceulx là, MM. de Mon-^ tespan, de Themines, de Sainct Geran et d'Allincourt. Gela n'est encores bien éventé^ mais on me l'a asseuré, et fera on mpints almanachs là dessus. Je vous escrivis hier si amplement qu'il ne reste rien plus, sinon que nous nous sommes déboutonnés Fung à Taultre, M* de La Cressonnière et moi, sur le subject de M. de Rohân. Je l'ai trouvé en mesme posture , sur le subject de Beauvoir sur Mer, non qu'il l'aye j«imais désiré; mais lui ayant esté offert, le mesnagement subséquent lui tourne à offense* Je lui ai parlé de vous . en façon qu'il n'en sçait que ce que vous lui en vouldrés faire sçavoir; il estime neantmoins (et certes fortprudeniment ) que toutes ces mésintelligences par^ ticulieres ne doibvent esclnter, à cause du bien public qui en pourrpit pastir, surtout pour vous qui estes en considération particulière. C'est un g fort homme de bien , et duquel on se peult confier, et vous entre tous aultres, car il m'a tesmoigné une liaison particulière

4o6 LETTRE DE M. DK liOCVRAY, etc.

avec vous. A Fontainebleau nous pousserons le payement de nos debtes, et puis j*estime que yous jugerés à propos que mon frère prenne sa route par là en s'en retournant chës lui. C'est une j^ii que d'avoir affaire à ce inonde , qui bien souvent considère le moins ce qu'il dcbvroit le plus faire. W. tic Bouillon attend tout bien de vostre réunion, disant tout haultque vous por-^ terés toutes choses à bien , et qtiHl est assés informé des bonnes ouvertures et propositions que vous avés £Biiotes, el qu'il ne'veult avoir advis que le vostre, ce que je sçais ^'il a dict en deux bons endroicts, ne sçais je à queWe fin* mais je le vous dis d'autant que' possible vous pourroit il estre esierit aultrement d'ailleurs, oh y il peull avoir des ressenlimens d'aniroosité^ et il est à propos et nécessaire que vous soyës informé naîfvement dç tout ce qui se passe de ce costé là , pour fermer là dessus vo» jugemens d^^ tous costés, etc.

Du i4 ^P'-^™^^^ '^^^^*

Ç^Ç|l.—.4t LETTRE D£ M. DVPLESStS

la rojne,

Madaïti:, m. de Villarnould, mon gendre, s'en retûiarnant cliés lui , je ne- À ai pu laisser passer sans cellfrci, encores qu'il me seroil phis seont ite me ra-

raentt:vo]i pai mes services que par mes lettres; mais vositre majesté scaura mieulx considérer qu'ils ne peuvent procéder que de l^honneur de ses commandeniens, desquels c'est quelquefois crimes 4lc désirer les occasions, non moins que de manquer quand elles nais* ' sent, à les exécuter. Je lee'^ttends donc, cb la dévotion et iideike de Ue^ humble serviteur qui n^e tiendra

LETTRE DE M. mjPWSm, tte. 4o tousjours uniquemeiit attaché i^uix règles de mou debvoir, etc.

Du i6 septembre t6i3.

A M. de La TremouiUe.

MoNSiKUR, je vous escrivis sur vostre pai tenu nt de , Paris y dont je u ai poiuct encores eu response. Si m'as* surai je que mt^ letlres,de TaffectioH dont elles partent, ne vous peuvent estre qu'agréables. Ici, cliaeung vous loue y monsieur f du grand progrès que vous avés faict en. si peu de temps aulx exercices, et m'en rejouis, parce que cestc qualité là, oultre qu'elle vous est bien séante, vous pendra reoommandable au monde; mais j'adj ouste à cela que )e m^asseure que vous ne profites pas niou^s ci^ exercices de pieté et de vertu , qui attireront sur vous la bénédiction de Dieu, qui tient eh sa> main le cœur des roys , et donne grâce aulx siens nera euix iorsqu il y a maycn d apparence scJoai les hommes. Auli^eibi^ ai. je eu l'honneuir de vou§ en entretenir dadvanUtge, mais à mesuce ifue vous appro^ • àxis^. des piu^ii ^^iis pas. (jp la v\e, prenés eu bonne part, monsieur, que jci m^ rainentoive à vous., (la craincte de Dieu vous sera une forte bride pour vous retenir en cependant \ surtout si vous vous représentés que tout est nud devant ses yeulx, que vous vivés à sa veue , et que plus de grâces vous avés receues de lui, temporelles, spirituelles^ plus vous détourné^ s^ grâce et sa bénédiction de vous,, voi|s contnstés son esprit, si vous fourvojés de vostre naissance , de vostre nourriture, du train de pieté et de vertu ou il vous a

4o8 LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc.

mis. Prenés cela, monsieur, comme d'uog très humble serviteur. La jeunesse quelquesfois a honte de la vertu,

parmi les vicieux ; mais si est il certain que le vice naturellement est honteux et crainctif , et ne pouvés si peu lui faire teste d^abord, que vous ne le iàssiés cacher, et rougir ceuix qui plus effrontément le portent sur le front, etc.

Bu 27 septembre i6i3.

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