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deux jourSj celte Rdcle dontiestique sortit et entra dans la prison deux ou trois foifi pr jour, feignant un mal de dents insupportable, et pour cela elle portait ses coiffes très-avancées sur son front et sur les joues , en outre, un manchon qui tournait d'une oreille à l'autre par dessous le menton, de manière qu'à peine on voyait les yeux et le nez, Elle tenait de plus dans la bouche une petite balle qui faisait paraître sa joue gonflée. Le matin du troisième jour, la marquise prit les habits de sa femme de chambre, s'arrangea la tête et la figure de la même manière, et, prise par le ge^ilie^ pour sa servante, elle eut le bonheur de sortir de prison. Comme elle avait beaucoup d'adorateurs, l'un d'eux^ prévenu l 'de son évasion, lui fit trouver une voiture à un endroit désigné. La marquise y monta , et fit quelques lieues avant que sa fuite fût découverte.
rt Pendant ce temps , la ferame de chambre s'enveloppa la tête comme sa maîtresse , se mit au ht et feignit de dormir. Le geôlier, étant entré pour lui apporter son déjeuner le malin vers dix heures, leva le rideau de son lit, vît qu'elle dormait , laissa le déjeuner sur la table et sortit doucementde la chambre pour ne pas réveiller.
a A une heure après midi (et il y avait juste sept heures que la marquise était partie) , le geôlier revint mettre le couvert pour dîner, et
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il la trouva encore endormie. Il ouvrit les fenêtres et les rideaux pour la réveiller, et s'aperçut de la supercherie : il mit les fers aux pieds de la pauvre servante, et courut en donner avis au premier président, dont le premier mouvement fdt de rire. On parla plusieurs fois dans le parlement de ce qu*il y avait à faire, riant quelquefois de cette maligne adresse, et le plus souvent admirant Tamour et la fidélité d'une servante pour sa maîtresse. Après deux mois de prison, la femme de chambre fut relâchée et bannie ; avec la même fidélité, elle rejoignit sa maîtresse à Genève. La marquise eut tout le temps nécessaire pour accomplir sa fuite, et rendre inutiles les démarches du marquis pour la rejoindre , car il avait fait de grandes dépenses en envoyant après elle de tous côtés. »
La fuite de madame de Courcelles fit autant de bruit qu'en avait fait son retour. Madame de Montmorency écrivait à Bussy-Rabutin : « Madame de Courcelles ayant perdu, vendredi dernier, une première instance de son procès , ce qui lui fit craindre de perdre le principal, elle se sauva de la Conciergerie, samedi au soir, déguisée en laquais. » Et Bussy répondait : « Madame de Courcelles a mieux fait de se sauver en laquais que d'attendre peut-être d'être mise dans un couvent. Ce n'est pas qu'elle passe de méchantes heures pour être reprise, mais enfin
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elle est libre, et avec le temps tout s'adouciL Cependant il ify a guère de gens qui ne prennent volontiers ce petit, laquais, et qui même ne lui donnent des chausses de pages*. « On voit que madame de Montmorency était bien instruite.
Elle y parle d'un laquais cependant, mais y a4-il si loin d'un laquais à une femme de chambre?
Madame de Courcelles s'enfuit à Gray en Franche-Coralé, qu'elle quitta pour se rendre à Dijon , chez une de ses parentes* Elle fut obligée de fuir cette ville, où son mari voulait la faire prendre par ses cavaliers, et s'en fut à Avignon, où elle se retira dans un couvent. Enfin elie alla rejoindre en Angleterre ' madame de Mazarin, avec qui elle avait fait sa paix.
En etTet, madame de Mazarin, à la suite de ces interminables querelles de ménage dont nous lisons le détail dans ses Mémoires, avait, elle aussi, pris le parti de passer à Tétranger. Cette fuite de madame de Mazarin donna lieu à cette épi gramme contre son mari * :
Maxarin dit au roi , triste , pâle , interdit ; — Sire^ ma l'erome ! hélas î qu'est-elle devemie? — La chose, dit le roi, vous est-elle incoBUue? L'ange qui vous dit tout ne vous Ta-t-il pas dit?
T. Lettre qnc noas croyoni tnédltet^ d'api^t ud zeuuiuscTit appartenant i M. le duc de Layii*».
a. Pfôçejuatificfttlve, 1, i^.
X ûh, hiiL, t. ni, it»5.
Or; le duc de Mazarin qui affectait une |iiété profonde, faisant un jour des reproches au roi sur ses relations avec madame de LaVallière, lui avait dit , entre autres choses, « que cette liaison lui serait fatale, qu'un ange le lui avait anaoncé. »
Bevenons à madame de Gourcelles : son procès demeurait pendant, et la cour était fort embarrassée du parti à prendre. Elle résolut de consulter le roi, et le premier président, député à Versailles, exposa les faits à Louis XIV.
— Quel est le sentiment de la compagnie ?
demanda Louis XIV.
. — Sire, de suivre en tous points votre auguste volonté.
— Fort bien 1 mais encore ?
. Et le premier président exposa Tavis qui prévalait au parlement.
. — Il faut suivre Tavis de la compagnie , réçartii le roi \
Cette réponse était bien faite pour dissiper les doutes et éclairer les esprits de la compagnie.
Le parlement prononça un nouvel arrêt, le 17 juin 1673. Par cet arrêt, Sidonia était condamnée à lamême réclusion, maisà coo,ooo livres do dommages et intérêts seulement. Fait remarquable dans les fastes de la jurisprudence •. Quoique Sidonia fût alors contumace , la révi-