I. Hiitoire généahgi^, dapëre AoMlme, II, 68, D
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par un boulet devant le château de Mussy en Lorraine. Sa mère mena, après la mort de son mari, une Tie déréglée qu'elle couronna par un mariage moi^ganatique. Elle épousa un homme sans naissance, du nom de Bunel. Un tel mariage, que supportaient les mœurs allemandes, était trop en désaccord avec les pr^ugés de la noblesse française pour lui être pardonné : Sidonia lui fut enlevée pour être confiée à^ tante, Marie de Lenoncourt.
Ce choix était sage ' : Marie de Lenoncourt , d'abord religieuse bénédictine de l'abbaye de Jouarre, était depuis dix ans abbesse de Saint- Loup à Orléans. C'était une femme d'un esprit supérieur, moins recommandable par une naissance illustre , que par cinquante années d'une vie austèrç, EU^ ne négligea rien pour l'éducation de sa nièce , dontresprit et les dispositions naturelles offraient d'ailleurs un champ facile i fertiliser.
1 . on lit dans lé Galiia Christtana, t. VIll, col. 1 673 : Maria de Lenoncourt, fllia Antonil de Lenoncourt, domini de îfaroUes, de Poligny, etc., ex Maria d'Angennes deBambonillet monialem vovit in Partbenone Jotrensi anno 1623. Poeeesl Bionem sancti Lnpi iniit 12 septembris 1647. Fundamenta locavit hospitii AureManensia anno i655. Benedictionis munns ab episcopo Anrelianensi In abbatia sua accessit la novembris i656. Durante prlncipum bello, Aurelianos secedere coacta est. Monasterium prudentcr admlnlstravit et erexit aororibusque suis exemple magis quam generis claritotè preluxit. Deftmcta Aurelianis, non sine sanQjitatis opinlone a3âcceinbri8 i683. '
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Sidonia passa auprès de sa tante dix années d'une vie calme et tranquille, telles qu'elle n'en devait plus connaître dans le cours de son existence. N'eût-elle été que belle , Sidonia eût pu vivre heureuse, oubliée de ce monde qui devait la perdre ; mais elle était riche et noble. Richesse et noblesse étaient choses précieuses pour Golbert. Alors premier ministre, il voyait la fortune politique de Louvois croître chaque jour aux dépens de la sienne. Plus que jamais, il songeait à l'agrandissement de sa maison : il rêva pour son frère Maulevrier l'alliance de Sidonia.
Sur un ordre du roi, l'héritière de Lenoncourt quitta l'abbaye de Saint-Loup, et ne tarda point à oublier , au milieu des vices et des intrigues de l'hôtel de Soissons , les pieuses instructions du couvent.
En effet , Sidonia, à qui le roi avait laissé le choix de demeurer soit auprès de la reine , soit auprès d'une princesse du sang, s'était attachée à la princesse de Carignan. Veuve de Thomas- François de Carignan, cette princesse habitait l'hôtel de son fils Eugène-Maurice de Savoie, comte de Soissons. L'hôtel de Soissons était le centre de la galanterie, comme l'hôtel de Rambouillet était le rendez-vous du bel esprit.
Sidonia y voyait chaque jour Olympe Mancini , mariée depuis 1657 au comte de Soissons , la plus dangereuse , la plus perverse des nièces du
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cardinal Mazarin , et qui, à on juger par le portrait qu*en a tracé madame de Lafayette, dissimulait cette perversité sous de séduisants dehors : « Il me reste, dit madame de Lafayette', à parler des dames qui étaient alors le plus avant à la cour et qui pouvaient aspirer aux bonnes grâces du roi. La comtesse de Soissons aurait pu y prétendre, par la grande habitude qu'elle avait conservée avec lui , et pour avoir été sa première inclination. Cétait une personne qu'on ne pouvait pas appeler belle, et qui néanmoins était capable de plaire. Son esprit n'avait rien d'extraordinaire, ni de fort poli ; mais il était naturel et agréable avec les personnes qu'elle connaissait )>
La princesse de Bade, alliée à la^princesse de Garignan, ayant les mêmes inclinations, la même réputation qu'elle , habitait aussi Thôtel de Soissons, et y attirait ses amis, dont le nombre était grand , s'il faut en croire une chanson du temps *.
Enfin, l'amie intime de madame de Garignan, la duchesse de Ghevreuse, venait souvent les visiter. Femme habile, elle avait été la confidente de la reine Anne d'Autriche dans son
z. Madame de La&yette, Histoire di Madame Henrietle^ page 8a-83. Paris, Moutardier, iSSg, t. III.
a. BiblioUi^ue impériale, Rectteil des chansons historiques de Maarepas, manuscrit, t. III, f* s5a.
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intrigue avec le marquis de Mirabet, ministre d^Bspagne. Reléguée à Tours à la suite de cette afifoire, elle y avait en, dit-on, avec le duc de Larochefoucauld, une liaison plus intime que celle de Tamitié; et cinq ans auparavant, sur Tinstigation de M. de Laigue, son amant, d'autres disent son époux par un mariage secret, elle conspirait avec Letellier et Golbert la perte du surintendant Fouquet ' .
Golbert pouvait espérer que celle qui rav»t si bien servi dans cette intrigue politique, ser^ virait encore ses projets d'une riche alliance pour son frère. Mais son crédit diminuait sensiblement : madame de Carignan, la princesse de Bade* « qui n'avaient songé, dit Sidonia, en me prenant auprès d'elles, qu'à se faire un ami à mes dépens » le comprenaient parfaitement ; aussi cherchaient-elles l'occasion d'une rupture, que fournit bientôt un parent de Golbert, son beau-frère, M. de Ménars, depuis président à mortier au parlement de Paris.
Nicolas de Neufville, premier maréchal de Villeroi, qui avait été gouverneur de Louis XIY, avait conservé sur son élève et dans son conseil une grande influence. « Grand routier de
1. Mémùifêi i$ Laroehefoueauli^ Madame iê Sévignéy 1. 1, page i8, édition Gavlt de Ssint-Germain. —Madame de La Fayette, Bitloire iê Madamt Bemiêtte^ page iia.