LETTRE XVIII
^-ÊM marquise dt Courœlles à Du Boulay.
a lettre que je vous écrivis vendred ne put partir, parce qu'il élait trop tard, et e'est une folie de croire qu'on puisse répondre le même jour qjue le courrier arrive; il u'y a pas une demiheure de lomps; ot vous ne devez pas écouler autre choi^e quand vous ne recevez point de mes nouvelles : je n'ai point reçu des vôtres aujourd kui ; il n'y a rien a vous apprendre pour le prix des ravauderies que vous^ m*avez mandées, que la réformation des habits de ce pays-ci. Vous avez été témoin du luxe de nos dames; Dieu vous garde de l être de leur modestie. Tirez-moi bientôt de ce terrible séjour. Mandeit-moi un ^leu si vous avez oui parler d'un combat à Paris. Il a passé ici un tioramc habillé en charretier qui a voulu persuader qu'il était un homme du beau monde. J ai peine à le cr«iire, il me semble que cette route n'esl guère çt\h des honnêtes gens. 11 y a ici une femme caobée, «ju'oii ne oonnaîl point, mais qu'on soupçonne être une dame de Foucard ^ femme d'un conseiller de Toulouse, qui a tué son man de sa blanche main. Voilà une lettre de m;i
GoRRE'SPbrmAKCE. 149
mère oà vous reconnaîtrez les visions de madame de Nemours et de M. de Villars; je ne saurais prendre la pdne d'y répondre ; mais ne souif^z pas qu'on puisse dire dans le monde cette absurdité, surtout si elle peut nuire à mes affaires. Adieu, Boulay ; j'ai si peur que le courrier ne parte encore, que je ne vous dis rien de ce que je sens pour vous.
LETTRE XÏX.
La tnar^uise de Courcelles à Du B&ulay,
e viens de recevoir une de vos lettres du 9; je Tai ouverte awc joie et une émotion de cœur qui me faisaient croire qu'elle m'annoncerait votre am'vée; mais je vois bien que j'ai encore quelque temps à souffrir de votre éloignement. Au moins^ ecoyez bien que c'est celui de tous me^ maux auquel je suis la plus sensible^ et ne me plaignez que de celui-là; car les autres, quelque grands qu'ils soient^ je les sais supporter, 6t la part que vous y preoMz à rheure qu'il est, les adoucit d'une manière qu'il m'a semblé que l'amertume n'en doit plus être que pour vous ; mais notre séparation, et ce que je crois qu'elle vous coûte, me met dans un étrange état; vous en jugerez par la
i5t» Correspondance.
vie que vous savez que je mène et par toug ïes soms que je prendrai pour vous retirer près de moi. Adieu. J'ai imaginé cent choses là-dessus qu*il vous faut expliquer de plus près. Jle suis toujours dans une obscurité merveilleuse et avec de fort bonnes gens ; soyez au moins en repos de ce côté-là.