LETTRE XXI
La marquise de Courceikê à Oh Boulay.
e réponds à deux de vos lettres, du 9 et du II, que je viens de recevoir par le môme courrier et par deux Toies différentes. Ce qui fait que j*en ai toujours deux à la fois, c'est que vous m'écrivez trois fois la semaine, et que le courrier n'arrive que deux.
J'ai reçu tout ce que vous m'avez envoyé par M. de Marigny ; et c'est dans ces jours-là que mes désespoirs augmentent, que je suis capable de ce qu'il y a de plus violent, et que je vous écris ces lettres qui vous tuent ; prér sentement, que je vois d'un peu plus loin les horreurs de ma position présente, je sens beaucoup mieux le plaisir d'être auprès de vous.
Je pense à vous recevoir, et j'attends de votre retour des plaisirs que je n'ai jamais eus après de si longues absences. Oubliez aussi bien que moi mes malheurs polur un moment, et comprenez quelle joie nous aurons de nous retrouver contents l'un de l'autre, de n'avoir que des remerciements à nous faire, et de ne trouver dans le compte que nous nous rendrons de notre conduite que de nouveaux sujets de nous
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aimer davantage. Sincèrement, Boulay, vous ne sauriez croire combien cette netteté de cœur à votre égard me donne de joie. C'est à elle que vous devez ces impatiences de vous voir, qui me prennent quelquefois si à contretemps que vous-même m'en faites honte. Je ne saurais vous parler d'affaires aujourd'hui^ je n'ai plus d'autres résc^utions que Celle de faire tout ce que vous vou^ree, de vous aimer en quelque état que vous me conseilliez dé me mettre, et de ne vous laisser jamais repentir un moment de la manière dont vous vous-étes Hyré à votre pa$sion pour moi.
BILLET
tja marquise de Courcelles à Du Boulay.
onsieur d'Ëpinchal vient d'envoyer savoir s'il pourrait me voir cette après-dinée. Je dormais encore, de sorte qu'on a dit quon en rendrait réponse après midi. Je ne sais ce que je dois liaife; vous aviez hier envie de le voir; vous devriez y aller, ou pour l'amuser pendant que j^ m'habillerai» pour sortir, ou pour venir ici avec lui, si vous voulez qu'il y vienne, car je ne .sais que faire d'un homme que je ne connais point.
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obtenir la permission de Tévôque d'Annecy, que madame la marquise de Rarnice *, que je vois, m'a promis de demander pour moi. Cette démarche vous surprendra peut-être , mais ce qui me la fait faire, c'est le départ de la comtesse D'Hona, qui va pour le même temps faire ses dévotions huguenotes à la campagne ; c'est la frayeur de me trouver toute seule dans un lieu où je n'ai de «ociété qu'avec elle, c'est encore l'envie de m'essayer sur une manière de vie que je serai peut-être forcée d'embrasser pour toujours, et que je ne saurais pourtant envisager qu'en tremblant. Adieu, mon pauvre ami, venez vite, je vous en prie. Je me promets mille plaisirs de votre retour. J'ai des charmes pour vous que je n'avais point quand vous m'avez quittée. Je suis assurée de mon cceur pour vous contre l'absence. Je me connais enfin mille choses agréables pour vous que je ne croyais pas. Venez hardiment, mon Boulay« vous ne trouverez rien ici qui ne vous ravisse. Je meurs d'impatience de vous voir pleurer de joie. La race D'Hona vous connaît déjà comme il faut qu'elle vous connaisse. Avec un peu de tablature que je vous donnerai, vous confirmerez ce que j'ai déjà dit; venez enfin , et tout ira bien. N'adressez plus vos lettres à M. Léti ,
>. On lit encore, suivant les manuscrits, Bemesse on BfmoMe*
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