‹ Mémoires et correspondance de la marquise de CourcellesChapitre 8 sur 81 · I. ribce jiiatîficativc* 1^ i · texte numérisé non relu

I. ribce jiiatîficativc* 1^ i

i. La détention du marquis.

NotiCE. 17

coula pourle lAoins deux années "^niré Ja réclusion de la marquise et l'année «669.

Que fit Sidonia pendant ces deux années?

Madame de Mazarin nous l'apprend dans ses mémoires.

M. de Mazarin avait fait enfermer sa femme en l'abbaye de Chelles; la tante de M. de Mazarin était abbesse de ce couvent , et traitait trop bien madame de Mazarin, selon son neveu. Il obtint de la mettre au couvent des Filles- Sainte-Marie de la rue Saint-Antoine , où , peu. de temps après, Louvois faisait enfermer Sidonia. Laissons parler madame de Mazarin * :

« Madame de Courcelles ayant été mise avec moi dans le couvent, j'obtins enfin la permission de commencer mon procès, par la faveur des amis qu'elle avait à la cour. Comme elle était fort aimable de sa personne et fort réjouissante, j'eus la complaisance d'entrer pour elle dans quelques plaisanteries qu'elle fit aux religieuses. On en fit cent contes ridicules au roi : que nous mettions de l'encre dans le bénitier pour faire barbouiller ces bonnes dames ; que nous allions courir par le dortoir pendant leur premier somme avec beaucoup de petits chiens, en criant tayaut, et plusieurs choses semblables, ou absolument inventées, ou exagérées avec excès.

I. Mémoires ie la iuehesse de Mazarin, dans Saint-Évremont, t. Vni, page 37-40-43-44-45.

NOTJCE*

Par exemple , ayant demandé à nous laver les pieds » les religieuses s'avisèrent de ïe Iran ver mauvais et de nous refuser ce qu'il fallait, comme si nous eussions été là pour observer leur règle ; il est vi'ai que nous remplîmes d'eau deux grandtî coffres qui étaient sur le dortoir; et parce qu'ils ne tenaient pas, et que les ais du planclier joignaient fort mal , nous ne primes pas garde que ce qui répandit perçanl ce mauvais plancher, alla mouiller les lits de ces bonnés soeurs. Si vous étiez alors à la cour, il vous souviendra qu'on y conta cet accident comme un franc tour de page. Il est encore vrai que , sous prétexte de nous tenir compagnie, on nous gardait à vue. On clioîssissait pour cet office les plus âgées des religiouses, comme les plus difficiles à suborner ; mais ne faisant autre chose que nous promener tout le jour, nous les eûmes bientôt mises toutes sur les dents Tune après l'autre, jusques-là que deux ou trois se démirent le pied pour avoir voulu s'obstiner à courir avec nous. Je ne vous conterais pas ce* petites choses, si les partisans de AL de Ma^arin ne îos avaient pas jiubliées ; mais puisqu'ils m'en ont fait autant de crimes, je suis bien aise que vous en sachiez toute l'énormité.

tt Après avoir été trois mois dans ce couvent, nous eûmes permission d'aller à Chelles ^ où je savais que nous serions traitées plus

Notice. 19

raisonnablement, quoique nous ne puissions pas y voir tant de visites, et M.deMazarin arriva de Bretagne le même jour où nous y fûmes transférées. Ce fut à quelques jours de là qu'il y vint avec soixante chevaux , et permission de M. de Paris pour entrer dans le couvent et m'enlever de force. Mais Tabbesse, sa tante^ ne se contentant pas de lui refuser rentrée, me remit toutes les clefs entre les mains, pour m'ôter jusqu'au soupçon du mal qu'elle me pouvait faire, à condition seulement que je parlerais à M. de Mazarin. Je lui demandai fort ce qu'il voulait , mais il me répondit toujours que je n'étais pas l'abbesse; et lui ayant répliqué que fêtais abbesse pour lui ce jour-là, puisque j^avais toutes les clefs de la maison, et qu'il n'y pouvait entrer que par ma faveur, il me tourna le dos et s'en alla. Un gentilhomme qui m'était venu visiter de la part de madame la comtesse s'en fut tout rapporter à Paris, ajoutant que le bruit était à Chelles qu^ M. de Mazarin n'était pas retiré tout à fait , et qu'il reviendrait la nuit suivante. Vous avez su sans doute comment madame de Bouillon, M. le comte*, M. de Bouillon, et tout ce qu'il y avait de plus honnêtes gens à la cour, montèrent à cheval sur ce rapport pour venir à mon secours.

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