FREIMIERS EMBARRAS DU MINISTÈRE DE DROITE
Le 30 décenibre 1821, le Conseil des ministres se réunit pour l'examen d'affaires d'une haute importance. Il s'assembla de nouveau afin de les discuter, le 1" janvier pendant trois heures, le 4 janvier durant quatre heures, le 7 un peu moins longuement, et ce ne fut que le 8 janvier que fut terminé ce pénible débat. La nomination à quelques postes diplomatiques importants en avait été l'objet.
L'arrivée au pouvoir de notre ministère avait amené la démission de M. Decazes de son ambassade d'Angleterre. M. de Chateaubriand fut proposé pour le remplacer : trop de motifs venaient à l'appui de cette mesure pour qu'elle donnât lieu à quelque difficulté. Ce ne fui donc pas ce choix qui divisa les
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2 JANVIER ISas.
membres du conseil et les retint si longtemps en discussion. Ce fut le remplacement de M. de Narbonne comme ambassadeur à Naples et voici pourquoi. On se souvient sans doute de la ligne politique qu'avait suivie M. de Serre, ancien garde des Sceaux. Ses sentiments le rattachaient aux royalistes plutôt qu'aux libéraux. Dès 1815, il eût pris rang parmi les premiers, si un député du c6té droit, quand il se présenta pour y siéger au début de la session, ne lui eût méchamment indiqué les bancs de la gauche comme convenant mieux à sa situation : et cela, parce que, dans les Cent jours, ilavait prêté serment en qualité de premier président de la cour de Nancy. Blessé et humilié par ce geste, que toute la Chambre avait pu voir, il alla en effet s'asseoir aussitôt au centre gauche, y entra en liaison avec les doctrinaires qui commençaient à se grouper, et devint dès lors un des antagonistes les plus redoutables de la droite. Il montra à la tribune un grand talent d'orateur, surtout dans l'improvisation; plus tard il fit preuve d'un ferme et noble caractère quand, après l'assassinat du duc de Berry, il rompit tous les liens qui l'attachaient à la gauche et la combattit en maintes occasions avec une force et une ardeur approchant quelquefois des dernières limites de la véhémence. Il contribua puissamment à faire modifier la loi d'élection, qui était au moment de jeter le pays eu révolution.
Ce service rendu par M. de Serre au Roi et à la cause de la monarchie, ne pouvait être oublié. Il s'était montré fort bien disposé envers Corbière et moi, durant notre ministère sans portefeuille. Nous
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