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ne vous garantis ni l'uno ni l'autre de ces versions; la seule chose sûre, c'est l'approche du comte d'Amarante.
« Je me suis rendu à la junte pour m' expliquer de iiouveau avec elle à ce sujet. Il est à peu près convenu qu'elle va écrire au général portugais que la politique de la France lui interdit toute espèce de relations avec les royaHstes portugais; que la politique de l'Espagne royaliste est tout à fait liée à celle de la France et qu'en conséquence elle ne peut accepter ses offres; qu'elle l'invite à licencier sa troupe et ne peut lui donner un asile qu'àcetle condition. Nous restons, quant h nous, tout h fait étrangers à cette déclaration, et nous ne sortons en rien des limites de cette déclaration que vous connaissez. Si les troupes constitutionnelles du Portugal envahissent le territoire espagnol et se mêlent à nos ennemis, la question deviendra plus grave et plus difficile. Prévoyez ce cas possible, et donnez-nous des instructions.
<c Je reçois dans ce moment un oflicier du général d'Espagne, qui m'annonce que la place importante de Jaca vient de se mettre à sa disposition. Le colonel du régiment qui en formait la garnison a proposé à sa troupe de reconnaître l'autorité du roi. La troupe a répondu parle cri de: « Vive le roi ! » Le colonel a fait arrêter les fonctionnaires constitutionnels et a envoyé annoncer au général d'Espagne que la place était au roi. C'est un heureux événement et un bel exemple, qui serait suivi, je n'en doute pas, si notre retard ne jetait de l'incertitude dans tes esprits.
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« Nous pensons toujours que rien ne s'oppose à l'exécution de ce qui est prescrit pour l'arrivée à Madrid, dans les instructions données k S. A. R. Je propose d'écrire par un homme sur au duc de l'Infantado, président du Conseil de Castille. J'ai remis au prince un projet de proclamation pour les habitants de Madrid; je vous l'enverrai pour avoir votre approbation et vos corrections. Le prince est allé hier au spectacle pour la première fois. Les choses se sont parfaitement passées; il y a eu un véritable enthousiasme dans le public espagnol comme dans le public français. Recevez, etc.
«DeMartionac. ..
cccxxxvhi. — lk coute de villèle a s. a. r. m"» l,e nue d'angoulèmë.
" Paris, le 38 avril 1823.
t< Monseigneur,
« C'est toujours de cinq à six heures du soir, c'est-à-dire au moment du départ de l'estafette, que je suis obligé à faire mes lettres; je prie Y. A. R. d'en excuser le style eL te griffonnage.
<t Je viens de porter au Roi et à Monsieur votre lettre du 24, que j'ai reçue par l'estafette de ce jour.
« Nous avons maille à partir avec ce bon maréchal de Bellune, que ses bureaux: cherchent à monter, pour l'empêcher d'ouvrir les yeux sur leurs propres torts. Maintenant il nous fait des difficultés pour la régularisation des paiements qu'ont fait nos payeurs à l'armée, par suite du marché Ouvrard, et pour faire face à tous les besoins auxquels on n'avait
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pas pourvu; je vais m'occuper de faire cesser ces mauvaises difficultés, qui ne sont qu'une petite malice qu'on serait fort aise dans les bureaux de faire aux Finances pour leur apprendre à avoir suppléé à des prévoyances qu'on n'a pas eues. Je ne parle de cet incident à V. A. R.qu'afin qu'elle prenne toutes les précautions pour s'éviter à elle-même les obstacles sur lesquels elle doit compter, si elle ne prend toutes les précautions nécessaires à l'exacte observation des règles et à rétablissement d'un service bien régulier pour tous les besoins de l'armée. » Nous sommes ici dans l'encbantement de la manière dont Monseigneur et ses troupes sont reçus partout. Mais en réfléchissant, on voit bien qu'avec cent mille hommes, V. A. R. ne peut raisonnablement tenter la conquête de l'Espagne. Sous ce rapport, nous regardons comme une détermination fort sage celle que vous nous annoncez, do ne point sacrifier hommes et argent ù l'enlèvement de vive force de Saint-Sébastien et Pampelune, mais d'attendre la reddition de ces places du blocus que vous en faites faire. De même c'est avec raison que V. A.R. a senti qu'elle ne pouvait atteindre le but de son expédition qu'au moyen du soulèvement des populations, qui vaincraient elles-mêmes les résistances, ou en provoquant les défections de la part des auteurs de la résistance ; le premier moyen a bien des inconvénients, en tète lesmassacresetla réaction qui les suivraient ; il parait d'ailleurs peu d'accord avec les dispositions actuelles de la nation, qui a plutM l'air d'être spectatrice satisfaite des opérations de Monseigneur, que disposée à y coopérer activement.
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« Reste le second moyen, celui d'écarter les obstacles en opérant des défections. Nous voyons avec plâîsir,el dans votre lettre du Si et dans celle que m'a adressée Guilleminot le 23 (à laquelle je n'ai pas encore répondu), toutes les tentatives qu'a ordonnées V. A. R. pour obtenir des résultats de ce genre.
« Je doute que vous réussissiez auprès d'O'Donnell ou de Mina, mais j'ai assez de confiance dans la trahison de L' Abisbal (soit dit sans malice) ; mais le désir de vous ménager ce succès important, et dont l'exemple peut amener une débâcle générale, nous parait un des seuls motifs qui puissent vous faire renoncer à l'avantage moral que vous obtiendrez de l'arrivée de vos troupes à Madrid dix jours plus tôt, si, comme vous paraissez le croire, celte promptitude était conciliable avec les précautions nécessaires à la sûreté de votre armée.
« Monseigneur, vous seul pouvez être juge à cet égard; mais si vous pouviez faire occuper Madrid dix jours plus tôt sans compromettre la sûreté de vos opérations, sans perdre les moyens d'obtenir la défection d'Abisbal et de son corps d'armée, soyez sûr que.cetto ■ célérité nous ferait grand bien et ici et en Europe.
H Nous sefmmes en ce moment un peu plusrassurés sur l'intervention de l'Angleterre. Notre commerce commence même à prendre sécurité sur ce point. Nos armements de commerce reprennent; il nous arrive chaque jour des navires richement chargés et jusqu'à présent nous n'avons pas connaissance qu'aucun d'eux ait été capturé nulle part. Mais d'un autre côté V. A. R. peut compter que la Russie, la Prusse et surtout l'Autriche, feront tous leurs
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efTorls pour le rétablissement pur et simple de l'absolu de Ferdinand, au risque de nous voir obligés de venir remettre l'ordre en Espagne avant un an.
(1 Les minisires de ces puissances à Madrid, les royalistes espagnols, enfinle roi Ferdinand lui-même, tout s'accordera pour rendre la tâche de V. A. R. bien difficile sous ce rapport; elle doit s'y attendre et je compte un de ces jours consacrer une lettre à traiter complètement ce sujet et à soumettre à Monseigneur toutes les idées que j'aurai sur les moyens à employer pour arriver à des résultats plus heureux pour l'Espagne et plus rassurants pour nous.
« En attendant, je dois avertir V. A. R. qu'après nous avoir demandé à être reconnu par nous comme régent de l'Espagne, après avoir fait protester contre la junte qui accompagne V. A. R., le roi de Naples, inspiré par Metlernich, tait armer en ce moment une petite escadrille, pour venir croiser devant Cadix. C'est bien avoir l'envie de laisser ses alTaires pour se mêler de celles des autres; mais enfin cela montre l'intention, et sons ce rapport je dis ce fait, aiîn que V. A. R. sache sur quel terrain elle marche.
« Je presse la marine tant que je puis, pour que la Gorogne et le Ferrol, Cadix et Barcelone soient promptement bloqués. Je reçois dans l'instant les renseignements incomplets que je joins ici.
« Je crois que la Guerrière et le Centaure sont destinés au blocus de Cadix, et le Colosse k celui de la Corogne.
« Le Roi a été un peu tourmenté par la bile; on a pris les moyens de l'évacuer tout doucement avec
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LETTRES DE S. A. R. M" LE DUC d'aNGOULÈME. 391
de la tisane ; il est bien comme à son ordinaire, mais son teint et ses yeux sont jaunes. Je viens do passer une heure dans son cabinet, où il est comme à son ordinaire et sans assoupissement. V. A. R. peut être tout à fait tranquille. Nous ne lui donnerons pas de nouvelles du Roi par le télégraphe, pour ne pas inquiéter, et ce silence lui prouvera que ce n'est absolument rien ; sans cela nous nous empresserions de^lui en donner.
(I Nous userons également de ce moyen pour tout ce qui pourra intéresser V. A. R. ; mais ce n'est plus à nous, c'est à elle à nous donner des nouvelles et à inspirer de l'intérêt.
a J'ai l'honneur d'?tre, etc.
« J= DE ViLLÈLE. "
CCCXXXIX. — S. A. R. M™ LE RUC d'aNGOULÉMI: AU COMTE DE VILLÈLE.
" Vittoria, ce 28 avril (823, « J'ai reçu ce matin, mon cher comte, votre lettre du 24. Je me trouve très heureux que le Roi approuve ce que j'ai fait à l'égard des Portugais, et je continuerai à agir dans le même sens à leur égard. « D'aprfes les craintes que vous me paraissez avoir qu'on ne cherche à inquiéter nos derrières pendant que je marcherai sur Madrid, il serait possible que je prolongeasse mon séjour à Burgos, jusqu'à ce que je fusse plus assuré du côté de Sanlona et de la Catalogne; mais, comme d'un autre côlé on me presse beaucoup d'arriver à Madrid, je pourrais y faire marcher le maréchal Oudinot avec douze mille
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hommes. En réponse à ma lettre, je vous prie de me mander par le télégraphe si vous regardez comme importante l'occupation prochaine de Madrid. Si vous voulez bien me répondre vendredi prochain 2, je le saurai le dimanche 4, et je pourrai donner les ordres avant de quitter Vîltoria.
a Je ae suis pas content de la conduite du maréchal ministre de la Guerre envers moi; îl veut désapprouver des mesures que j'ai crues nécessaires et que je maintiendrai. Je vous en préviens d'avance, mais il est vraisemblable que d'ici à peu de jours, je serai forcé de vous prier d'en porter mes plaintes au Roi. Je sers de mon mieux, mais je ne me laisserai entraver sur rien, ou bien je quitterai.
(( Je viens d'apprendre que la garnison de Jaca s'était déclarée pour le roi et pour la cause que nous servons. C'est une bonne chose: il en coûtera de l'argent, mais vous m'avez autorisé àenpromettre.
« Je vais prendre des mesures pour activer les mouvements du 4' corps en Catalogne, et pour le mettre en communication avec le 2', qui doit être depuis avant-hier à Saragosse.
'I Comptez, mon cher comte, sur toute mon estime et mon alTection.
« Louis-Antoine, n