‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 102 sur 130 · MAI · texte numérisé non relu

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rail; maiit pendant ce temps la lice serait ouverte à tous les partis, et la nomination faite par le Conseil dp Castille ne paraîtrait peut-être pas suffisante.

<f II serait bien heureux que le roi d'Espagne luimême eût désigné les membres de la Régence et que cette désignation put être connue sans danger pour lui.

« Le général des franciscains, homme important et habile, que nous sommes heureux d'avoir pour nous afin de balancer l'opposition des prélats émigrés, pense qu'il conviendrait d'appeler à quelques lieues de Madrid les hommes les plus influents, parmi lesquels il place tous ceux qui sont sur la liste que vous avez adressée à S. A. R-, afin d'arrêter de concert avec eux ce qui devra être annoncé aux habitants de Madrid. Que pensez-vous de cela?

H Si vous persistez dans la première idée, tâchez de nous envoyer le décret royal du 6 mars qui convoquait ce Conseil de Castille. Il nous est indispensable.

M La junte ne fait aucune difficulté de souscrire une reconnaissance que les sommes qui lui sont comptées, le sont à titre d'avance, etque les conditions du remboursement seront réglées à Madrid. Je vous enverrai dans peu sa déclaration.

(' Notre occupation d'une portion assez considérable du pays ne lui fournit aucune ressource. Point de contributions foncières dans les provinces où nous sommes; les douanes devraient produire, mais les facilités que donnent fi la contrebande les entrées pour l'armée, rendent cette branche de revenus entièrement stérile. La junte demande

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LETTRE DE S. A. R. M" LE 1>CC DAXnOULËHE. M7

vivement que les fournisseurs de l'armée payent les droits de douane sauf rembourseiaenl. Jusqu'ici nous nous y sommes refusés, tout en reconnaissant que les abus que celle franchise entraîne sont un malheur pour l'Espagne et pour nous qui sommes obligés de la secourir. Ayez la bonté d'examiner cette question.

« Une autre partie importante du revenu serait le monopole du labac. La junte veut le rétablir; elle a donné des ordres pour acheter, afin de recréer des bureaux de débit; mais il lui faudrait une avance, ou un crédit sur Paris, de sept cent cinquante mille francs, pour lesquels elle prendrait les engagements qu'on exigerait. Je vous soumets sa demande : c'est à vous de prononcer.

(1 Je suis, avec respect et dévouement, etc.

H"" LE DUC d'aNGOVI-ÈME AU COMTE

« J'ai reçu aujourd'hui, mon cher comte, votre lettre du 28. D'après les rapports que j'ai reçus du duc de Reggio, il parait que le général portugais de Rego est du côté de Léon avec neuf mille hommes. Je joins ici la lettre que je me propose de lui faire écrire par GuîUemiaot; j'espère n'être pas obligé de la faire partir avant d'avoir reçu votre réponse; si pourtant cela était nécessaire, je le ferais. Je crois avoir mis dans les expressions toute la mesure coDvenable. J'ai de bonnes nouvelles d'Aragon; la

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garnison de Méquinenza a pris possession du petit fort d'Alcaniz. Le général Mol itor a mis en état le château ; il y laissera une garnison qui sera secondée par les habitants, et il va se porter sur la Sègre.

« Il restera jusqu'à nouvel ordre dans les environs de Saragosse. Je laisse le général Bourke avec une division dans les environs de Burgos, pour couvrir notre flanc droit c( ce qui pourrait venir du royaunne de Léon. Un réginaent français avec plusieurs bataillons espagnols bloqueront Santona. Le S** corps bloque Pampelune, Saiat-SébasUen, occupe Bilbao ot assure la communication entre la frontière et Burgos. Moyennant ces dispositions et ces précautions, je ne vois pas que rien puisse m'empècher de marcher sur Madrid avec vingt-cinq mille hommes ; j'espère y être le 24, et là nous verrons. Le comte Molitor étant très content du général espagnol Santos-Ladron, qui est avec lui, j'ai cro bien faire et remplir les intentions du Roi en lui envoyant la croix de Saint-Louis. J'ai nommé une commission pour examiner et régulariser ce que j'aurai à avancer à la junte pour l'armement et l'équipement de vingt-cinq mille hommes et pour ses propres dépenses. Je n'ai pas encore le rapport; aussitôt que je l'aurai, je vous l'enverrai. Je reçois de tous les côtés des plaintes de ce que perdent les soldats sur leur paie par la différence des munnaies, et sur l'impossibilité où sont les officiers inférieurs de subvenir à la dépense de leur nourriture. Comme jusqu'à présent notre discipline est admirable, et que je ne puis la maintenir que si officiers et soldats ont de

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LETTRE DÉ ». UE HARTIGNAC. i09

quoi vivre, j'ai nommé une commission pour examiner celte atTaire, et je vous manderai ce qu'elle aura jugé et ce que j'aurai décidé, si je crois nécessaire de prendre sur moi.

« Adieu, mon cher comte, croyez à la sincérité de mes sentiments d'estime et d'afTection pour vous.

M Louis-Antoisb.

<( Je n'écris aujourd'hui à Paris qu'à vous, s

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