PRÉLUDÏS DU CONGRÈS DE VÉRONE
de l'Europe; il était plus que tout autre disposé luimême à garder envers eux des ménagements dans ces circonstances où, si ce n'était sur d'autres points encore, du moins sur la question d'Espagne, il follait s'attendre à voir se manifester les vues les plus divergentes.
Le Roi était dans l'impossibilité de se rendre au Congrès. Il n'était nullement disposé à s'y faire représenter par M. de Montmorency, pour lequel il n'avait aucun penchant : on l'a vu par ce qui eut lieu lors de la formation du ministère. De plus M. de Montmorency, de concert avec M. Franchet, directeur général de .la Police, avait conçu le désir chimérique de mettre fin à la révolution d'Espagne par la seule action des royalistes espagnols soutenus par des secours secrets, et il avait fait au Conseil la proposition formelle de faire passer aux partisans de la Régence d'Urgel des armes, des munitions et de l'argent. Ce projet avait été unanimement repoussé comme peu loyal autant qu'inefficace. Les troupes du cordon sanitaire reçurent l'ordre d'exercer une sévère surveillance afin de prévenir le passage de tout envoi de ce genre. Pénétré de l'importance qu'aurait dans les présentes circonstances le choix de son représentant à Vérone, et montrant une grande répugnance à confier cette mission à M. de Montmorency, lo Roi forma le dessein de m'y envoyer moi-même. Dès la première ouverture qui m'en fut faite, je fis tous mes efforts, ainsi que je le devais, pour détourner S, M, d'un choix aussi contraire à son service qu'opposé aux intérêts essentiels du pays. Je lui fis comprendre
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que mes antécédeoLs, mes aptitudes et mes coaaaîssances me préparaient mal à jouer un tel rôle ; que j'étais loin de pouvoir, pourm'en bien acquitter, offrir plus de garantie que M. de Montmorency; qu'honoré, pour la direction des affaires de l'intérieur, de la confiance spéciale du Roi et du public, je ne devais pas m'éloigner du Conseil dans l'état d'agitation, ou du moins d'attente anxieuse, où la réunion des souverains allait nécessairement jeter le pays. Sentant mieux qu'un autre à quoi je pouvais être employé utilement, je pouvais affirmer que c'était en France et non au Congrès; ma conviction à cet égard était trop forte pour qu'il me fût possible d'accepter cette dernière mission, lors même que le Roi persisterait k vouloir me la donner. Enlin je suppliai S. M. de ne pas même laisser voir qu'elle en eût jamais en la pensée, la moindre indiscrétion à ce sujet devant forcer M. de Montmorencyàdonnersadémissîondans un moment où rien ne serait plus dangereux qu'un cbangement quelconque dans le ministère.
Ce ne fut cependant que le 26 août qu'il fut décidé, dans un conseil tenu cbez le maréchal duc de BeDune, de présenter le lendemain au Roi M. de Montmoi-ency pour être envoyé à Vienne auprès des souverains afin d'arrêter de concert avec eux les préliminaires du Congrès; MM.de Chateaubriand, de La Ferronnays et de Caraman étaient désignés pour assister à Vérone à la conclusion des affaires et à la rédaction des actes qui auraient été préparés h Vienne.
Chaque jour depuis la clôture de la scssioD, le
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